Séries de classement

Punia et Atli rejoignent la tête du classement mondial de lutte libre

By Eric Olanowski

Avec encore deux événements de série de classement au calendrier, un lutteur, théoriquement parlant, ne pourra obtenir plus de 36 points de classement avant le championnat du monde. Le plus grand nombre de points possibles par tournoi est de 18, correspondant à une médaille d'or obtenue dans un tableau avec plus de 20 entrées.

CORSIER-SUR-VEVEY, Suisse (le 1er mai) -- Les cinq championnats continentaux sont derrière nous et six lutteurs européens sont en première place du classement de United World Wrestling. Avant la phase finale des événements de série de classement, les pays panaméricains ont trois lutteurs classés premiers et l'Asie un.

Dans la foulée de leurs titres continentaux en 57 et 65kg, Suleyman ATLI (TUR) et Bajrang BAJRANG (IND) prennent la première place du classement mondial de lutte libre.

Atli passe en tête des 57kg 
Médaillé mondial de bronze, le jeune athlète turc de 24 ans Suleyman Atli a décroché le titre européen 2019 des 57kg et passe en première place du classement ce mois de mai. Atli rentrera dans la phase finale avec 61 points de série - un d'avance sur Uguev.

Atli et Uguev ont une telle avance sur leurs concurrents qu'il leur suffira d'obtenir une seule médaille lors des deux derniers événements de série de classement pour sécuriser l'une des deux premières places en tête de série du championnat du monde. Il reste des doutes quant à la présence d'Uguev à Sassari ou au Yasar Dogu (les deux événements de série de classement restants), mais Atli a confirmé sa présence au Yasar Dogu d'Istanbul en juillet prochain. 

Les deux lutteurs suivants au classement de la catégorie des 57kg sont le Japonais Yuki TAKAHASHI et le Kazak Nurislam (Artas) SANAYEV (SANAA).

Takahashi, troisème du championnat d'Asie, passe devant le dauphin du championnat du monde 2018 Nurislam Sanayev et obtient la troisième place du classement avec 41 points de série.

Bien que classé quatrième en 57kg, Nurislam Sanayev n'a pas concouru dans cette catégorie depuis sa finale des mondiaux de Budapest en octobre dernier. Si Sanayev choisit de se maintenir dans la catégorie non olympique des 61kg dans laquelle il a lutté cette saison, le Cubain Reineri ANDREU ORTEGA, classé cinquième avec 36 points de série, prendra sa place en quatrième tête de série.

Demi-finales potentielles, 57kg 
Demi-Finale – No. 1 Suleyman ATLI (TUR) vs. No. 4 Nurislam (Artas) SANAYEV (SANAA)
Demi-Finale – No. 2 Zavur UGUEV (RUS) vs. No. 3 Yuki TAKAHASHI (JPN)

Bajrang prend la première place après son titre au championnat d'Asie en 65kg
Venu d'Inde, Bajrang PUNIA est le second lutteur à rejoindre la première place du classement mondial grâce au résultat obtenu lors du dernier championnat continental. Bajrang prend la tête de la catégorie des 65kg, à la place du champion du monde en titre japonais Takuto OTOGURO, après avoir remporté son quatrième titre d'Asie (deux championnats d'Asie, deux Jeux d'Asie) par une victoire 12-7 sur le Kazakh Sayatbek OKASSOV la semaine dernière à Xi’an en Chine.

Punia, lutteur asiatique le mieux classé au monde en lutte libre, détient 78 points de série de classement. Il a 18 points d'avance sur Otoguro, qui l'avait battu en finale des mondiaux l'année passée. Punia a cette saison obtenu de si bons résultats et une telle avance sur ses concurrents qu'il est assuré de se retrouver au moins en tête de série No.2 au championnat du monde.

