#WrestleSofia

#WrestleSofia Poids-à-regarder : 74kg

By Eric Olanowski

SOFIA, Bulgarie (30 avril) --- L'une des plus grandes questions à venir lors des qualifications olympiques mondiales de la semaine prochaine (6-9 mai) : Tajmuraz SALKAZANOV (SVK) peut-il maintenir sa lancée et obtenir le ticket de la Slovaquie pour les Jeux Olympiques ?

Pour ce faire, Salkazanov devra atteindre la finale dans l'une des catégories de poids incontournables en Bulgarie, 74 kg.

Le week-end dernier, Salkazanov est devenu le troisième lutteur slovaque à remporter une médaille d'or européenne, et il l'a fait en marquant d'improbables victoires consécutives contre un double champion du monde, un médaillé d'argent du monde et un champion du monde U23.

Salkazanov a croisé le Suisse Marc DIETSCHE dans le premier tour, puis a laissé derrière lui le double champion du monde Frank CHAMIZO (ITA) à moins de 10 secondes de la fin et a gagné 6-2. Cela a mis en place un match de quarts de finale contre le médaillé d’argent mondial de 2018 Avtandil KENTCHADZE (GEO). Avec une place en demi-finale sur la ligne, Salkazanov a devancé Kentchadze, 5-0, mais a marqué six points sans réponse en deuxième période et a bouleversé l'olympien géorgien de Tokyo, 6-5. Il a ensuite effacé un déficit de cinq points pour un deuxième match consécutif et s'est qualifié pour la finale avec une surprenante victoire 6-5 sur le favori du tournoi et champion de la Coupe du monde individuelle Razambek ZHAMALOV (RUS). En finale, le Slovaque n'a eu besoin que de cinq minutes pour déraciner Miroslav KIROV (BUL), 10-0 en finale.

Salkazanov met en évidence le groupe embarqué de 36 hommes à Sofia qui comprend un grand nombre de médaillés mondiaux et olympiques, dont le médaillé de bronze olympique Soner DEMIRTAS (TUR) et le champion du monde Hetik CABOLOV (SRB).

Le médaillé de bronze de Rio Demirtas sera chargé d'essayer de réserver à la Turquie sa cinquième place olympique. Il n’est pas étranger à ce poste. Demirtas était ici en 2012 et 2016. Il a échoué en 2012, mais a fait le travail et a remporté la médaille d’or aux qualifications du dernier changement à Oulan-Bator avant de monter sur le podium au Brésil.

Mercredi, la Commission Exécutive du CIO a accepté la demande de changement de nationalité pour Hetik CABOLOV (SRB) - officiellement connu sous le nom de Khetik TSABALOV (RUS).

Cabolov a battu le double champion du monde Zaurbek SIDAKOV (RUS) en demi-finale nationale russe de 2020, mais est tombé face à Razambek Zhamalov en finale - mettant fin à ses espoirs de représenter la Russie aux Jeux olympiques de Tokyo. Peu de temps après cette défaite, il a été transféré en Serbie et a concouru pour eux aux Championnats d’Europe 2021. Cabolov a eu un match aller-retour sauvage avec Kentchadze mais est tombé 10-6 et a chuté à une 14ème place.

Les champions continentaux Ogbonna JOHN (NGR) (Afrique), Arsalan BUDAZHAPOV (KGZ) (Asie) et Mahamedkhabib KADZIMAHAMEDAU (BLR) (Europe) sont également inscrits par poids.

Deux autres candidats sérieux à surveiller sont Ali UMARPASHAEV (BUL) et Mitchell FINESILVER (ISR).

Lors de sa dernière participation, Ali UMARPASHAEV (BUL) a atteint les demi-finales de la qualification olympique européenne et était à quatre minutes du ticket de la Bulgarie pour les Jeux Olympiques. Il a mené Avtantil Kentchazde 6-0 mais s'est fait prendre en berceau et a cédé.

Finsilver vient de remporter une médaille de bronze aux Championnats d'Europe. Il a remporté trois matches et est devenu le premier médaillé européen d’Israël depuis 91.

