Séries de classement

Punia et Atli rejoignent la tête du classement mondial de lutte libre

By Eric Olanowski

Avec encore deux événements de série de classement au calendrier, un lutteur, théoriquement parlant, ne pourra obtenir plus de 36 points de classement avant le championnat du monde. Le plus grand nombre de points possibles par tournoi est de 18, correspondant à une médaille d'or obtenue dans un tableau avec plus de 20 entrées.

CORSIER-SUR-VEVEY, Suisse (le 1er mai) -- Les cinq championnats continentaux sont derrière nous et six lutteurs européens sont en première place du classement de United World Wrestling. Avant la phase finale des événements de série de classement, les pays panaméricains ont trois lutteurs classés premiers et l'Asie un.

Dans la foulée de leurs titres continentaux en 57 et 65kg, Suleyman ATLI (TUR) et Bajrang BAJRANG (IND) prennent la première place du classement mondial de lutte libre.

Atli passe en tête des 57kg 
Médaillé mondial de bronze, le jeune athlète turc de 24 ans Suleyman Atli a décroché le titre européen 2019 des 57kg et passe en première place du classement ce mois de mai. Atli rentrera dans la phase finale avec 61 points de série - un d'avance sur Uguev.

Atli et Uguev ont une telle avance sur leurs concurrents qu'il leur suffira d'obtenir une seule médaille lors des deux derniers événements de série de classement pour sécuriser l'une des deux premières places en tête de série du championnat du monde. Il reste des doutes quant à la présence d'Uguev à Sassari ou au Yasar Dogu (les deux événements de série de classement restants), mais Atli a confirmé sa présence au Yasar Dogu d'Istanbul en juillet prochain. 

Les deux lutteurs suivants au classement de la catégorie des 57kg sont le Japonais Yuki TAKAHASHI et le Kazak Nurislam (Artas) SANAYEV (SANAA).

Takahashi, troisème du championnat d'Asie, passe devant le dauphin du championnat du monde 2018 Nurislam Sanayev et obtient la troisième place du classement avec 41 points de série.

Bien que classé quatrième en 57kg, Nurislam Sanayev n'a pas concouru dans cette catégorie depuis sa finale des mondiaux de Budapest en octobre dernier. Si Sanayev choisit de se maintenir dans la catégorie non olympique des 61kg dans laquelle il a lutté cette saison, le Cubain Reineri ANDREU ORTEGA, classé cinquième avec 36 points de série, prendra sa place en quatrième tête de série.

Demi-finales potentielles, 57kg 
Demi-Finale – No. 1 Suleyman ATLI (TUR) vs. No. 4 Nurislam (Artas) SANAYEV (SANAA)
Demi-Finale – No. 2 Zavur UGUEV (RUS) vs. No. 3 Yuki TAKAHASHI (JPN)

Bajrang prend la première place après son titre au championnat d'Asie en 65kg
Venu d'Inde, Bajrang PUNIA est le second lutteur à rejoindre la première place du classement mondial grâce au résultat obtenu lors du dernier championnat continental. Bajrang prend la tête de la catégorie des 65kg, à la place du champion du monde en titre japonais Takuto OTOGURO, après avoir remporté son quatrième titre d'Asie (deux championnats d'Asie, deux Jeux d'Asie) par une victoire 12-7 sur le Kazakh Sayatbek OKASSOV la semaine dernière à Xi’an en Chine.

Punia, lutteur asiatique le mieux classé au monde en lutte libre, détient 78 points de série de classement. Il a 18 points d'avance sur Otoguro, qui l'avait battu en finale des mondiaux l'année passée. Punia a cette saison obtenu de si bons résultats et une telle avance sur ses concurrents qu'il est assuré de se retrouver au moins en tête de série No.2 au championnat du monde.

Le double médaillé mondial de bronze russe Akhmed CHAKAEV (41 points) et le médaillé d'argent européen turc Selahattin KILICSALLAYAN (32 points) occupent respectivement la trois et quatrième place du classement mondial de la catégorie des 65kg.

