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Steveson abasourdit le champion olympique Akgul; Mukaida, Sidakov atteignent les demi-finales

By Vinay Siwach

CHIBA, Japon (5 août) ---Les États-Unis ont inscrit Kyle DAKE (États-Unis) et Gable STEVESON (États-Unis) comme leurs plus grands espoirs de participer à la finale et de faire le doublé d'or. Après la session matinale de jeudi au Makuhari Messe Hall A, un seul a cette chance.

Dake a subi sa pire défaite au niveau international, s'inclinant 10-0 contre Mahamedkhabib KADZIMAHAMEDAU (BLR) en quart de finale des 74 kg.

Le double champion du monde, connu pour ses puissants portés et lancers, a goûté à sa propre médecine lorsqu'il a été ballotté par le lutteur biélorusse, ce qui lui a valu une place en demi-finale contre Frank CHAMIZO (ITA).

Steveson en 125 kg était dans une zone à part en battant le champion en titre Taha AKGUL (TUR) 8-0 en quart de finale pour maintenir ses espoirs de médaille d'or à ses premiers Jeux olympiques. Il affrontera Lkhagvagerel MUNKHTUR (MGL) en demi-finale. Le lutteur mongol s'est imposé 6-5 face à Gennadij CUDINOVIC (GER).

Le rythme et l'athlétisme de Steveson étaient incomparables pour ses deux adversaires comme Aiaal LAZAREV (KGZ) l'a découvert lors du premier match. Le lutteur américain l'a décimé en première période pour l'emporter 10-0.

S'il remporte sa demi-finale, il affrontera le vainqueur de Geno PETRIASHVILI (GEO) et Amir ZARE (IR) qui s'affronteront dans l'autre demi-finale en 125 kg dans ce qui sera un gros test pour la jeune star iranienne Zare.

Le champion du monde Petriashvili a ouvert la journée avec une victoire sur Diaaeldin ABDELMOTTALEB (EGY) avant de mettre fin à la candidature de Zhiwei DENG (CHN) en quarts de finale. Ce ne sera pas une partie de plaisir pour lui en demi-finale car Zare a remporté la victoire sur Petriashvili en 2018 lorsqu'il l'a épinglé dans la ligue iranienne.

En 74kg, mis à part la défaite inattendue de Dake, le champion du monde Zaurbek SIDAKOV (ROC) a fait un pas de plus vers le titre olympique en atteignant la demi-finale et affrontera Daniyar KAISANOV (KAZ).

Sidakov devra lutter de son mieux contre Kaisanov surtout après avoir concédé six points contre Bekzod ABDURAKHMONOV (UZB) lors de la victoire 13-6.

Kaisanov a mis fin aux espoirs locaux en battant Keisuke OTOGURO (JPN) au premier tour. Il a enchaîné avec une victoire par ceinture avant et projection en souplesse 8-5 contre Amr Reda Ramadan HUSSEN (EGY).

Kadzimahamedau a remporté deux des victoires les plus contrastées alors qu'il a eu du mal à dépasser Jeandry GARZON CABALLERO (CUB) au premier tour. Après avoir mené, il a abandonné une énorme projection. Mais ses aptitudes habiles l'ont aidé à remporter une victoire 12-8.

Mais contre Dake, il a réussi à prendre le dessus avec deux grosses projection que même Dake a essayé mais a échoué.

Dans la catégorie des 53 kg femmes, un quatrième affrontement entre Mayu MUKAIDA (JPN) et Vinesh PHOGAT (IND) n'aura pas lieu car cette dernière a subi une défaite par tombé contre Vanesa KALADZINSKAYA (BLR) en quart de finale.

Phogat, qui ressemblait à l'ombre d'elle-même lors des tournois précédents, a battu la médaillée de bronze de Rio Sofia MATTSSON (SWE) 7-1 au premier tour mais n'a pas pu surpasser Kaladzinskaya.

La défense et la puissance de la lutteuse biélorusse étaient trop importante pour Phogat vu qu'elle défendait une position de trépied privant l'Indienne de deux points, ce qui aurait pu changer l'élan pour elle. À 5-3 et le temps pressant, Phogat a essayé ses tours et en essayant de faire une clé de tête avant, s'est retrouvée sur le dos sur le tapis.