Le double médaillé mondial de bronze russe Akhmed CHAKAEV (41 points) et le médaillé d'argent européen turc Selahattin KILICSALLAYAN (32 points) occupent respectivement la trois et quatrième place du classement mondial de la catégorie des 65kg.

Demi-finales potentielles, 65kg
SEMIFINAL – No. 1 Bajrang BAJRANG (IND) vs. No. 4 Selahattin KILICSALLAYAN (TUR)
SEMIFINAL – No. 2 Takuto OTOGURO (JPN) vs. No. 3 Akhmed CHAKAEV (RUS)

Troisième tour pour Taylor et Yazdani en 86kg 
La catégorie la plus suivie est probablement celle des 86kg.

Pour l'instant, c'est le dauphin turc du championnat du monde Fatih ERDIN  (84 points) qui occupe la première place, à 6 points du champion du monde en titre David TAYLOR (USA) (80 points). A noter qu'Erdin et Taylor détiennent chacun presque le double des points que tous les autres lutteur de la catégorie des 86kg possèdent ; ils occuperont probablement les deux premières places des têtes de série de la catégorie pour le championnat du monde.

Si Taylor se maintient en seconde place du classement jusqu'au championnat du monde de septembre prochain, le champion du monde en titre se retrouvera en demi-finale face au champion du monde et champion olympique iranien et troisième classé mondial Hassan YAZDANICHARATI (43 points).

Lorqu'ils lutteront à Nur-Sultan, Taylor aura l'avantage sur Yazdani, car l'Américain l'a vaincu les deux précédentes fois. Taylor l'avait emporté pendant la coupe du monde 2016 puis, lors d'une victoire à l'arrachée sur “The Greatest” par 11-6, en ouverture du championnat du monde l'année dernière.

A noter qu'Erdin s'est inscrit au troisième événement de série de classement de l'année, le Sassari, prévu en Sardaigne à la fin du mois. S'il atteint le sommet du podium - et s'il y a plus de 20 entrées-, Erdin s'assurera la place de première tête de série de la catégorie des 86kg et pourra se permettre de s'abstenir du Yasar Dogu, le dernier événement de série de classement de lutte libre de l'année.

Demi-finales potentielles, 86kg  
Demi-Finale – No. 1 Fatih ERDIN (TUR) vs. No. 4 Taimuraz FRIEV NASKIDAEVA (ESP)
Demi-Finale – No. 2 David TAYLOR (USA) vs. No. 3 Hassan YAZDANI (IRI)

"Big Move Bonne" conserve la première place des 61kg 
“Big Move Bonne” a échoué de peu au championnat panaméricain et s'est contenté de 16 points de classement grâce à, tout de même, une médaille d'argent. Il reste classé en tête des 61kg. Le vainqueur du titre panaméricain des 61kg, Joe COLON (USA), prend la deuxième place mondiale avec 53 points.

Gadzhimurad RASHIDOV (RUS), actuellement classé No.3 des 61kg avec 40 points, rejoint la catégorie des 65kg.

Le départ de Rashidov libère la troisième place du classement, ce qui signifie que Beka LOMTADZE (GEO) remonte d'un rang avec ses 38 points. Le Roumain Nikolai OKHLOPKOV (ROU), 28 points, passe lui en quatrième position.

Demi-finales potentielles, 61kg 
Demi-Finale – No. 1 Yowlys BONNE RODRIGUEZ vs. No. 4 Beka LOMTADZE (GEO)
Demi-Finale – No. 2 Joseph Daniel COLON vs. No. 3 Gadzhimurad RASHIDOV (RUS)

Gazimagomedov prend le bronze européen et reste No.1 des 70kg 
Magomedrasul GAZIMAGOMEDOV s'est assuré la place de tête de série No.1 au championnat du monde 2019 après avoir amassé 92 points de classement, soit 52 de plus qu'Adam BATIROV, jusqu'ici classé deuxième pour le Bahrein mais qui a depuis rejoint les 74kg.