Demi-finales potentielles, 65kg
SEMIFINAL – No. 1 Bajrang BAJRANG (IND) vs. No. 4 Selahattin KILICSALLAYAN (TUR)
SEMIFINAL – No. 2 Takuto OTOGURO (JPN) vs. No. 3 Akhmed CHAKAEV (RUS)

Troisième tour pour Taylor et Yazdani en 86kg 
La catégorie la plus suivie est probablement celle des 86kg.

Pour l'instant, c'est le dauphin turc du championnat du monde Fatih ERDIN  (84 points) qui occupe la première place, à 6 points du champion du monde en titre David TAYLOR (USA) (80 points). A noter qu'Erdin et Taylor détiennent chacun presque le double des points que tous les autres lutteur de la catégorie des 86kg possèdent ; ils occuperont probablement les deux premières places des têtes de série de la catégorie pour le championnat du monde.

Si Taylor se maintient en seconde place du classement jusqu'au championnat du monde de septembre prochain, le champion du monde en titre se retrouvera en demi-finale face au champion du monde et champion olympique iranien et troisième classé mondial Hassan YAZDANICHARATI (43 points).

Lorqu'ils lutteront à Nur-Sultan, Taylor aura l'avantage sur Yazdani, car l'Américain l'a vaincu les deux précédentes fois. Taylor l'avait emporté pendant la coupe du monde 2016 puis, lors d'une victoire à l'arrachée sur “The Greatest” par 11-6, en ouverture du championnat du monde l'année dernière.

A noter qu'Erdin s'est inscrit au troisième événement de série de classement de l'année, le Sassari, prévu en Sardaigne à la fin du mois. S'il atteint le sommet du podium - et s'il y a plus de 20 entrées-, Erdin s'assurera la place de première tête de série de la catégorie des 86kg et pourra se permettre de s'abstenir du Yasar Dogu, le dernier événement de série de classement de lutte libre de l'année.

Demi-finales potentielles, 86kg  
Demi-Finale – No. 1 Fatih ERDIN (TUR) vs. No. 4 Taimuraz FRIEV NASKIDAEVA (ESP)
Demi-Finale – No. 2 David TAYLOR (USA) vs. No. 3 Hassan YAZDANI (IRI)

"Big Move Bonne" conserve la première place des 61kg 
“Big Move Bonne” a échoué de peu au championnat panaméricain et s'est contenté de 16 points de classement grâce à, tout de même, une médaille d'argent. Il reste classé en tête des 61kg. Le vainqueur du titre panaméricain des 61kg, Joe COLON (USA), prend la deuxième place mondiale avec 53 points.

Gadzhimurad RASHIDOV (RUS), actuellement classé No.3 des 61kg avec 40 points, rejoint la catégorie des 65kg.

Le départ de Rashidov libère la troisième place du classement, ce qui signifie que Beka LOMTADZE (GEO) remonte d'un rang avec ses 38 points. Le Roumain Nikolai OKHLOPKOV (ROU), 28 points, passe lui en quatrième position.

Demi-finales potentielles, 61kg 
Demi-Finale – No. 1 Yowlys BONNE RODRIGUEZ vs. No. 4 Beka LOMTADZE (GEO)
Demi-Finale – No. 2 Joseph Daniel COLON vs. No. 3 Gadzhimurad RASHIDOV (RUS)

Gazimagomedov prend le bronze européen et reste No.1 des 70kg 
Magomedrasul GAZIMAGOMEDOV s'est assuré la place de tête de série No.1 au championnat du monde 2019 après avoir amassé 92 points de classement, soit 52 de plus qu'Adam BATIROV, jusqu'ici classé deuxième pour le Bahrein mais qui a depuis rejoint les 74kg.

Avec Batirov en 74kg, la course pour la deuxième place aura été au centre de toutes les attentions. L'Ukrainien Andriy KVYATKOVSKYY (30 points) rejoint la deuxième position et Devid SAFARYAN (ARM) (26 points) et Zurabi IAKOBISHVILI (GEO) (25 points) passent en troisième et quatrième place.