Kaladzinskaya affrontera Qianyu PANG (CHN) en demi-finale. La lutteuse chinoise a battu Jacarra WINCHESTER (USA) en quarts de finale 6-2. Le match a été plus ou moins décidé en première période lorsque Pang a réussi une mise à terre et deux arrachés avec blocage des bras. La mise à terre de Winchester à la fin n'était pas suffisante pour elle.

La dernière fois que Pang et Kaladzinskaya se sont rencontrées, la lutteuse chinoise a remporté une victoire par tombé, mais la Biélorusse voudra venger cette défaite et s'assurer une place en finale.

La gagnante de la demi-finale affrontera Mukaida ou Bolortuya BAT OCHIR (MGL) qui luttent dans l'autre demi-finale. Les deux ont semblé en grande forme pour ce combat alors que Mukaida a remporté une victoire 10-0 lors du premier combat, puis une victoire 12-2 sur Roksana ZASINA (POL) en quart de finale.

Bat Ochir a également dominé ses adversaires puisqu'elle a commencé par une victoire par tombé suivie d'un martelage 15-5 de Luisa VALVERDE MELENDRES (ECU) en quart de finale.

Mariage, enfant et diplôme de médecine sur la route des JO de Jane Valencias (MEX)

By Eric Olanowski

CORSIER-SUR-VEVEY, Switzerland (April 7) – Il aura fallu dix ans, trois pays, un mariage, un enfant et un diplôme de médecine à Jane VALENCIAS pour que le Mexique obtienne sa première qualification olympique en lutte féminine. 

“Ma mère m'a appris que si je travaillais dur, j'arriverai là où je le voudrais," raconte Jane.  “En regardant maintenant mes réussites, je crois qu'elle avait raison.”

Ce qu'elle voulait fut toujours clair : mère, médecin et lutteuse olympique. Mais l'obtenir exigea patience et sacrifice. 

"J'ai commencé mes études en 2009 et les ai terminées en 2019. Il faut normalement six ans du début à la fin, mais il m'a fallu 10 ans parce que je les ai arrêtées deux fois pour lutter."

Jane Valencia a obtenu son diplôme de l'université Guadalajara Lamar au printemps 2019.

Aujourd'hui la combative “Drsse Valencia”, 57kg, cherche à obtenir sa licence pour lutter au Mexique et aux Etats-Unis. Son mari, le vice-champion olympique 2012 Jaime ESPINAL (PUR), est portoricain et obtenir pour Jane sa licence aux USA lui permettrait de lutter au Mexique, aux Etats-Unis et à Porto-Rico, un territoire américain. “Cela me prendra du temps. La procédure durera un an, un an et demi," dit-elle. "Mais après les Jeux, j'espère avoir assez d'argent pour payer la paperasserie et le test pour passer ma licence."  

Après son diplôme, Jane a déménagé du Mexique aux Etats-Unis pour rejoindre son mari et s'entraîner au club de lutte de Nittany Lion sous la tutelle des champions olympiques Cael SANDERSON (USA) et Jake VARNER (USA). Un tout petit peu plus d'un an après être remontée sur les tapis, elle est devenue la première lutteuse mexicaine de l'histoire à atteindre les Jeux Olympiques, grâce à une victoire en 57kg au tournoi panaméricain de qualification olympique d'Ottawa.

Jane VALENCIA'S (MEX) avec sa fille Joy au sommet du podium du tournoi panaméricain de qualification olympique. (Photo : Tony Rotundo)

Après avoir échoué d'un combat pour se qualifier aux Jeux de Rio en 2016, Valencia a fait une pause de trois ans avant de réaliser qu'elle avait quelque chose à se prouver. Au milieu de cette retraite, jalonnée d'expériences marquantes telles que se marier, donner naissance à un enfant et passer son diplôme de médecin, Valencia a pu observer les réussites de Natalia VOROBEVA (RUS) et Sofia Mattsson (SWE) après leurs accouchements.

