World Cup, Iran

L'Iran remporte la Coupe du Monde de lutte libre

By Jason Bryant

LOS ANGELES (12 avril) – La ou les iraniens font de la lutte, on entend résonner les chants, les cors et les hymnes. Que cela soit aux Championnats du Monde de Turquie ou à la Coupe du Monde de Los Angeles, il est certain que les fans iraniens sont parmis les plus engagés du monde.

Ce dimanche au Forum de Los Angeles n’a pas fait défaut à cette coutume ; des centaines de fans iraniens ont brandi leurs drapaux, soufflé dans leurs cors et changé alors que l’Iran battait les Etats-Unis 5-3 et remportait la Coupe du Monde de lutte libre d’United World Wrestling.

« Il y a plus de fans iraniens à Los Angeles que dans n’importe quelle autre ville » déclare le lutteur iranien Behnam EHSANPOOR, qui évolue à 61 kg. « La foule m’a beaucoup aidé. J’avais l’impression d’être à Téhéran. »

Les tensions entres les Etats-Unis et l’Iran sont strictement d’ordre politique, même nous avons pu assister à certains combats épiques entre les lutteurs des deux nations. Et les combats de dimanche s’ajoutent sans aucun doute à cette liste.

Hassan RAHIMI (IRI) a offert à son pays la première victoire en remportant son match face à Tony RAMOS 6-5 à 57 kg. Ramos, mené 2-1 en seconde période, a tenté de marquer deux points avec un plaquage mais a fini par en donner quatre à son adversaire. Arprès avoir demandé un challenge, Ramos était mené 5-3, ayant perdu un point après le challenge. Rahimi à offert un point à son adversaire, réduisant son avantage à 5-4, avant de marquer avec un pushout pour mener 6-4 et il a tenu bon sur ce score.  

Les USA ont tenté de gagner à 61 kg, lorsque le médaillé de bronze des Jeux Olympiques de 2012 Coleman SCOTT s’est battu contre Behnam EHSANPOOR, mais l’Iran a tenu bon ; mené 7-2, Ehsanpoor a réduit l’écart du score grâce à des plaquages dans les dernières 17 secondes de la deuxième période, enflammant littéralement les bancs des fans iraniens.

« C’était un bon match » dit Ehsanpoor. « Scott est un champion olympique et j’ai vraiment du travailler très dur pour réussir à le battre. Les conseils de mon coach m’ont particulièrement aidé pendant ce match. Il regardait tout et m’a dit comment m’adapter pendant le combat. C’est ca qui a fait la différence. »

Brent METCALF a offert sa première victoires aux Etats-Unis en battant le No. 2 mondial Masoud ESMAILPOUR 3-1. Metcalf a marqué à la moitié de la seconde période et Esmailpour, médaillé d’argent l’année passée à 61 kg, n’as pas réussi une seule attaque.

L’Iran allait remporter un match clé à 70 kg ; le No. 10 mondial Hassan YAZDANI a battu le No. 11 Nick MARABLE 3-1. Marable a failli marquer un plaquage en dernière minute du match, mais la souplesse et la rapidité de Yazadani lui ont permis de déjouer cette attaque. Marable a désespérément essayé de faire tomber son adversaire pour revenir à égalité, mais l’iranien s’est bien défendu et a gagné 3-1, donnant l’avantage à l’Iran après quatre catégories de poids disputées.

Morteza REZAEI (IRI) avait deja du battre deux médaillés de niveau mondial lors du tournoi, mais il devait encore affronter le No. 2 mondial Jordan BURROUGHS. Rezaei allait devoit livrer un match parfait, et Burroughs ne comptait pas le laisser faire.  

Burroughs a attaqué dans les 10 premières secondes du match abec un plaquage puis a marqué deux points et trois plaquages supplémentaires pour gagner 10-0 par supériorité technique. Il monte ainsi son record personnel à 102 victoires contre 2 défaites et offrait le score de 3-2 aux USA après les cinq premiers matchs.