Demi-finales potentielles, 70kg
Demi-Finale – No. 1 Magomedrasul GAZIMAGOMEDOV (RUS) vs. No. 4 Devid SAFARYAN (ARM)
Demi-Finale – No. 2 Adam BATIROV (BRN) vs. No. 3 Andriy KVYATKOVSKYY (UKR)

Sidakov fait l'impasse sur le championnat d'Europe et reste No.1 des 74kg
Bien que le champion du monde en titre russe des 74kg Zaurbek SIDAKOV ait fait l'impasse sur le championnat d'Europe, il reste le lutteur le mieux classé de sa catégorie. Sidakov avait déjà récolté 76 points de classement, dont 60 issus de sa victoire au championnat du monde de Budapest en 2018 et 16 de sa médaille d'or au Yarigin.

Le médaillé mondial de bronze Jordan BURROUGHS est classé second de la catégorie avec 63 points ; il vient de remporter son cinquième titre panaméricain.

Les troisième et quatrième places sont occupées par le dauphin du championnat du monde géorgien Avtandil KENTCHADZE (58 points) et la superstar italienne Frank CHAMIZO MARQUEZ (56 points), récemment vainqueur du titre européen de Bucharest.

Sans changement au classement, Sidakov et Chamizo lutteront en demi-finale dans le haut du tableau et Burroughs et Kentchadze seront face-à-face dans la seconde demi-finale de la catégorie.

Demi-finales potentielles, 74kg
Demi-Finale – No. 1 Zaurbek SIDAKOV (RUS) vs. Frank CHAMIZO MARQUEZ (ITA)
Demi-Finale – No. 2 Jordan BURROUGHS (USA) vs. No. 3 Avtandil KENTCHADZE (GEO)

Dake et Hasanov après les championnats continentaux
Bien qu'il n'ait pas pris part au championnat panaméricain, le champion du monde Kyle DAKE (USA) conserve sa première place au classement des 79kg, avec 60 points de série.

Le second de la catégorie est le champion d'Europe 2018 et dauphin du championnat du monde 2018 Jabrayil HASANOV (AZE). Hasanov compte également 60 points de série avant la phase finale, mais Dake a obtenu un meilleur résultat à Budapest.

Hasanov a récemment annoncé qu'il passera dans la catégorie des 74kg pour le championnat du monde 2019 et, ultimement, les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020, ce qui l'éliminera du classement des 79kg. En bénéficiera le Russe Akhmed GADZHIMAGOMEDOV (57 points), classé troisième actuellement. Gadzhimagomedov se retrouvera ainsi en tête de série No.2 pour le championnat du monde de Nur Sultan.  

Nika KENTCHADZE (GEO) (28 points) et PUREVJAV Unurbat (MGL) (26 points) monteront également chacun d'un rang et rejoindront les trois et quatrième places.

Demi-finales potentielles, 79kg 
Demi-Finale – No. 1 Kyle DAKE (USA) vs. No. 4 Nika KENTCHADZE (GEO)
Demi-Finale – No. 2 Jabrayil HASANOV (AZE) vs. No. 3 Akhmed GADZHIMAGOMEDOV (RUS)

Cox agrandit l'écart en 92kg et tient 33 points d'avance après les Panaméricains
Le champion du monde US J'Den COX (USA) (78 points) conserve son classement en première place après sa victoire au championnat panaméricain. Avec seulement 36 points disponibles pour le reste des compétitions et Cox en tête avec 33 points d'avance sur son plus proche concurrent, il est assuré d'être au moins tête de série No.3 à Nur Sultan.

L'Iranien Alireza KARIMIMACHIANI (45 points), qui vient de remporter son quatrième titre d'Asie (deux championnats d'Asie et deux Jeux d'Asie), prend de justesse la seconde place sur le médaillé d'or russe du Yariguin Magomed KURBANOV, troisième avec 44 points.

La quatrième place est occupée par le médaillé de bronze d'Europe et mondial japonais Atsushi MATSUMOTO (41 points).