Avec Batirov en 74kg, la course pour la deuxième place aura été au centre de toutes les attentions. L'Ukrainien Andriy KVYATKOVSKYY (30 points) rejoint la deuxième position et Devid SAFARYAN (ARM) (26 points) et Zurabi IAKOBISHVILI (GEO) (25 points) passent en troisième et quatrième place.

Demi-finales potentielles, 70kg
Demi-Finale – No. 1 Magomedrasul GAZIMAGOMEDOV (RUS) vs. No. 4 Devid SAFARYAN (ARM)
Demi-Finale – No. 2 Adam BATIROV (BRN) vs. No. 3 Andriy KVYATKOVSKYY (UKR)

Sidakov fait l'impasse sur le championnat d'Europe et reste No.1 des 74kg
Bien que le champion du monde en titre russe des 74kg Zaurbek SIDAKOV ait fait l'impasse sur le championnat d'Europe, il reste le lutteur le mieux classé de sa catégorie. Sidakov avait déjà récolté 76 points de classement, dont 60 issus de sa victoire au championnat du monde de Budapest en 2018 et 16 de sa médaille d'or au Yarigin.

Le médaillé mondial de bronze Jordan BURROUGHS est classé second de la catégorie avec 63 points ; il vient de remporter son cinquième titre panaméricain.

Les troisième et quatrième places sont occupées par le dauphin du championnat du monde géorgien Avtandil KENTCHADZE (58 points) et la superstar italienne Frank CHAMIZO MARQUEZ (56 points), récemment vainqueur du titre européen de Bucharest.

Sans changement au classement, Sidakov et Chamizo lutteront en demi-finale dans le haut du tableau et Burroughs et Kentchadze seront face-à-face dans la seconde demi-finale de la catégorie.

Demi-finales potentielles, 74kg
Demi-Finale – No. 1 Zaurbek SIDAKOV (RUS) vs. Frank CHAMIZO MARQUEZ (ITA)
Demi-Finale – No. 2 Jordan BURROUGHS (USA) vs. No. 3 Avtandil KENTCHADZE (GEO)

Dake et Hasanov après les championnats continentaux
Bien qu'il n'ait pas pris part au championnat panaméricain, le champion du monde Kyle DAKE (USA) conserve sa première place au classement des 79kg, avec 60 points de série.

Le second de la catégorie est le champion d'Europe 2018 et dauphin du championnat du monde 2018 Jabrayil HASANOV (AZE). Hasanov compte également 60 points de série avant la phase finale, mais Dake a obtenu un meilleur résultat à Budapest.

Hasanov a récemment annoncé qu'il passera dans la catégorie des 74kg pour le championnat du monde 2019 et, ultimement, les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020, ce qui l'éliminera du classement des 79kg. En bénéficiera le Russe Akhmed GADZHIMAGOMEDOV (57 points), classé troisième actuellement. Gadzhimagomedov se retrouvera ainsi en tête de série No.2 pour le championnat du monde de Nur Sultan.  

Nika KENTCHADZE (GEO) (28 points) et PUREVJAV Unurbat (MGL) (26 points) monteront également chacun d'un rang et rejoindront les trois et quatrième places.

Demi-finales potentielles, 79kg 
Demi-Finale – No. 1 Kyle DAKE (USA) vs. No. 4 Nika KENTCHADZE (GEO)
Demi-Finale – No. 2 Jabrayil HASANOV (AZE) vs. No. 3 Akhmed GADZHIMAGOMEDOV (RUS)

Cox agrandit l'écart en 92kg et tient 33 points d'avance après les Panaméricains
Le champion du monde US J'Den COX (USA) (78 points) conserve son classement en première place après sa victoire au championnat panaméricain. Avec seulement 36 points disponibles pour le reste des compétitions et Cox en tête avec 33 points d'avance sur son plus proche concurrent, il est assuré d'être au moins tête de série No.3 à Nur Sultan.