Le No.4 mondial Meisam MOSTAFA JOUKAR (IRI), champion en titre des Championnats Universitaires du Monde, allait affronter l’américain Clayton FOSTER à 86kg. Foster a disputé les deux matchs dimanche après que le No. 1 Ed Ruth ne se soit blessé samedi en compétition.

Foster, No. 10 mondial, a marqué en premier avec un plaquage, mais MOSTAFA JOUKAR  a marqué quatre points trentes secondes plus tard. L’iranien a à nouveau soulevé et retourné l’américain en première période et a marqué quatre points supplémentaires, prenant l’avantage 8-2 après 120 secondes de match. Mostafa Joukar a encore creusé l’écart avec deux pushouts, et a fini son adversaire 12-2, remportant le match par supériorité technique et donnant à l’Iran l’avantage de 4-2 alors qu’il ne restait que deux matchs à disputer.

Après ses performances en dents de scie tout le week end, le champion olympique de 2012 Jake VARNER (USA) a gagné son match contre le médaillé de bronze des Championnats du Monde de 2014 Mohammad HOSSEIN MOHAMMADIAN. Varner menait 1-0 en première période ; Mohammadian a marqué un plaquage et un pushout en seconde période et menait 3-1 avant que Varner ne marque quelques secondes avant la fin du match et ne gagne la rencontre 3-3 sur critères.

Le médaillé mondial et olympique Khomeil GHASEMI (IRI) devait gagner à 125 kg pour que l’Iran remporte la Coupe du Monde. Il allait affronter le no. 15 mondial Zach REY (USA).

Rey a commencé par mener 1-0 après que Ghasemi ait recu un avertissement en première période. Ghasemi a marqué en seconde, revenant à égalité 1 minute avant la fin du match. Ghasemi a marqué grâce à un plaquage 25 secondes avant la fin du match, se défendant face aux attaques de Rey, et a offert à l’Iran la victoire par équipe.

Les USA et l’Iran ont tous deux gagné dans leurs groupes respectifs. L’Iran a remporté une victoire cruciale dimanche 7-1 contre l’Azerbaïdjan. Sharif SHARIFOV (AZE) a néanmoins battu le double champion du monde Reza YAZDANI  9-1 à 97 kg.

L’Azerbaïdjan, qui s’est imposé sur la scène mondiale de lutte ces dix dernières années, a développé une forte rivalité avec l’Iran, tant en lutte libre qu’en lutte gréco-romaine.

Le No. 2 mondial Sayed MOHAMMADI (IRI) a remporté une victoire importante à 65kg. Il a battu le champion olympique de 2012 Toghrul ASGAROV (AZE) 14-10. Asgarov évoluait à 65 kg pour la première fois en une année.

« J’ai pu gagner grâce à la rigueur de notre entrainement en Iran » déclare Mohammadi.  « Nous sommes préparés pour des jours comme celui la. »

En arrivant en finale, Mohammadi n’était pas inquiet.

« C’est l’équipe toute entière qui est concernée, pas seulement moi » explique-t-til. « Je suis heureux d’avoir rempli mon rôle au sain de mon équipe. »

L’Azerbaïdjan a battu la Russie sur critères pour la troisième place. Les deux équipes étaient a égalité 4-4, et les points de classements étaient de 15 partout, l’issue de la compétition a donc été décidée d’après les points techniques. L’Azerbaïdjan a gagné 34-28.

La Biélorussie a battu la Mongolie 5-3 pour la cinquième place du tournoi et Cuba a battu le Turquie 5-3 pour la 7ème place.

Final Pool A Standings: Etats-Unis 3-0, Russie 2-1, Mongolie 1-2, Cuba 0-3
Final Pool B Standings: Iran 3-0, Azerbaïdjan 2-1, Belarus 1-2, Turquie 0-3

