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Rzazade, Aliyev mènent la charge de l'Azerbaïdjan aux championnats d'Europe

By Vinay Siwach

ZAGREB, Croatie (18 avril) -- Depuis le début du siècle, l'Azerbaïdjan s'efforce de trouver un poids plume de niveau international.

A l'exception du champion olympique Namik ABDULLAEV (AZE), aucun lutteur n'a pu asseoir son autorité dans la catégorie de poids 55kg-57kg. Giorgi EDISHERASHVILI (AZE) a certes remporté les championnats d'Europe deux fois en 2017 et 2018, mais il avait bien dépassé son apogée à ce moment-là et n'a jamais semblé menaçant au niveau mondial. Haji ALIYEV (AZE) a remporté une médaille de bronze aux Jeux Olympiques de Rio en 2016 mais il a passé la plus grande partie de sa carrière en 61kg ou plus.

Aliabbas RZAZADE (AZE) pourrait changer cela maintenant. Ayant remporté le titre mondial U23 en 2021, l'athlète de 25 ans a atteint la finale des championnats d'Europe l'année dernière et a franchi une étape supplémentaire en devenant champion mardi, battant le double champion d'Europe Suleyman ATLI (TUR).

Rzazade a mené la charge de l'Azerbaïdjan le deuxième jour des championnats d'Europe à Zagreb alors que la nation s'est installée confortablement en tête du classement par équipe. Aliyev a ajouté un quatrième titre européen et son premier depuis 2019 ce qui a permis à son pays de remporter deux médailles d'or dans la soirée.

Pour les résultats des demi-finales du deuxième jour, cliquer ici: Akgul contre Petriashvili, Tour 11

Vasyl MYKHAILOV (UKR) a mis fin à l'attente de 10 ans du pays pour un champion d'Europe en battant Georgios KOUGIOUMTISDIS (GRE) pour remporter la médaille d'or en 79kg tandis que Givi MATCHARASHVILI (GEO) a marqué un takedown tardif pour empêcher Magomedkhan MAGOMED (AZE) de répéter son exploit en 97kg.

Vazgen TEVANYAN (ARM) a ajouté un titre d'Europe senior à ses titres U17, U20 et U23 en battant Mikyay NAIM (BUL) en finale des 65kg.

Aliabbas RZAZADE (AZE)Aliabbas RZAZADE (AZE) projette Suleyman ATLI (TUR) dans le dernier mouvement du combat. (Photo: UWW / Kadir Caliskan)

Mais c'est Rzazade qui est entré dans l'histoire en remportant la 25ème médaille d'or pour l'Azerbaïdjan aux championnats d'Europe.

Atli cherchait son troisième titre après trois défaites en finale ces cinq dernières années mais il ne se doutait pas que Rzazade allait lancer un arm throw cinq secondes après le début de la finale.

Et comme Atli se calmait après ce lancé, Rzazade est tombé à genoux ce à quoi Atli a réagi en se jetant en arrière. Rzazade a fait croire qu'il allait attaquer par les jambes mais a lancé un autre arm throw, ce qui lui a valu deux points.

Un 6-0 était toujours difficile à remonter. Atli a bien essayé et  réduit le score à 6-2 à la pause mais Rzazade s'est montré encore plus agressif en seconde période. Atli a essayé de le faire basculer mais Rzazade était solide et a projeté Atli sur le dos pour quatre points et a remporté la victoire 12-2. Rzazade était prêt pour les célébrations.

La Turquie a contesté l'appel affirmant que ce lancé ne valait que deux points et a gagné. Les lutteurs ont dû recommencer avec le score à 10-2. Mais ce n'était que retarder l'inévitable.

Rzazade et Atli ont fait l'un l'autre un blocage de corps mais c'est le premier qui a réussi à obtenir la projection. Cette fois, personne n'a empêché le lutteur d'Azerbaïdjan de célébrer son premier titre européen.

"Je suis venu ici pour devenir champion," a déclaré Rzazade. "J'étais très ambitieux en venant ici. C'est un sentiment formidable et je suis fier d'avoir pu hisser le drapeau d'Azerbaïdjan. C'est l'un des plus beaux jours de ma vie."