Demi-finales potentielles, 92kg 
Demi-Finale – No. 1 J'Den COX vs. No. 4 Atsushi MATSUMOTO (JPN)
Demi-Finale – No. 2 Alireza KARIMIMACHIANI (IRI) vs. No. 3 Magomed KURBANOV (RUS)

Sadulaev reste premier des 97kg
Le blindé russe Abdulrashid SADULAEV (80 points de classement) était monté sur la plus haute place du podium européen et a depuis conservé sa première place au classement grâce à deux points d'avance sur “Captain America” Kyle SNYDER (USA). Snyder, médaillé mondial d'argent l'année dernière, a remporté le championnat panaméricain et le Dan Kolov et a engrangé 78 points au classement.

Sadulaev et Snyder seront sonc placés au moins en troisième tête de série.

Le dauphin du championnat d'Asie ULZIISAIKHAN Batzul (MGL), avec 44 points, se rapproche discrètement de Sadulaev et Snyder et semble être le seul lutteur capable de se faufiler jusqu'à la seconde tête de série. Pour réussir, il lui faudra remporter les deux prochains événements de série de classement.

Classé quatrième des 97kg, le Géorgien médaillé d'Europe et mondial de bronze Elizbar ODIKADZE (GEO), avec 41 points. 

Demi-finales potentielles, 97kg
Demi-Finale – No. 1 Abdulrashid SADULAEV (RUS) vs. No. 4 Elizbar ODIKADZE (GEO)
Demi-Finale – No. 2 Kyle SNYDER (USA) vs. No. 3 Batzul ULZIISAIKHAN (MGL)

Malgré une défaite en finale européenne des 125kg, Petriashvili toujours No.1
Bien que défait en finale, le double champion du monde et champion du monde en titre Geno PETRIASHVILI (GEO) est toujours en première place du classement de la catégorie des 125kg. Le Géorgien a 88 points, qui lui garantissent au moins la seconde place en tête de série du championnat du monde.

Classé deuxième, le dauphin chinois du championnat du monde DENG Zhiwei, avec 77 points. Deng est sorti second du championnat d'Asie tenu dans son pays.

Anzor KHIZRIEV (RUS) et Taha AKGUL (TUR) ont chacun 50 points de série. Khizriev prend la troisième place grâce à son résultat au championnat du monde de Budapest, où Akgul avait fini septième.

Si le classement ne change pas jusqu'au championnat du monde 2019, Petriashvili et Akgul s'affronteront en demi-finale.

Demi-finales potentielles, 125kg
Demi-Finale – No. 1 Geno PETRIASHVILI vs. No. 4 Taha AKGUL (TUR) 
Demi-Finale – No. 2 Zhiwei DENG vs. No. 3 Anzor KHIZRIEV (RUS) 

Les classements complets et mis à jours sont disponibles sur www.unitedworldwrestling.org.

#WrestleTokyo

La nouvelle star Steveson étourdit Petriashvili aux Jeux Olympiques des 125 kg; Mukaida décroche l'or

By Ken Marantz

CHIBA, Japan (6 août) -- Gable STEVESON (USA) s'est frayé un chemin sur la scène mondiale avec un nom qui rappelle une légende révolue du sport. Le joueur de 21 ans s'est certainement fait un nom aux Jeux olympiques de Tokyo.

Steveson a remporté la plus improbable des victoires, marquant une mise à terre littéralement dans la dernière seconde pour étourdir le triple champion du monde Geno PETRIASHVILI (GEO) lors de la finale des 125 kg en style libre vendredi soir.

"Je ne sais pas ce que je ressens vraiment en ce moment", a déclaré Steveson. "Ça n'a pas touché, ça n'a même pas pénétré. C'est un sentiment fou que je sois assis avec une médaille d'or autour du cou. C'est quelque chose qui restera avec moi pour toujours."

Dans d'autres finales, Mayu MUKAIDA (JPN) a donné au Japon sa troisième médaille d'or féminine aux Jeux Olympiques de Tokyo après avoir également eu besoin d'un retour - bien que pas aussi dramatique que celui de Steveson - pour remporter le titre féminin des 53 kg, tandis que Zaurbek SIDAKOV (ROC) a ajouté l'or en libre 74 kg aux titres mondiaux consécutifs qu'il a remportés en 2018 et 2019.