CHAMPIONNAT
I
RAN 5, ETATS-UNIS 3
57 kg - No.8 Hassan RAHIMI (IRI) df. No.19 Tony RAMOS (USA), 6-5
61 kg - No.18 Behnam EHSANPOOR (IRI) df. Coleman SCOTT (USA), 9-7
65 kg - No.8 Brent METCALF (USA) df. No.2 Masmoud ESMAILPOUR (IRI), 3-1
70 kg - No.10 Hassan YAZDANI CHARATI (IRI) df. No.11 Nick MARABLE (USA), 3-1
74 kg - No.2 Jordan BURROUGHS (USA) df. Morteza REZAEI GHALEH (IRI) par SP, 10-0
86 kg - No.4 Meisam MOSTAFAJOUKAR (IRI) df. No.10 Clayton FOSTER (USA) par SP, 12-2
97 kg - Jake VARNER (USA) df. No.3 Mohammad HOSSIEN MOHAMMADIAN (IRI), 3-3
125 kg - No.2 Komeil GHASEMI (IRI) df. No.15 Zach REY (USA), 3-1

TROISIEME PLACE
AZERBAIDJAN 4, RUSSIE 4 (15-15)
L’Azerbaïdjan gagne sur points techniques 34-28
57 kg - Viktor RASSADIN (RUS) df. Yashar ALIYEV (AZE), 8-1
61 kg - No.12 Haji ALIYEV (AZE) df. No.15 Murshid MUTALIMOV (RUS), 9-4
65 kg - No.4 Magomed MUSLIMOV (AZE) df. Zaurbek SIDAKOV (RUS), 6-0
70 kg - No.8 Israil KASUMOV (RUS) df. No.12 Ruslan DIBIRGADZHIYEV (AZE), 6-4
74 kg - Iakubali SHIKHDZHAMALOV (RUS) df. Murad SULEYMANOV (AZE), 4-1
86 kg - Dauren KURUGLIEV (RUS) df. Aleksandr GOSTIYEV (AZE), 4-0
97 kg - No.5 Sharif SHARIFOV (AZE) df. No.13 Yury BELONOVSKIY (RUS), 1-1
125 kg - No.11 Jamaladdin MAGOMEDOV (AZE) df. Timur KOTSOEV (RUS) par SP, 12-1

CINQUIEME PLACE
BIELORUSSIE 5, MONGOLIE 3
57 kg - No.10 Tsogtbaatar DAMDINBAZAR (MGL) df. No.7 Vladzislav ANDREEV (BLR) by FALL
61 kg - Dzianis MAKSIMAV (BLR) df. Nemekhbayar BATSAIKHAN (MGL), 10-10
65 kg - No.6 Mandakhnaran GANZORIG (MGL) df. No.5 Azamat NURIKOV (BLR), 11-5
70 kg - Ankhbayar BATCHULUUN (MGL) df. Zhan SAFYAN (BLR), 11-9
74 kg - No.4 Ali SHABANOV (BLR) df. No.14 Unurbat PUREVJAV (MGL), 8-2
86 kg - Amarhajy MAHAMEDAV (BLR) df. Usukhbaatar PUREVEE (MGL), 8-5
97 kg - Ivan YANKOUSKI (BLR) df. No.9 Khuderbulga DORJKHAND (MGL), 7-5
125 kg - No.7 Aleksei SHEMAROV (BLR) df. No.9 Chuluunbat JARGALSAIKHAN (MGL), 11-1

SEPTIEME PLACE
CUBA 5, TURQUIE 3
57 kg - No.4 Yowlys BONNE RODRIGUEZ (CUB) df. Sezar AKGUL (TUR) par SP, 10-0
61 kg - Munir RECEP AKTAS (TUR) par forfait
65 kg - Franklin MAREN CASTILLO (CUB) df. Mustafa KARTAL (TUR) par SP, 10-0
70 kg - Andy YOAN MORENO GONZALEZ (CUB) df. Sefa AKSOY (TUR), 4-2
74 kg - No.5 Livan LOPEZ AZCUY (CUB) par forfait
86 kg - Serdar BOKE (TUR) par forfait
97 kg - No.7 Javier CORTINA LACERRA (CUB) df. Ibrahim BOLUKBASI (TUR) par tombé
125 kg - Tanju GEMICI (TUR) par forfait

Résultats des Jours 1 et 2, Notes & classements: http://uww.io/zuR7L
Page de l’évènement (Photos, Live Stream, Résultats):
 https://unitedworldwrestling.org/event/world-cup-senior-7

Coupe Meiji

Retour émouvant - et victorieux - de Watari à la Coupe Meiji

By Ken Marantz

TOKYO, Japon (le 16 juin) - L'émotion était palpable lorsque Rio Watari est remontée sur les tapis, deux ans après le début d'un éprouvant combat remporté sur le cancer. 