Depuis 17 ans qu'il pratique la lutte, commençant dans la ville d'Astara, dans le sud de l'Azerbaïdjan, à quelques pas de la frontière de l'Iran, qui a également une ville d'Astara à la frontière de l'Azerbaïdjan, le premier titre senior pourrait être perçu comme tel.

La finale de mardi contrastait avec celle de l'année dernière quand Vladimir EGOROV (MKD) l'a battu 8-6. Rzazade était mené 8-0 mais s'est repris pour marquer six points et alors qu'il était sur le point d'obtenir un tour pour la victoire, le temps s'est écoulé. Il n'a rien laissé au hasard cette année et à remporté la médaille d'or.

"L'année dernière en finale, j'ai perdu un combat très serré," a-t-il déclaré. "Aujourd'hui, j'ai pu remporter l'or et c'est un sentiment très différent du précédent. Je suis heureux d'avoir pu remporter l'or.”

Cette défaite a permis à Rzazade de mettre les choses en perspective et de grandir en tant que lutteur allant de l'avant.

"Maintenant, je suis un lutteur ambitieux," a-t-il déclaré. "C'est mon année et c'est mon jour. Je pense que je ne suis pas si faible et tout le monde me voit comme un adversaire coriace. Ce ne sera pas facile car des adversaires bons et forts m'attendent.”

Ses adversaires devront également travailler dur pour battre le nouveau champion d'Europe. Un underhook mortel et un puissant gut wrench font de lui une menace. Ajouté à cela une solide défense, aussi bien en position par terre qu'en position debout.

“J'attends les prochains championnats -- les championnats du monde en Serbie,” a-t-il déclaré. “Comme nous pouvons obtenir la licence pour les Jeux olympiques, j'aimerais en obtenir une en Serbie. Je veux être un champion olympique.”

Haji ALIYEV (AZE)Haji ALIYEV (AZE) est devenu le premier lutteur d'Azerbaïdjan à remporter quatre médailles d'or d'Europe. (Photo: UWW / Kostadin Andonov)

Aliyev a fait un doublé pour l'Azerbaïdjan en remportant la médaille d'or des 70 kg après avoir battu Ramazan RAMAZANOV (BUL) dans le combat pour la médaille d'or. Ce dernier ayant 32 ans le 21 avril, Aliyev lui a offert un cadeau d'anniversaire avant l'heure.

Le médaillé d'argent olympique de Tokyo est devenu le premier homme d'Azerbaïdjan à remporter quatre titres d'Europe en passant devant Abdullaev qui a eu trois titres. La star de lutte gréco-romaine, Rafiq HUSEYNOV (AZE), a également trois titres et aura la chance d'un quatrième dans les jours à venir. Mariya STADNIK (AZE) mène toujours avec sept titres.

“C'est une victoire très importante pour moi,” a déclaré Aliyev. “Dans l'histoire de l'Azerbaïdjan, je suis le premier  [homme] à remporter quatre médailles d'or d'Europe. C'est très bon pour moi.”

Lundi, Aliyev avait déclaré qu'il luttait en 70kg, catégorie qui a des lutteurs plus forts que lui. Mais  il les déjoue pour gagner.

Contre Ramazanov, il a eu recours à diverses astuces pour remporter la médaille d'or. Au lui de s'épuiser, Aliyev a décidé d'accumuler des stepouts au lieu de se livrer à des bousculades.

Il a obtenu trois stepouts et un takedown pour mener 5-1 à la pause. Il a continué à mettre la pression sur Ramazanov et a marqué un autre stepout. Ramazanov a marqué un stepout et a obtenu un point d'avertissement en plus pour réduire l'avance à 8-3. Aliyev a ajouté un takedown tardif pour gagner 10-3.

“Nous nous sommes beaucoup préparés,” a-t-il déclaré. “Nous avons eu beaucoup de camps d'entraînement cette année. Nous sommes sur le bon chemin. C'est pourquoi nous gagnons.”

Pour ses plans à venir, Aliyev a déclaré qu'il est toujours à la recherche de l'insaisissable or olympique, une médaille que l'athlète de 31 ans a manqué de peu à Tokyo.