L'Iranien Alireza KARIMIMACHIANI (45 points), qui vient de remporter son quatrième titre d'Asie (deux championnats d'Asie et deux Jeux d'Asie), prend de justesse la seconde place sur le médaillé d'or russe du Yariguin Magomed KURBANOV, troisième avec 44 points.

La quatrième place est occupée par le médaillé de bronze d'Europe et mondial japonais Atsushi MATSUMOTO (41 points).

Demi-finales potentielles, 92kg 
Demi-Finale – No. 1 J'Den COX vs. No. 4 Atsushi MATSUMOTO (JPN)
Demi-Finale – No. 2 Alireza KARIMIMACHIANI (IRI) vs. No. 3 Magomed KURBANOV (RUS)

Sadulaev reste premier des 97kg
Le blindé russe Abdulrashid SADULAEV (80 points de classement) était monté sur la plus haute place du podium européen et a depuis conservé sa première place au classement grâce à deux points d'avance sur “Captain America” Kyle SNYDER (USA). Snyder, médaillé mondial d'argent l'année dernière, a remporté le championnat panaméricain et le Dan Kolov et a engrangé 78 points au classement.

Sadulaev et Snyder seront sonc placés au moins en troisième tête de série.

Le dauphin du championnat d'Asie ULZIISAIKHAN Batzul (MGL), avec 44 points, se rapproche discrètement de Sadulaev et Snyder et semble être le seul lutteur capable de se faufiler jusqu'à la seconde tête de série. Pour réussir, il lui faudra remporter les deux prochains événements de série de classement.

Classé quatrième des 97kg, le Géorgien médaillé d'Europe et mondial de bronze Elizbar ODIKADZE (GEO), avec 41 points. 

Demi-finales potentielles, 97kg
Demi-Finale – No. 1 Abdulrashid SADULAEV (RUS) vs. No. 4 Elizbar ODIKADZE (GEO)
Demi-Finale – No. 2 Kyle SNYDER (USA) vs. No. 3 Batzul ULZIISAIKHAN (MGL)

Malgré une défaite en finale européenne des 125kg, Petriashvili toujours No.1
Bien que défait en finale, le double champion du monde et champion du monde en titre Geno PETRIASHVILI (GEO) est toujours en première place du classement de la catégorie des 125kg. Le Géorgien a 88 points, qui lui garantissent au moins la seconde place en tête de série du championnat du monde.

Classé deuxième, le dauphin chinois du championnat du monde DENG Zhiwei, avec 77 points. Deng est sorti second du championnat d'Asie tenu dans son pays.

Anzor KHIZRIEV (RUS) et Taha AKGUL (TUR) ont chacun 50 points de série. Khizriev prend la troisième place grâce à son résultat au championnat du monde de Budapest, où Akgul avait fini septième.

Si le classement ne change pas jusqu'au championnat du monde 2019, Petriashvili et Akgul s'affronteront en demi-finale.

Demi-finales potentielles, 125kg
Demi-Finale – No. 1 Geno PETRIASHVILI vs. No. 4 Taha AKGUL (TUR) 
Demi-Finale – No. 2 Zhiwei DENG vs. No. 3 Anzor KHIZRIEV (RUS) 

Les classements complets et mis à jours sont disponibles sur www.unitedworldwrestling.org.

Japon

Attendance réduite et sécurité pour la reprise des camps d'entraînement de l'équipe nationale japonaise

By Ken Marantz

TOKYO―Il y avait quelque chose d'inhabituel lors du lancement du camp d'entraînement de l'équipe du Japon - entre autres choses, seuls huit athlètes étaient présents.

Mais nous sommes dans une époque troublée. Le fait que le Japon ait finalement pu, au milieu d'une pandémie mondiale, remonter sur les tapis pour la première fois en 3 mois et demi constitue une avancée majeure pour le pays hôte des prochains Jeux Olympiques repoussés d'un an, qui peut ainsi commencer sa préparation à long terme.