Des larmes de soulagement et de joie ont coulé à flots lorsqu’elle a décroché la victoire.

Watari parachève sa remarquable rémission du lymphome d’Hodgkin par une nomination au titre de lutte féminine en 68kg au tournoi du Japon sur invitation de Tokyo, et par une place dans l’équipe du Japon pour le championnat du monde de Budapest.

Watari a même donné dans le dramatique, marquant un point décisif par sortie de tapis à 6 secondes de la fin de sa finale contre Chiaki SEKI, pour une victoire 3-2 et son premier titre dans ce tournoi depuis 2014, connu sous le nom de coupe Meiji.

Le point gagnant de Watari est venu sur sa quatrième tentative de ceinture. Les trois premières avaient été interrompues et les seuls points marqués par les lutteuses l’avaient été pour passivité, Watari prenant la tête 2-1 à 32 secondes de la fin.

Mais Seki - qui luttait jusqu’à maintenant sous son nom de jeune fille IIJIMA - a forcé Watari à l’égalité 2-2 à 24 secondes de la fin par son unique tentative de ceinture du combat.

Watari, arrivée jusque là, n’allait pas se laisser faire, et sa réponse a comblé le bruyant contingent des supporters de son sponsor Aisin AW dans les tribunes de la salle Komazawa.

 “J’ai tout donné, persuadée que la victoire serait finalement mienne, et que je rejoindrai les autres championnes de Shigakkan aux championnats du monde,” a déclaré Watari en se référant à son université de la centrale de Shigakkan, d’où provient la majeure partie de l’équipe féminine pour Budapest, qu’il s’agisse de nouvelles ou d’anciennes étudiantes.

Watari n’a eu besoin que de deux combats pour remporter l’or. Dans son combat d’ouverture – son premier depuis les Jeux de Rio en 2016 -, c’est un solide 7-0 sur Mai HAYAKAWA, de Shigakkan, qui lui a permis de rejoindre les finales.

“Dans le premier combat, même en surmontant ma nervosité, mon corps tremblait tellement que je n’étais plus moi-même,” a révélé Watari, âgée aujourd’hui de 26 ans. “Je n’arrivais pas à me calmer et me sentais angoissée. Je sentais que si je continuais comme cela, je ne serais pas capable de remporter le titre.”

 “Pendant la finale, je croyais en ce que j’avais fait jusque là, et j’étais déterminée à gagner. J’ai pu relever le défi de manière relaxée.”

Rio WATARI, championne des 68kg. (Photo par Sachiko Hotaka)

Avant sa maladie, Watari avait déjà fait les titres de la presse nationale lors de sa qualification pour les Jeux de Rio. Ce qui rendait son cas si particulier à l’époque est que, dans son ardente volonté de remporter une médaille olympique, Watari était monté de deux catégories de poids, de 63kg à 75kg. L’histoire veut qu’elle ait pris 12 kg en mangeant cinq repas par jour.

Son lymphome fut diagnostiqué quelques jours avant les Jeux, auxquels elle prit part tout de même. Et ne fit de sa maladie aucun motif d’excuse pour sa décevante défaite d’un point face à Aline da Silva FERRIRA (BRA). A son retour au Japon, son état fut rendu public et, alors qu’il empirait, elle commença plusieurs traitements, dont une chimiothérapie.

“Pour les Jeux Olympiques, alors que je me battais pour savoir s’il fallait participer ou pas, j’ai continué à m’entraîner, ce qui a rendu ma participation possible,” a indiqué Watari. “Ensuite, ma vie contre la maladie a débuté. J’étais alitée la plupart du temps, avec des vertiges lorsque j’étais debout. Chaque jour qui passait, je me demandais si je serais capable de reprendre la lutte.”