“J'ai déjà une médaille olympique de bronze et d'argent, mais j'ai besoin de l'or,” a-t-il déclaré. “Je vais vraiment essayé. je ferai de mon mieux pour obtenir cette médaille d'or. Je pense que cela n'a pas d'importance que j'ai 32 ou 34 ans, ce qui compte, c'est de travailler dur et de devenir un champion.

Mais Aliyev sait aussi que gagner une médaille en 65kg sera une tâche herculéenne car c'est la catégorie la plus vaste du monde.

“Cette catégorie de poids est la plus difficile,” a-t-il déclaré. “Il y a beaucoup de bons adversaires et il y a généralement 4 à 5 champions du monde. Je pense connaître leurs styles de lutte. C'est ma dernière chance et je dois remporter l'or olympique et ensuite prendre ma retraite.”

Givi MATCHARASHVILI (GEO)Givi MATCHARASHVILI (GEO) marquant un takedown sur Magomedkhan MAGOMEDOV (AZE) en finale. (Photo: UWW / Kostadin Andonov)

L'Azerbaïdjan aurait pu remporter trois médailles d'or mais le médaillé de bronze mondial Matcharashvili a réussi un takedown tardif pour battre Magomedov, également médaillé de bronze mondial, 4-3 en finale des 97kg.

Magomedov, champion en titre, a commencé avec un stepout et a toujours cherché à attaquer alors même que Matcharashvili continuait à gagner du temps en première période. Il a obtenu un takedown sur le bord pour mener 3-0 à la pause.

Après cinq minutes sans action de la part de Matcharashvili, Il s'est mis en marche dans la dernière minute, marquant un takedown via un single-leg. Dans les 20 dernières secondes, Magomedov a réussi à passer derrière mais a glissé, donnant à Matcharashvili l'occasion de marquer un autre takedown, gagnant 4-3.

C'était la première médaille d'or d'Europe pour l'ancien champion du monde U23 qui a également une médaille d'argent des Jeux Européens.

Vazgen TEVANYAN (ARM)Vazgen TEVANYAN (ARM) célèbre sa victoire après avoir remporté la médaille d'or des 65kg à Zagreb. (Photo: UWW / Kadir Caliskan)

Tevanyan, Mykhailov remportent des premiers titres

Tevanyan a attendu quatre ans pour revenir aux championnats d'Europe et a rendu son retour mémorable en remportant la médaille d'or en 65kg.

En 2019, Tevanyan a terminé 11ème mais a remporté le titre mondial U23, a lutté aux Jeux Olympiques et aux championnats du monde et a des victoires sur Aliyev et Izsmail MUSZUKAJEV (HUN) depuis.

Bien qu'il ait obtenu le premier point de la finale, Naim, qui espérait devenir le premier champion d'Europe de lutte libre de son pays en 18 ans, n'a pas réussi à s'imposer face à un Tevanyan très fort.

Dans le combat pour la médaille d'or, c'est en seconde période que Tevanyan a marqué le premier takedown en utilisant un arm drag mais n'a réussi à obtenir aucun tour. 

Naim a continué à revenir sur Tevanyan qui a contré l'une de ces tentatives et a obtenu un roll pour porter le score à 6-1. Il a ajouté un autre takedown pour augmenter l'avance avant qu'un takedown par glissement et un gut ne lui permettent de remporter l'or 12-1.

“Je suis très heureux car c'est une médaille que j'attendais depuis très longtemps", a-t-il déclaré. "Depuis 2018 [2019], je n'ai pas pu participer aux championnats d'Europe, c'est pourquoi je suis très heureux, j'ai beaucoup d'émotions et je suis d'une humeur incroyable.”

Bien qu'il ait remporté des titres européens en U17, U20 et U23, il lui manquait le titre senior que Tevanyan considère comme le plus important.

“La catégorie senior est très différente des autres catégories d'âge, car pour moi, c'est le vrai sport. Mon objectif est d'aller aux Jeux olympiques et de devenir champion du monde. Il y aura des camps d'entraînement et nous nous remettrons en forme. Je ferai tout pour atteindre la meilleure forme physique possible.”