Yukako et Risako KAWAI se désinfectent les mains à l'entrée de la salle de lutte du Centre national d'entraînement (CNE) de Tokyo. (photo : Sachiko Hotaka/JWF)

"Je suis vraiment heureuse de revoir les membres de l'équipe nationale après si longtemps," a déclaré Yukako KAWAI, l'une des quatre lutteuses de l'équipe olympique participant au camp féminin qui a commencé le jeudi 2 juillet. "Nous avions habituellement un camp par mois et même si nous ne sommes pas retournés à la normale, je suis contente de pouvoir à nouveau lutter ici."

Respectant les volumineuses directives soigneusement établies par le comité des sciences sportives de la Fédération japonaise de lutte, les camps du Centre national d'entraînement de Tokyo suivront de strictes protocoles afin de prévenir la diffusion du coronavirus, dont les effets sur le monde du sport sont dévastateurs.

En addition aux directives habituelles de port de masque, de lavage des mains et d'utilisation de désinfectant, ces directives appellent également à limiter le nombre de personnes présentes dans la salle de lutte à un moment donné. Ceci est obtenu par l'organisation différenciée des camps par style de lutte avec un minimum de période de chevauchement, en invitant principalement ceux et celles déjà en possession d'une place olympique ou qui seront parties prenantes des qualificatifs olympiques.

"Les camps d'entraînement - de lutte féminine, gréco-romaine et libre - n'ont pas pour but d'améliorer le niveau," a déclaré le directeur national du développement technique Shigeki NISHIGUCHI. "Ces camps visent spécifiquement les JO de Tokyo. Nous en avons donc limité le nombre, particulièrement pour juillet. Selon les circonstances, nous espérons être capables d'augmenter la fréquence en août et septembre. Mais le principal est de faire barrière au coronavirus."

Les athlètes conservent depuis le 16 juin le relevé quotidien de leur température corporelle, de leur santé générale et de tout contact externe qu'ils ont pu avoir. Tous ont fait un test d'anticorps avant le camp et, à l'exception d'une course rapide à un commerce de proximité, ils n'ont en principe pas le droit de quitter le centre.

Le camp de lutte féminine est le premier, du 2 au 8 juillet, suivi par la lutte gréco-romaine du 6 au 11 et par la lutte libre du 23 au 28. Un camp par mois sera organisé pour chaque style en août et septembre prochains, également presque séparément.

Yui SUSAKI par en ramassement lors d'un exercice d'amené au sol. (photo : Sachiko Hotaka/JWF)

Quatre des cinq membres de l'équipe olympique de lutte féminine - les championnes en titre Risako KAWAI (57kg), Sara DOSHO (68kg), la petite soeur de Risako Yukako (62kg) et Hiroe MINAGAWA (76kg) - ont rejoint les six tapis de la salle de lutte du CNE jeudi dernier, ainsi que la double championne du monde Yui SUSAKI (50kg) qui espère obtenir un billet olympique lors du qualificatif Asie prévu en mars prochain. Trois autres personnes étaient également présentes.

Absente du quintet olympique, la médaillée mondiale d'argent Mayu MUKAIDA (53kg), récemment diplômée de la fameuse université de Shigakkan. Elle a rejoint la firme de haute technologie JTEKT en tant qu'athlète sponsorisée et a des engagements envers cette entreprise. 

Hors les coaches, le personnel et les officiels de la Fédération, les seuls personnes permises dans la salle de lutte sont l'équipe du website de la Fédération japonaise et un correspondant UWW. Les médias japonais ont pu observer l'entraînement en streaming, et tenir une "conférence de presse" avec chaque lutteuse après la session.

Chaque personne pénétrant dans la salle devait se désinfecter les mains et avait sa température prise. Les lutteuses ont également désinfecté les semelles de leurs chaussures de lutte. Tous, coaches compris sauf les lutteuses en exercice, portaient constamment des masques.