En septembre dernier, elle recommence à marcher, faire du vélo et, petit à petit, acquérir “le corps d’une personne normale.” Après s’être limitée à des exercices élémentaires, elle a rejoint les salles de lutte en janvier.

“Si je considère ma condition d’avant les Jeux Olympiques comme à 100%, j’en suis toujours loin en termes de force physique”, dit Watari. “Je ne peux toujours pas tenir jusqu’à la fin de l’entraînement. Je dirais que j’en suis à 50%.”

Watari s’est retrouvée directement dans l’équipe pour Budapest car la médaillée mondiale et olympique Sara DOSHO, vainqueur en 68kg du championnat du Japon (appelé la coupe de l’Empereur), a souffert d’une blessure de l’épaule à la coupe du monde de lutte féminine en mars, qui l’a tenue éloignée de la coupe Meiji.

Si une lutteuse remporte dans sa catégorie de poids à la fois la coupe de l’Empereur et la coupe Meiji, elle sera automatiquement sélectionnée pour Budapest. Si les vainqueurs d’une même catégorie de poids sont différents, elles se retrouveront pour des éliminatoires le 7 juillet, et Dosho en sera également absente.

Pour Watari, son remarquable comeback n’efface en rien la piqûre de sa défaite à Rio. Après le combat, interrogée lors de sa conférence de presse sur le soutien reçu de ses parents pendant son combat contre le cancer, elle s’est effondrée.

“Je n’ai pas été capable de gagner aux Jeux Olympiques et leur rapporter une médaille,” a-t-elle déclaré, en larmes, sous-entendant que le meilleur moyen de leur montrer sa reconnaissance serait une médaille d’or aux Jeux de Tokyo en 2020.

 “Ceci n’est pas encore les Jeux Olympiques, et n’efface donc en rien ce qui est arrivé à Rio. Je dois penser jusqu’où il m’est possible d’aller en 68kg, et avec l’approche des qualifications pour les Jeux, quelle est pour moi la meilleure catégorie de poids. Cette victoire et cette qualification pour les mondiaux sont un précieux pas vers les Jeux.”

Quand même, avoir traversé une maladie mortelle lui fait beaucoup plus apprécier le temps passé sur les tapis, et lui permet de supporter les rigueurs nécessaires pour atteindre le succès.

“En ce moment, je m’éclate quand je lutte,” a conclu Watari.

Shota TANOKURA a acquis son billet pour les championnats du monde en remportant la compétition des 55kg. (Photo par Sachiko Hotaka)

Le champion d'Asie Tanokura lorgne sur l'or

Le champion d’Asie Shota TANOKURA a mené une attaque en règle sur l’or des 55kg en lutte gréco-romaine, déployant une démonstration de projections spectaculaires et assurant ainsi sa place pour le championnat du monde.

Tanokura poursuit sur la lancée de son triomphe à la coupe de l’Empereur, affichant deux victoires par supériorité technique avant de se défaire de Shota OGAWA 7-0 en finale, grâce à, notamment, un amené au sol en prise de demi-souplesse.

C’est la troisième médaille d’or de Tanokura à la Meiji, et sa première depuis 2015. Il s’était retiré après son échec aux sélections des Jeux Olympiques de Rio, en partie parce qu’il se sentait handicapé par le fait que la catégorie minumum de poids ait été montée à 59kg. Il avait été rapidement dominé par le médaillé d’argent olympique Shinobu OTA et le champion du monde Kenichiro FUMITA.

Mais le retour de la catégorie des 55kg a entraîné le retour de Tanukora à la discipline l’année passée, bien qu’il garde son emploi de professeur d’éducation physique au lycée de Tokyo.

Ses obligations professionnelles l’ont empêché de s’entraîner comme il l’aurait souhaité pour la coupe Meiji, au grand dam de son entraîneur.
“Honnêtement, pour ce tournoi, après le championnat d’Asie [de Bichkek en février] et le dernier camp national, je n’ai pas pu m’entraîner,” a déclaré Tanokura.