La première occasion de gagner un billet pour Paris sera les Championnats du monde à Belgrade en septembre et Tevanyan sera l'un des favoris pour remporter une médaille, peut-être une médaille d'or. Et s'il atteint la finale, quel adversaire aimerait-il combattre ?

“Aucune différence [pour moi],” a-t-il déclaré. “Si je suis en finale, ça n'a pas d'importance.”

Vasyl MYKHAILOV (UKR)Vasyl MYKHAILOV (UKR) a remporté la médaille d'or en 79kg. (Photo: UWW / Kadir Caliskan)

Mykhailov a mis fin à une décennie d'attente pour l'Ukraine d'avoir un champion d'Europe de lutte libre en étendant son record d'invincibilité contre Georgis KOUGIOUMTSIDIS (GRE) qui était le champion en titre.

Pavlo OLIYNYK (UKR), qui a ensuite représenté la Hongrie, a été le dernier champion d'Europe en remportant l'or en 96 kg en 2013 à Tbilissi.

Kougioumtsidis, qui est devenu le premier champion de Grèce l'année dernière, espérait réitérer son exploit, mais Mykhailov l'a complètement écarté.

L'Ukrainien a battu Kougioumtsidis deux fois l'année dernière et était le favori. Il a obtenu un stepout et un takedown contre le stepout du Grec. Malgré l'effort de Kougioumtsidis, Mykhailov gardait le contrôle.

Il a expliqué plus tard pourquoi cette victoire avait un score bas alors que ses deux précédentes étaient par supériorité technique avant d'ajouter que c'est juste le début.

“La finale est toujours très importante alors je n'ai pas pris beaucoup de risques", a déclaré Mykhailov. "C'est très émouvant. Cela fait longtemps que je vise l'or. Mais ce n'est pas le moment d'arrêter. C'est l'année préolympique, nous devons nous qualifier".

L'or était précieux pour l'Ukrainien, qui a été touché par la guerre dans son pays.

"Comment dire que nous nous entraînons sans électricité ? "Il fut un temps où nous nous entraînions sans électricité ni lumière pendant six mois. Je n'ai pas pu m'entraîner pendant près de six mois. Ce n'était pas possible du tout. Ce sont des moments très difficiles. Il n'est pas possible de les expliquer.

Sur ses projets avant les championnats du monde, Mykhailov n'a pas révélé grand-chose, mais il a dit comment il se désaltère après un combat épuisant et une interview du vainqueur.

"Je participerai à des tournois, nous prendrons des décisions avec les entraîneurs", a-t-il déclaré. "Pour l'instant, je veux juste boire du coca.

sf

RESULTATS

57kg
OR: Aliabbas RZAZADE (AZE) bat Suleyman ATLI (TUR), 12-2

BRONZE: Georgi VANGELOV (BUL) bat Roberti DINGASHVILI (GEO), 10-0
BRONZE: Horst LEHR (GER) bat Simone PIRODDU (ITA), 2-2

65kg
OR: Vazgen TEVANYAN (ARM) bat Mikyay NAIM (BUL), 12-1

BRONZE: Edemi BOLKVADZE (GEO) bat Stefan COMAN (ROU), 2-2
BRONZE: Erik ARUSHANIAN (UKR) bat Ali RAHIMZADA (AZE), 7-6

70kg
OR: Haji ALIYEV (AZE) bat Ramazan RAMAZANOV (BUL), 10-3

BRONZE: Ihor NYKYFORUK (UKR) bat Patryk OLENCZYN (POL), via fall
BRONZE: Vasile DIACON (MDA) bat Kevin HENKEL (GER), 7-2

79kg
OR: Vasyl MYKHAILOV (UKR) bat Georgios KOUGIOUMTSIDIS (GRE), 3-1

BRONZE: Ahmad MAGOMEDOV (MKD) bat Arman AVAGYAN (ARM), 7-4
BRONZE: Hetik CABOLOV (SRB) bat Sabuhi AMIRASLANOV (AZE), via injury default

97kg
OR: Givi MATCHARASHVILI (GEO) bat Magomedkhan MAGOMEDOV (AZE), 4-3

BRONZE: Vladislav BAITCAEV (HUN) bat Benjamin HONIS (ITA), 10-6
BRONZE: Ibrahim CIFTCI (TUR) bat Murazi MCHEDLIDZE (UKR), 12-3

La championne olympique Tosaka de retour après 13 mois d'absence

By Ken Marantz

MISHIMA, Japon (24 septembre) – Treize mois après avoir remporté l’or aux JO de Rio 2916, et une opération du pied plus tard, Eri TOSAKA a repris la compétition sur les chapeaux de roues, et semble bien partie pour Tokyo 2020 – même s’il lui reste malgré tout du chemin à parcourir.