74kg
Francisco de Deus KADIMA (ANG)
Jorge Ivan LLANO (ARG)
Arman ANDREASYAN (ARM)
Elias Lauofo VAOIFI (ASA)
Simon MARCHL (AUT)
Mahamedkhabib KADZIMAHAMEDAU (BLR)
Ali Pasha Ruslanovich UMARPASHAEV (BUL)
Jasmit Singh PHULKA (CAN)
Leon Juan Carlos PERALTA LANAS (CHI)
Nestor Joaquin TAFUR BARRIOS (COL)|
Julio Rafael RODRIGUEZ ROMERO (DOM)
Jonatan ALVAREZ DIAZ (ESP)
Aimar ANDRUSE (EST)
Nicolae COJOCARU (GBR)|
Georgios KOUGIOUMTSIDIS (GRE)
Murad KURAMAGOMEDOV (HUN)
Amit Kumar DHANKHAR (IND)
Mitchell Louis FINESILVER (ISR)
Mathayo Matonya MAHABILA (KEN)
Arsalan BUDAZHAPOV (KGZ)
Byungmin GONG (KOR)
Evgheni NEDEALCO (MDA)
Byambadorj BAT ERDENE (MGL)
Ogbonna Emmanuel JOHN (NGR)
Abdullrahman Ibrahim A IBRAHIM (QAT)
Zurab KAPRAEV (ROU)
Mohamed SESAY (SLE)
Malik Michael AMINE (SMR)
Hetik CABOLOV (SRB)
Marc DIETSCHE (SUI)
Tajmuraz Mairbekovic SALKAZANOV (SVK)
Alymuhammet OVEZMYRADOV (TKM)
Ayoub BARRAJ (TUN)
Soner DEMIRTAS (TUR)
Vasyl MYKHAILOV (UKR)

FILA Legends: 2012 Olympian Natalya Vorobieva

By Mike Riordan

Natalya Vorobieva: Un combat au nom des Femmes et de la Russie

Date de naissance: 27-5-91

Taille: 172 cm

Poids: 73 kg

Lieu de naissance: Tulun, Russia


D'où vient Natalya Vorobieva, les femmes ne luttent pas.

A Touloun, ville de 45.000 personnes dans le centre de la Sibérie, la lutte était populaire ; en 2001, des lutteuses du monde entier se préparaient pour les Jeux Olympiques de 2004. Ces femmes étaient les premières lutteuses féminines à participer aux Jeux ; selon l’entraîneur local Kamil Dzhiganchin, elles avaient l’opportunité d’ouvrir la voie aux futures athlètes.

Mais l’entraineur a eu de la peine à trouver des élèves motivés ; peu avaient foi en cette opportunité, se souvient Vorobieva.

« Kamil est venu me demander si je voulais pratiquer la lutte » raconte-t-elle. « Nous étions environ 20 filles ; toutes ont décliné, sauf moi. C’est lui qui m’a appris la lutte. Les autres entraineurs n’ont fait que corriger ou m’aider à améliorer ma technique. »

Personne ne s’attendait à de tels résultats ; Dzhiganchin a permis à Vorobieva de gagner l’or aux Jeux Olympiques. L’athlète a parcouru un long chemin depuis sa petite ville natale de Sibérie.

Après toutes ces années, Vorobieva est toujours reconnaissante de l’opportunité qui lui a été offerte par son coach. Véritable garçon manqué, elle défend ardemment la lutte féminine. Elle n’a pas oublié les critiques dont elle a fait l’objet durant sa jeunesse, et se souvient bien de ceux qui voulaient exclure les athlètes féminines des compétitions sous prétexte que le rôle des femmes se devait de rester plus traditionnel.

« J’en ai eu marre de ceux qui disaient que la lutte n’était pas un sport pour les filles. Je l’entend tous les jours. Avant, la femme devait rester à la maison, s’occuper des enfants et cuisiner du borsch ; mais nous sommes au 21ème siècle maintenant. »

Vorobieva est restée imperturbable face à ses opposants.

« On me répétait sans cesse que la lutte n’était pas un sport pour les femmes. Mais nous avons chacun notre point de vue. Il y a tellement de choses qu’une femme n’est pas sensée faire, ou plus précisément, tellement de choses qu’on lui impose. Elle doit rester à la maison, cuisiner, etc. Mais aujourd’hui les choses ont changé, nous sommes au 21ème siècle ; les femmes conduisent, travaillent dans les business et dirigent des entreprises. »

« Alors pourquoi ne pourraient-elle pas pratiquer la lutte ? »

Vorobieva a même du faire face aux préjugés de ses propres parents.

« Mes parents étaient totalement opposées à mon idée de faire de la lutte, surtout ma mère. Mais après quelques temps, c’est elle qui me comprenait le mieux. »

Le combat de Vorobieva a porté ses fruits. Elle est championne olympique en titre et est adulée dans toute la Russie. Elle a même reçu l’honneur de porter la flamme olympique des Jeux de Sotchi dans les rues de Moscou. La lutte lui a apporté énormément de chose. Elle a voyagé aux quatre coins du monde, et a du subir beaucoup de critiques avant d’être reconnue et acclamée.