Gable StevesonGable STEVESON (USA) avec la médaille d'or en 125kg. (Photo: UWW / Kadir Caliskan)

La performance de Steveson au Makuhari Messe Hall A, dans laquelle il a également battu le champion olympique en titre Taha AKGUL (TUR) en quarts de finale, était la matière dont sont faites les légendes – un peu comme celle du plus grand héros de lutte américain, le champion olympique de 1972 Dan GABLE .

On ne peut que dire prémonitoire le fait que ses parents aient donné à leur fils Gable le deuxième prénom Dan. Le natif de l'État du Minnesota avait donné un avant-goût de ce qui allait arriver en remportant des titres mondiaux cadets consécutifs en 2015-16 et le titre mondial junior en 2017.

À son arrivée à Tokyo, il n'avait qu'un autre tournoi international senior à son actif, une victoire aux Championnats panaméricains de cette année. Bien qu'il s'agisse d'une bonne préparation, cela pourrait difficilement être considéré comme un indicateur de la façon dont il s'en tirerait contre les meilleurs du monde.

Steveson a convaincu tous les sceptiques avec ses soulevés en décalage avant rapides et sa conscience aiguë de la façon dont le jeu international est joué, souvent un problème pour les Américains venant des règles du folkstyle.

"Je savais que je l'avais en moi", a déclaré Steveson, qui est devenu le premier champion olympique américain dans la catégorie des poids les plus lourds depuis Bruce BAUMGARTNER (États-Unis) aux Jeux de 1992 à Barcelone.

"Tout le monde parle de ramener à la maison une médaille d'or, et je l'ai fait."

En finale, Steveson a obtenu un point d'horloge d'activité, puis a ouvert les yeux avec un soulevé par les jambes, un barrage pour une mise à terre et une avance de 3-0. Petriashivili, 27 ans, conscient qu'il avait besoin d'intensifier son jeu, a réussi un simple, mais l'Américain a non seulement combattu, mais a inversé la situation et a obtenu une sortie pour porter le score à 4-0.

Geno PetriashviliUn Geno Petriashvili (GEO) déçu lors de la cérémonie de remise des médailles des 125kg. (Photo: UWW / Kadir Caliskan)

En deuxième période, Petriashvili a pris le contrôle. Lui et Akgul s'étaient combinés pour remporter tous les grands mondiaux depuis 2014, et il n'allait pas laisser la séquence se terminer sans se battre. en retrait 7-2, le Géorgien a obtenu une mise à terre en décalage avant à 1:20 de la fin, puis a ajouté une ceinture de côté en pont et une bascule pour prendre la tête pour la première fois, 8-7.

With time running out, Steveson forced Petriashvili down, then kept spinning around until he secured control with the last click on the clock. An unsuccessful challenge made the final score 10-8.

"On m'avait garanti une médaille, mais je savais que je pouvais tirer ce dernier coup et lui donner ce dernier tour, et il l'a mordu", a déclaré Steveson. "J'ai regardé l'horloge, et c'était comme point-trois. Et j'étais comme, impossible, ma tête était comme au ras de tout, mon visage était comme, abasourdi."

Après une accolade avec son coach et un tour sous le drapeau américain, Steveson a célébré sa victoire avec une roue et un back flip, un exploit assez impressionnant pour un homme si grand qui ne fait que montrer ce qu'il est capable de faire.

Mayu MUKAIDAMayu MUKAIDA (JPN) a vaincu Qianyu PANG (CHN) en finale 53kg. (Photo: UWW / Martin Gabor)

Mukaida, double championne du monde en 55 kg, avait pris la mauvaise habitude de renverser le cours du combat avec des défaites de dernière seconde dans les grands matches. C'est la raison de l'une de ses deux médailles d'argent mondiales en 53kg.

Lors de la finale de vendredi contre Qianyu PANG (CHN), c'est Mukaida qui a dû rattraper son retard, ce qu'elle a fait pour une victoire 5-4 qui a rendu le titre olympique des 53 kg aux mains des Japonais.

"Je mène généralement au début, mais mes adversaires me dépassent assez souvent", a déclaré Mukaida. "Cette fois, c'était l'inverse, j'étais derrière. J'avais la résolution de gagner à la fin. La forte émotion est ce qui m'a fait gagner ce match."