À ce stade, la politique de la Fédération est de commencer doucement et d'augmenter la cadence en vue des Jeux Olympiques, faisant ce qui est possible pour éviter des blessures. La session ne comportait ainsi pas de lutte en direct. La première heure était faite d'étirements et de montée en pression des muscles principaux, suivis d'exercices tels que des ramassements de jambe par l'extérieur, des amenés au sol et des ceintures en pont. L'ambiance était relaxée mais concentrée sur les exercices à réaliser.

"Il y a encore un an et un mois avant les JO, alors nous voulons solidement consolider les fondamentaux et éviter les blessures," dit Nishiguchi. "Nous commençons par les choses fondamentales. Les lutteuses ont peut-être l'impression que ce n'est pas assez. Mais il n'y a aucune raison d'aller plus vite que la musique."

Sara DOSHO travaille un exercice de renforcement. (photo : Sachiko Hotaka/JWF)

Les éclopées
Ironiquement, alors qu'éviter les blessures est la priorité, trois des lutteuses olympiques souffrent actuellement de divers handicaps. En fait, Minagawa a profité du repos forcé pour subir une opération du genou tandis que  Dosho, qui délare s'être complètement remise de son opération à l'épaule de début 2019, continue à soigner un genou mal en point ; et Risako Kawai s'est faite un tour de reins.

"C'est une situation chronique depuis à peu près un an," dit Minagawa, médaillée mondiale d'argent en 2019, au sujet de son genou droit dont elle a subi l'ablation du ménisque. "C'était particulièrement dur en mars. Avec les JO [originellement] en août, il était impossible d'avoir une opération. Je pensais continuer et juste ignorer le problème, puis le report a été décidé."

Nishiguchi remarque que pour quelques personnes comme Minagawa, il y a un côté positif au report des JO pour cause de pandémie, puisque cela leur donne une année pour récupérer de leurs blessures.

Lors du pic de la pandémie au Japon, de début avril à début mai, le gouvernement avait déclaré l'état d'urgence, ce qui ne lui avait cependant pas permis d'imposer la fermeture des magasins, l'utilisation des masques ou la distanciation sociale. Mais les gouverneurs des préfectures du pays ont pu demander que de telles mesures soient respectées volontairement, un auto-confinement largement suivi par le public.

Comme les autres, Minagawa était alors obligée de se contenter de s'entraîner à la maison et de courir à l'extérieur car aucune salle de lutte ou de gym n'était restée ouverte.

"Pendant cette période d'auto-confinement, je devais rester à la maison et mentalement, ce fut difficile," dit-elle. "Récemment, l'état d'urgence a été levé, j'ai donc pu sortir plus et les camps nationaux ont rouvert, ce qui m'a aidé à remonter la pente. Je suis plus à même de regarder devant positivement."

Dosho dit qu'elle ressent encore quelques douleurs dans son genou, et que le soutien qu'elle reçoit allège le désagrément. Après avoir échoué à obtenir une médaille au championnat du monde, elle reste déterminée à faire amende honorable en devenant championne olympique encore une fois.

"Mon objectif de remporter une médaille d'or n'a pas changé d'un iota," dit-elle. "Je crois que tout ira bien si je reste patiente et y vais doucement à l'entraînement."

Risako KAWAI soulève la jambe de sa partenaire lors d'un exercice d'amené au sol. (photo : Sachiko Hotaka/JWF)

Et maintenant elle cuisine
Pour Risako Kawai, qui a remporté son quatrième titre mondial en septembre dernier à Noursoultan, rester à la maison lui a donné la possibilité d'apprendre quelque chose du monde réel, extérieur à celui du sport - comme comment cuisiner.