Tosaka, championne olympique à 48 kg, a gagné trois fois par supériorité technique à 53 kg à l’Open du Japon de lutte féminine. Elle a également connu quelques moments plus difficiles après avoir été menée en début de match en demi-finale et en finale.

« C’était mon premier tournoi depuis les Jeux Olympiques, et j’étais plus tendue que d’habitude » commente Tosaka. « Je n’avais pas le bon timing, et cela a été plus difficile que ce que je pensais ».

En finale, Tosaka a subi un plaquage en début de match face à Arisa TANAKA, mais a réussi à reprendre l’avantage 12-2 en 5 :18. Le même résultat que la demi-finale de 2015, sauf qu’il y a deux ans le match avait duré dix secondes de moins.

Tosaka s’est surtout faite peur en demi-finale, ou elle était menée 6-0 après 30 secondes par Nao TANIYAMA, de l’Université d’Hosei. Taniyama a marqué un leg takedown, et a renversé deux fois la triple championne du monde.

Enfin, Tosaka s’est animée. Elle rapidement marqué deux plaquages et un roll pour revenir au score à 1 :40. Elle a ensuite marqué deux points supplémentaires, et a finalement terminé son comeback avec quatre ankle rolls pour le score de 16-6 en 2 :46.

« Je pensais que j’allais perdre » déclare Tosaka. « Je ne me rappelle pas très clairement de ce match, j’étais tellement inquiète ».

Le succès de Taniyama en début de match l’a surprise autant que le public. Elle admire la façon dont son adversaire a gardé son calme et s’est défendue.

« Quand j’ai marqué six points, j’ai pensé que j’allais gagner » continue Taniyama. « Mais Tosaka a fait preuve de la force mentale qu’on acquiert avec l’expérience. Elle est aussi forte physiquement. »

Une victoire dans la division senior du tournoi permet de se qualifier pour les Championnats japonais qui auront lieu en décembre et qui sont les premiers des deux tournois qualificatifs pour les Jeux Olympiques, les Championnats du Monde et d’autres grands tournois. Les lutteurs tels que Tosaka sont néanmoins automatiquement inscrits dans ce genre d’évènement et ne participent que rarement à l’Open du Japon.

Mais Tosaka pensait qu’il était nécessaire qu’elle s’inscrive puisqu’elle reprenait la compétition. Une décision prise en accord avec son coach Kazuhito Sakae, directeur de l’équipe nationale et responsable de l’Université de Shigakkan.

Tosaka, qui a fêté ses 24 ans le mois dernier, a avoué qu’elle se sentait fébrile et qu’elle ne s’était pas entrainées les deux jours précédant le tournoi.

« C’est ma faute, j’aurai du prendre mieux soin de moi » commente Tosaka, qui a pensé à se retirer de la compétition, mais qui a finalement décidé qu’il était mieux de gagner de l’expérience.

« Nous avons parlé du fait qu’elle devait au moins remporter un tournoi chez elle (au Japon) si elle voulait participer à l’Open du Japon et aux prochains Championnats du Monde » commente Sakae. « Elle s’est entrainée très dur à Shigakkan et au camp d’entrainement national. Puis, il y a deux jours, j’ai reçu un message de sa part qui me demandait si elle pouvait rater l’entrainement. Elle ne se sentait pas bien. Je lui ai dit de se reposer. »

« Elle subit beaucoup de pression, et elle a réalisé qu’elle devait la surmonter » continue Sakae. « Elle m’a dit qu’elle était nerveuse. Mais cela fait une grosse différence de participer à un match ou d’en rater un, et elle aurait risqué sa réputation de championne. J’admire le courage qu’elle a eu de venir. »

Après avoir remporté l’or à Rio, Tosaka a souffert d’une douleur chronique dans le gros orteil du pied gauche, et a décidé de se faire opérer pour faire enlever des dépôts de calcium en janvier. Elle avait prévu de participer aux Championnats organisés au Japon en mai pour se qualifier aux Chapionnats du Monde de Paris, mais elle a du se retirer de la compétition, sa guérison ne se faisant pas aussi vite que prévu. Elle était championne du monde depuis trois années consécutives.