Pang, ignorant le fait qu'elle avait perdu les quatre rencontres précédentes avec Mukaida, a pris une avance de 4-0 avec un plaquage par les épaules, une mise à terre par derrière et une ceinture en pont. C'est ainsi que la première période s'est terminée.

En deuxième période, Mukaida s'est enflammé et a marqué des mises à terre successives pour progresser sur critères à environ 1:20 de la fin. Elle ne s'est pas contentée de s'asseoir en tête et a opté pour un décalage avant auquel elle s'est accrochée jusqu'au bout alors que Pang tentait désespérément de briser l'emprise et de se mettre derrière.

Mais Mukaida non seulement n'a pas lâché prise, elle a réussi à marquer un extérieur. Après cela, elle a repoussé la Chinoise pour obtenir l'or.

"D'abord, je ne pouvais pas l'attaquer comme je le fais toujours", a déclaré Mukaida. "Mais dans les six minutes, j'ai pu pratiquer mon style de lutte avec une très forte détermination à gagner. Elle était très forte, je voulais la battre et j'étais déterminé à obtenir une médaille d'or. J'ai continué à avoir ce sentiment pendant les six minutes."

Mukaida a fait face à de grandes attentes au Japon en étant désignée comme la deuxième venue de la triple championne olympique Saori YOSHIDA (JPN), car elle vient de la même préfecture de Mie et lutte dans la même catégorie de poids.

Après avoir remporté les trois premières médailles d'or lorsque la lutte féminine a été ajoutée au programme olympique [55 kg à l'époque], Yoshida a cédé le titre de 53 kg à Rio. Maintenant, le Japon l'a récupéré.

"Yoshida a gagné plusieurs fois de suite, vous ne pouvez donc pas me comparer à elle", a déclaré Mukaida. "Mais c'est moi qui ai été sélectionné [pour les Jeux olympiques], et quoi qu'il en soit, je voulais gagner l'or."

Zaurbek SIDAKOVLe Champion Olympique en 74kg Zaurbek SIDAKOV (ROC). (Photo: UWW / Kadir Caliskan)

La victoire 7-0 de Sidakov sur le Russe Mahamadkhabib KADZIMAHAMEDAU (BLR) en finale des 74 kg n'a peut-être pas eu la théâtralité des deux autres, mais ce n'en était pas moins impressionnant.

Après que la première période ait été limitée à un point  d'activité, Sidakov a commencé la seconde avec une mise à terre et une exposition  de tacles. Il a ensuite scellé l'affaire avec une paire d'extérieur contre son ancien camarade, qui a changé de nationalité pour la Biélorussie en 2020.

"Cette médaille d'or me rappelle tout le travail acharné, toute la sueur que j'ai perdue à l'entraînement pour cela", a déclaré Sidakov. "Je tiens à remercier tous ceux qui m'ont soutenu dans les parties les plus difficiles du travail... Cette médaille d'or signifie que j'ai le meilleur succès dans mon sport et je ne peux pas vraiment exprimer mes sentiments en ce moment."

Dans les matchs pour la médaille de bronze, le champion du monde des 79 kg Kyle DAKE (USA) a assuré qu'il ne quitterait pas ses premiers Jeux olympiques les mains vides en battant Frank CHAMIZO (ITA) 5-0 en libre 74 kg, privant l'Italien d'origine cubaine d'une seconde bronze olympique.

Dake, qui a rebondi après une défaite unilatérale en quarts de finale contre Kadzimahamedau, a mis la pression tôt et a marqué une paire d'extérieur, puis a ajouté 2 avec un contre-soulevé pour une avance de 4-0 en première période. Dans le second, il n'a jamais été menacé et a ajouté un extérieur tardif.

"J'ai pu rebondir et lutter plus comme mon ancien moi aujourd'hui", a déclaré Dake. "Quelques hoquets ici et là et vous vous battez pour les surmonter.

"Frank est une bête, donc pour que je réalise la performance que j'ai faite, je dois juste remercier tous mes partenaires d'entraînement et entraîneurs, mes parents à Hawaï, tous ceux qui m'ont fait venir ici. J'ai très bien concouru, je n'ai abandonné aucun point et je suis excité pour les championnats du monde dans quelques mois."