“L’entraîneur Shingo Matsumoto m’a dit une semaine avant le tournoi : ‘Mon pote, c’est pas comme ça que tu vas gagner.’ On m’a dit qu’il fallait que j’y aille avec l’état d’esprit d’un combattant, et ça a fait clic, même s’il était un peu tard.”

 Tanokura, triple médaillé des Jeux d’Asie, aura pour la première fois de sa carrière la possibilité d’une médaille de championnat du monde. Il a pu renforcer sa confiance par une deuxième place au tournoi Dan Kolov-Nikola Petrov de Sofia, en mars.

“J’ai participé à une compétition en Europe, et mon impression est que les lutteurs asiatiques sont plus puissants que les Européens dans les catégories les plus légères,” a-t-il indiqué. “Il ne reste plus qu’à me focaliser sur l’or des mondiaux.

Yukako KAWAI, médaillée d'or en 62kg. (Photo par Sachiko Hotaka)

Pendant ce temps chez les sœurs KAWAI, Yukako s’est emparée du titre de lutte féminine en 62kg et se rapproche un peu plus de Budapest.  
Yukako pleurait après sa victoire, mais ce n’était pas de joie, déçue par sa performance en finale 4-1 sur Yurika ITO, pendant laquelle elle n’a pas réussi à marquer en attaque.

"Je voulais le titre et suis satisfaite de l’avoir obtenu, mais je n’ai rien pu faire comme je m’étais entraînée pour, donc c’est très décevant,” a déclaré Yukako. “J’ai travaillé sur les amenés à terre, à répliquer et garder une position basse. Je n’ai même pas appliqué les fondamentaux.”

Yukako et sa soeur aînée Risako Kawai, championne olympique et championne du monde, avaient toutes deux changé de catégories de poids depuis leurs victoires à la coupe de l’Empereur. Risako était passée de 62kg à 59kg.

 Ceci a lancé les bases d’un scénario intéressant. Si, par surprise, Risako ne remporte pas la finale des 59kg dimanche, elle affrontera sa soeur en éliminatoire pour la place des 62kg. Mais Yukako pense qu’il n’en sera rien.

“Si elle gagne en 59kg, il n’y aura pas d’éliminatoire entre nous, donc Risako dit que nous devons absolument tout faire – gagner - pour aller ensemble au championnat du monde.”

Pour Yukako, Budapest sera l’occasion de se racheter pour le championnat du monde de Paris l’année passée, où elle n’a pas décroché l’or en 63kg ; pour y arriver, elle n’a pas le droit de reproduire ses errements de samedi.

“La façon dont j’ai lutté ne valait rien,” a-t-elle dit. “À ce niveau, je serai tout de suite battue, comme l’année passée. Je dois tout recommencer depuis le début.”

Yuhi FUJINAMI a dû se retirer du tournoi suite à une fracture de l’os de la pommette. (Photo par Sachiko Hotaka)

Fujinami se retire et compte sur les éliminatoires

Étonnamment, Yuhi FUJINAMI, médaillé de bronze à Paris 2017 en lutte libre et 70kg, s’est retiré de la compétition catégorie 74kg, préférant jouer son retour au championnat du monde aux éliminatoires.


Fujinami s’est fracturé le malaire droit après avoir reçu un coup de coude à l’entraînement début mai. Il est apparu dans deux rencontres en duel pour l’Université Yamanashi Gakuin, se protégeant tant bien que mal en évitant d’amener ses adversaires à terre. Il compte sur une rémission totale d’ici aux éliminatoires. 

Fujinami a déclaré à la presse qu’il avait pris sa décision dimanche, après consultation avec sa famille au championnat national juniors des lycées, où tous étaient réunis pour soutenir sa jeune soeur Akari – qui a décroché la médaille d’or.

En l’absence de Fujinami, c’est Ken HOSAKA qui a décroché le titre avec une victoire 11-3 sur Yuto MIWA, encore adolescent. En demi-finale, Hosaka a dû mettre un pied dans la zone de protection à 3 secondes de la fin pour obtenir les deux points qui lui ont donné la victoire 4-4 sur Ryuki YOSHIDA.