« Quand je me suis fait opérer, je ne savais pas ce qui m’attendait » dit-elle. « Je me demandais ce qui allait se passer. Je suis contente d’être de retour sur le tapis. Je suis passée du paradis – la médaille d’or aux JO – à ce qui était pour moi un enfer. Je n’avais jamais été aussi reconnaissante de pouvoir être sur un tapis. »

En l’absence de Tosaka, la jeune Yui Susaki a remporté l’or à Paris. Susaki a récemment annoncé qu’elle allait s’inscrire à l’Université de Waseda dès le printemps.

« Toute personne qui étudie la bas peut atteindre le niveau des compétitions mondiales » commente Sakae. « Qui va gagner ? C’est une catégorie de poids très intéressante pour le Japon. »

Tosaka sait qu’elle doit travailler dur pour atteindre une nouvelle fois un tel niveau. Elle doit surtout corriger son habitude de ne pas marquer de points avant d’être menée au score, comme elle l’a fait en finale olympique, lorsqu’elle a réalisé un plaquage de dernière minute face à Mariya Stadnik.

« J’aimerai marquer la première, mais si je ne suis pas en train de perdre, on dirait que je ne m’en donne pas la peine » déclare Tosaka. « C’est ma faiblesse. Je dois changer cela pour un style plus agressif dès le début. »

Son timing inadéquat pour les plaquages lui cause également du souci.

« Si je continue comme ça, il sera difficile de remporter la Emperor’s Cup. Je dois être capable de marquer des points. »

Okuno remporte un nouveau titre

L’autre tête d’affiche du tournoi était la championne du monde à 55 kg Haruna OKUNO, qui a été très active depuis les Championnats de Paris.

Okuno, 18 ans, a entièrement dominé ses trois adversaires à 55 kg, gagnant une fois par tombé et deux fois par supériorité technique 10-0. Elle a battu Riko MIZUGUCHI en 1 :47 en finale.

En finale à 58 kg, la championne du monde junior Sae NANJO a battu la championne du monde de 2014 Chiho HAMADA 3-2. Nanjo, 18 ans, était l’une des trois adolescentes à remporter l’or pour le Japon au Championats d’Asie Senior en mai, aux côtés de Susaki et Mayu MUKAIDA.

Six jours après avoir remporté l’or à Paris et deux jours après son retour au Japon, Okunoa participé aux Championnats All-Japan Collegiate et a gagné le titre à 58 kg. Sa sœur Rina a de son côté gagné à 48 kg.

Okuno, qui est en première année à l’Université de Shigakkan, a dit qu’elle s’était inscrite à ce tournoi pour travailler certains aspects de sa technique.

« Cette fois, le but était de travailler mes techniques au sol » déclare-t-elle. « Je voulais marquer des points sans donner à mon adversaire le temps de souffler. Mais je restais à regarder mon adversaire, et mon coach criait « Allez ! Vas-y ! » C’est mon point faible, j’ai besoin de motivation. Il faut que je change ça. »

Ceci dit, Sakae n’a fait que des compliments à sa nouvelle star.

« Okuno est particulière car même si elle n’a que 18 ans, elle prend le contrôle du match comme si elle était une vétéran » commente-t-il. « Lorsqu’elle aura plus de force, elle sera encore plus douée. »

Okuno ne sait toujours pas dans quelle catégorie de poids du nouveau système elle s’inscrira.

« Je n’ai encore jamais gagné d’Emperor’s Cup » dit-elle. « Après discussion avec mon coach, je vais choisir la catégorie de poids qui me donne le plus de chances d’atteindre mon but. »