"Depuis le lycée, j'ai toujours pris mes repas au dortoir, et même après avoir terminé l'université, je pouvais manger là-bas," dit-elle. "Mais pendant la période d'auto-confinement, nous ne pouvions pas bouger. C'est la première fois que je devais préparer mes propres repas pour une si longue durée, même à mon âge."

Déclarant qu'elle a aussi fait du Pilate pour la première fois, Kawai a trouvé des recettes sur internet.

"Je n'avais jamais préparé de repas frits, mais j'ai pu faire un essai," dit-elle. "Plutôt que me concentrer sur une spécialité, j'ai tenté différentes choses."

Sa petite soeur Yukako, comme Risako un produit de Shigakkan, a eu du mal a s'éloigner de la vie couvée de l'université. "J'ai vraiment apprécié ma mère, qui nous préparait nos repas," dit-elle. 

Shigakkan a récemment réouvert ses installations et les Kawai ont pu remonter sur les tapis avant les camps nationaux, mais sans lutte active. 

"Naturellement, ma force a diminué par rapport à d'habitude," dit Risako. "Mais je ne ressens aucun changement dans mon rapport à la lutte."

Quant à remonter sur les tapis, ajoute-t-elle, "C'est la première fois depuis longtemps que les coaches m'observent travailler avec une partenaire. C'est un sentiment rafraîchissant." 

Elle dit qu'elle a récupéré à 80% son problème de dos et prend soin de ne pas rechuter. Lors des exercices de son premier entraînement, elle n'a pas fait de lutte au sol.

Yukako KAWAI takes down her practice partner. (photo by Sachiko Hotaka/JWF)

Les cheveux aujourd'hui et demain, loin
Parmi les principaux sujets de conversation du camp ne concernant pas la lutte, le nouveau look de Yukako Kawai était en première ligne : elle a surpris tout le monde pour avoir fait une coupe au bol de sa longue chevelure.

"C'est la première fois depuis l'école primaire que j'ai cette longueur," dit-elle. "C'est nouveau pour moi."

Kawai déclare qu'elle a coupé ses boucles juste avant le début de la période d'auto-confinement en mars, avant que les salons de coiffure ne ferment.

"J'ai toujours voulu les couper mais je n'en ai jamais eu le courage," ajoutant qu'elle avait pris cette résolution suite à un incident à New Delhi en février. "Au championnat d'Asie, on m'a tiré les cheveux. C'est là que j'ai décidé que j'en avais assez."

"A l'époque, les JO n'avaient pas encore été reportés. J'ai pensé que ce serait radical pour me mettre dans l'esprit du sprint vers les Jeux."

Ses courtes tresses ne sont pas le seul nouvel aspect de la vie de Kawa. Comme Mukaida, elle a obtenue son diplôme de Shigakkan pour rejoindre une compagnie avec un contrat qui lui permet de continuer à se dédier complètement à la lutte. Elle rejoint Risako comme employée de Japan Beverage, qui emploie également la lutteuse maintenant retraitée plusieurs fois championne du monde et médaillée olympique Kyoko HAMAGUCHI. 

"Jusqu'à maintenant, j'étais dans l'équipe de lutte en tant qu'étudiante," commente Kawai.. "Aujourd'hui la lutte est mon métier. C'est mon métier d'obtenir des résultats et de rembourser l'entreprise. Je ressens plus de responsabilité qu'avant. Je dois faire preuve de plus de discernement sur mes performances. Je suis reconnaissante qu'ils m'offrent le même environnement de lutte qu'auparavant, et je veux réussir et que mon entreprise sois contente."

Tandis que le programme international de lutte reste dans les limbes, Kawai déclare qu'elle ne se sent pas concernée par l'absence de tournoi spécidique pour lequel elle se préparerait au camp national. 

"Je n'y ai pas vraiment pensé," dit-elle. "Je pose un objectif pour chaque jour d'entraînement et je pense à comment l'atteindre. Plutôt que sur les tournois, je travaille à dépasser les problèmes que je peux avoir."