"J'ai pris Vorobeva et Mattsson comme exemple. Elles ont fait leur retour après avoir eu un enfant et étaient très bonnes. Cela m'a montré que je pouvais être maman et toujours bonne en lutte."

"Je sais que c'est fou, mais quelque chose à l'intérieur de moi me disait que j'avais besoin de revenir. Je révais toutes les nuits de remonter sur le tapis. Vous savez, quand vous luttez, vous n'arrêter jamais vraiment. C'est une part de votre vie."

Valencia, qui a donné naissance à sa fille Joy le 31 mai 2017, est remontée sur le tapis pour la première fois en février 2019 à l'occasion du Cerro Pelado. Elle fut vaincue en finale par Amanda HERNANDEZ (CUB) et dut se contenter de la médaille d'argent. Sa deuxième apparition prit place une année plus tard à Ottawa, au Canada, pour le tournoi panaméricain de qualification olympique, où elle devait atteindre les finales pour composter son ticket pour les JO.

Quelques jours avant cette compétition, elle déclarait : "Tout le monde veut gagner le qualificatif. Je savais que [la championne olympique, ndlr] Helen [Maroulis, ndlr] serait là, alors je me suis entraînée en préparant mon mental pour lutter les meilleurs combat de ma carrière." 

A Ottawa, Valencia a ouvert les feux par deux victoires décisives sur Betzabeth SARCO COLMENAREZ (VEN) et Nes RODRIGUEZ TIRADO (PUR) -- pour atteindre un combat quitte ou double pour la qualification olympique face à la championne du monde en titre canadienne Linda MORIAS (CAN).

La scène était montée et l'enjeu simple : vaincre Morias et aller aux JO ou perdre et rentrer comme en 2016, sans place olympique.

Rejoignant les demi-finales, Jane se disait : "Aie foi en toi-même, ta préparation et lutte. Amuse-toi."  

Lors de ce combat, Jane barra une précoce tentative de double ramassement de jambe de la part de Morais, contre-attaquant en projection en prise de bras par la droite et amené au sol, prenant la tête 4-0. "Je l'avais vue lutter avant, alors je savais parfaitement ce qu'elle tenterait de faire."  

En fin de partie, c'est un ramassement de jambe intérieur que stoppa Jane avant de projeter Morais au sol à nouveau. Mais cette fois, ce fut pour un infliger un tombé à la championne du monde. "A ce moment, je ne pensais pas à ce qui allait advenir. J'ai seulement réagi : je me suis relaxée, et mon corps a réagit."

Grâce à cette victoire sur Morais, Jane Valencia est devenue la première Mexicaine de l'histoire qualifiée pour les Jeux Olympiques.

Elle espère ainsi montrer aux jeunes Mexicaines qu'elles ont un modèle à suivre. "Je n'avais pas de modèle, alors j'ai fabriqué mon propre exemple," dit-elle.

"Maintenant, c'est une chance énorme. Avant, les jeunes filles avaient au Mexique un rêve olympique, mais elles n'avaient pas d'exemple. Elles n'avaient personne à suivre. Maintenant qu'elles ont vu quelqu'un atteindre cet objectif, elle peuvent se dire 'Moi aussi je peux me qualifier'."

Jane continue sa préparation pour les Jeux tout en s'entraînant au Nittany Lion. Elle aspire à devenir médaillée olympique mais dit que remporter une médaille olympique ne la définirait pas en tant que lutteuse, femme ou mère. "Gagner une médaille olympique est mon objectif pour l'instant. Mais nous valons plus qu'une médaille et une médaille ne change pas votre vie. Une médaille n'est pas suffisante pour faire de vous une bonne personne."

Dans un message à destination de la communauté de la lutte, elle déclare :“Ces moments où nous sommes à la maison, ignorant de ce que le futur nous réserve, je vous demande d'être patients et d'avoir la foi. Ayez la foi que ceci arrivera, que nous remonterons sur les tapis pour faire ce qui nous passionne. Gardez votre esprit occupé avec les petites choses du quotidien et vivons un jour à la fois. Restez positifs, en bonne santé et, par-dessus tout, concentrez-vous sur l'objectif qui nous attend.”