Fujinami et Hosaka se rencontreront en éliminatoire dans un remake de la finale de la coupe de l’Empereur, que Fujinami avait remportée par supériorité technique.

Dans les autres titres de lutte libre à saisir samedi passé, celui des 97kg est revenue à Naoya AKAGUMA, qui a déroulé une victoire 9-0 sur Taira SONODA.

En demi-finale, Akaguma avait marqué un amené à terre tardif pour une victoire 3-3 sur le vainqueur de la coupe de l’Empereur Takeshi YAMAGUCHI, les amenant tous deux à un combat éliminatoire pour Budapest.

Le médaillé d’argent d’Asie Tsuchika SHIMOYAMADA (67kg) et Shohei YABIKU (77kg) en lutte gréco-romaine, et Katsuki SAKAGAMI (57kg) en lutte féminine, ont tous décroché le double titre national et leur place pour Budapest.

Résultats du troisième jour

Lutte libre

74kg (12 inscrits)
Or – Ken HOSAKA df. Yuto MIWA, 11-3

Bronze – Hayato OGATA et Ryuki YOSHIDA

Demi-finale – Yuto MIWA df. Hayato OGATA, 5-0
Demi-finale – Ken HOSAKA df. Ryuki YOSHIDA, 4x-4

97kg (12 inscrits)
Or – Naoya AKAGUMA df. Taira SONODA, 9-0

Bronze – Takeshi YAMAGUCHI et Hiroto NINOMIYA

Demi-finale – Naoya AKAGUMA df. Takeshi YAMAGUCHI, 3x-3
Demi-finale – Taira SONODA df. Hiroto NINOMIYA par forfait.

Lutte gréco-romaine

55kg (10 inscrits)
Or – Shota TANOKURA df. Shota OGAWA, 7-0

Bronze – Tomoya MARUYAMA et Hiromu KATAGIRI

Demi-finale – Shota TANOKURA df. Tomoya MARUYAMA par tombé, 8-0, 1:50
Demi-finale – Shota OGAWA df. Hiromu KATAGIRI par tombé, 10-2, 2:20

67kg (10 inscrits)
Or – Tsuchika SHIMOYAMADA df. Shogo TAKAHASHI par tombé, 9-1, 4:17

Bronze – Daiki KOBAYASHI et Katsuyoshi KAWASE

Demi-finale – Tsuchika SHIMOYAMADA df. Daiki KOBAYASHI par tombé, 10-1, 2:07 
Demi-finale – Shogo TAKAHASHI df. Katsuyoshi KAWASE, 5-3

77kg (12 inscrits)
Or – Shohei YABIKU df. So SAKABE, 2x-2

Bronze – Kenryu KUZUYA et Takeshi IZUMI

Demi-finale – Shohei YABIKU df. Kenryu KUZUYA par tombé, 8-0, 1:27 
Demi-finale – So SAKABE df. Takeshi IZUMI par tombé, 3:30 (5-3)

Lutte féminine

57kg (6 inscrites)
Or – Katsuki SAKAGAMI df. Akie HANAI, 4-1

Bronze – Sae NANJO et Chiho HAMADA 

Demi-finale – Katsuki SAKAGAMI df. Sae NANJO, 8x-8
Demi-finale – Akie HANAI df. Chiho HAMADA, 2-0

62kg (7 inscrites)
Or – Yukako KAWAI df. Yurika ITO, 4-1

Bronze – Atena KODAMA et Honoka IMAGAWA

Demi-finale – Yurika ITO df. Atena KODAMA par ST, 11-0, 4:09
Demi-finale – Yukako KAWAI df. Honoka IMAGAWA, 4-0 

68kg (5 inscrites)
Or – Rio WATARI df. Chiaki SEKI, 3-2

Bronze – Miwa MORIKAWA et Mai HAYAKAWA

Demi-finale – Chiaki SEKI df. Miwa MORIKAWA, 7-2
Demi-finale – Rio WATARI df. Mai HAYAKAWA, 7-0