Son voyage a commencé dans sa ville natale de Touloun, en Sibérie orientale, dans l’oblast d’Irkoutsk. Elle commence la lutte avec Dzhiganchin en 2001. Les débuts ont été difficiles, et a plusieurs reprises elle hésite à tout abandonner. Mais son coach voit son potentiel et trouve toujours des moyens de la faire continuer.  La persistance de l’entraineur porte ses fruits, et il apprend tout ce qu’il peut à Vorobieva. A 16 ans, celle ci part à Saint-Pétersbourg pour s’entrainer à plus haut niveau.

Le succès mondial ne se fait pas attendre. Une Vorobieva éblouissante remporte trois Championnats du monde Junior de la FILA en 2009, 2010 et 2011. L’athlète semble prête à faire de grandes choses au niveau Senior, peut être même représenter la Russie aux Jeux Olympiques de 2012.

Pour participer aux Jeux de Londres, Vorobieva doit traverser plusieurs épreuves. Elle doit triompher aux Jeux Nationaux Russes de 2012, ce qu’elle parvient à faire ave brio en battant la médaillée d’argent Tatiana Morozova. La concurrence locale était battue, et Vorobieva était libre de se concentrer sur l’une des plus grandes compétitions de sa vie.

« Il était tellement difficile d’intégrer l’équipe de Russie, je ne pensai pas du tout à remporter l’or » se souvient Vorobieva. « Mais dès que j’ai appris que je faisais partie de l’équipe, je savais que j’atteindrai la plus haute marche du podium »

Mais pour gagner la médaille d’or, Vorobieva doit d’abord affronter la championne du monde  Stanka Zlateva (BUL), qui participe à sa seconde finale olympique consécutive. Zlateva a plus d’expérience à ce niveau, mais Vorobieva ne se laisse pas décourager.

« Lorsque j’entame un match, je ne ressens aucune peur. J’apprécie beaucoup faire la démonstration de toutes les techniques que j’ai apprises durant ma formation. »

Et en effet, Vorobieva a du utiliser beaucoup de ses différentes techniques pour triompher face à Zlateva. La Bulgare remporte la première période, et Vorobieva n’a que deux minutes pour éviter la défaite. Elle agit alors sans le moindre doute ; elle bloque le bras de son adversaire et renverse la championne du monde, assurant sa victoire. La championne se met debout, lève ses bras en l’air en signe de victoire puis tombe à la renverse sur le tapis, subjuguée par sa victoire. Vorobieva venait d’atteindre son but ultime, gagner une médaille d’or olympique.

Bien d’autres victoires attendent Vorobieva ; elle cherche toujours à gagner ses premiers championnats d'Europe et du Monde Senior, et les Jeux olympiques de 2016 ne sont pas loin. Elle suit actuellement un diplôme en économie à la prestigieuse université d’Instrumentation Aérospatiale de Saint-Pétersbourg, et son rêve est d’ouvrir un jour une école de lutte à Touloun, sa ville natale. Un mariage se profile également à l’horizon, peut-être avec l’homme qui lui a donné le petit lapin en plastique qu’elle emporte avec elle à chaque compétition et qui est devenu son talisman.

Vorobieva a offert une voiture à Dzhiganchin après les Jeux Olympiques. Elle a ajouté sur le capot un ruban rouge pour remercier son coach de son dévouement sans faille tout au long de sa carrière.

Bien que ses débuts aient été difficiles, Vorobieva est maintenant acclamée par le peuple russe qui loue son courage lors des combats. Une statue a été érigée en son honneur en début d’année. Vorobieva a été immortalisée dans le bronze, les mains sur les hanches, rayonnante comme lors de ses matches.

« Ils ont construit ce monument alors que je suis encore en vie » s’exclame l’athlète en riant.

« Une jour, je serai vieille et malade. Je viendrai voir cette statue avec mes petits enfants pour leur montrer comme leur grand-mère a été jeune et belle à 22 ans. »

Ce que Vorobieva ne mentionne pas, c’est que lorsqu’elle sera vieille, elle sera devenue un symbole pour les lutteuse de la Russie, qui verront en elle la femme qui s’est battue pour la lutte féminine et qui a réussi à faire reconnaître à part entière les athlètes féminines dans ce sport.