L'autre bronze des 74 kg est allé à Bekzod ABDURAKHMONOV (UZB), qui a offert à l'Ouzbékistan sa première médaille de lutte des Jeux avec un tombé technique de 13-2 en première période sur Daniyar KAISANOV (KAZ).

Abdurakhmonov, double médaillé mondial qui a fréquenté l'université aux États-Unis, est sorti en tirant à plein régime, marquant une mise à terre et deux verrouillages, puis une mise à terre et une exposition.

C'était beaucoup plus facile que la victoire 3-2 d'Abdkurakhmonov en finale des Jeux asiatiques de 2018 contre Kaisanov, le champion d'Asie 2019 et 2020 qui a été promu médaillé de bronze du monde 2019 après une disqualification pour dopage.

En libre 125kg, Akgul, déjà détrôné en tant que champion olympique, est reparti avec une médaille de bronze en marquant une mise à terre à chaque période d'une victoire 5-0 sur Lkhagvagerel MUNKHTUR (MGL).

Amir ZARE (IRI), champion du monde des moins de 23 ans 2019, a remporté l'autre bronze dans cette catégorie de poids, également avec une victoire 5-0, bien qu'il l'ait fait avec trois sorties et deux points d'activité contre un défensif Zhiwei DENG (CHN).

Les deux matchs pour la médaille de bronze féminine chez les 53 kg, remportés par Vanesa KALADZINSKAYA (BLR) et Bolortuya BAT OCHIR (MGL), se sont terminés en première période. Kaladzinskaya, la championne du monde 2018, a attrapé la championne du monde des 55 kg 2019 Jacarra WINCHESTER (USA) en clé au cou et a terminé le match par tombé à 2:09.

Bat Ochir a  marqué et abandonné une paire de mises au sol contre Joseph ESSOMBE TIAKO (CMR), mais la Mongole a complimenté la sienne avec une succession de verrous pour un tombé technique 14-4 à 2:37, donnant à son pays sa première médaille de lutte à Tokyo.

Sadulaev et Snyder organisent une 3e confrontation

En demi-finale, un autre chapitre s'ajoutera à la rivalité d'histoire  entre les champions olympiques de Rio Abdulrashid SADULAEV (ROC) et Kyle SNYDER (USA) après que les deux se sont qualifiés pour la finale des 97 kg en libre de manière étrangement similaire.

Sadulaev a obtenu un point d'activité et trois extérieurs en battant un défensif Reineris SALAS PEREZ (CUB) 4-0, tandis que Snyder a fait de même avec le champion d'Europe 2020 des 92 kg Suleyman KARADENIZ (TUR), sauf qu'il a eu un extérieur de plus dans une victoire 5-0. .

"Je me sens bien, j'ai hâte d'être à demain", a déclaré Snyder. "Je pense un peu à [Sadulaev], mais je suis juste prêt à lutter à nouveau, prêt à partir... J'ai mieux lutté à chaque match et demain soir, je lutterai de mon mieux."

Sadulaev n'avait que 20 ans lorsqu'il a remporté la médaille d'or des 86 kg aux Jeux Olympiques de Rio, où Snyder, 21 ans, a triomphé en 97 kg. Sadulaev est passé en 97 kg l'année suivante et leurs chemins se sont croisés pour la première fois lors de la finale des Championnats du Monde 2017 à Paris, où Snyder a remporté la médaille d'or.

Mais le vent a tourné dans le sens de Sadulaev après cela, alors qu'il a vengé la défaite l'année suivante lors de la finale à Budapest. Aux Championnats du monde 2019, un troisième affrontement n'a jamais eu lieu après que Snyder a perdu en demi-finale contre le champion olympique de Londres 2012 Sharif SHARIFOV (AZE), que Sadulaev a battu pour son deuxième titre mondial consécutif et son quatrième au classement général.

Avant les Jeux olympiques de Tokyo, Sadulaev s'est qualifié pour la finale du tournoi Ranking Series Ali Aliev en juin, mais a perdu la finale contre Magomed IBRAGIMOV (UZB) en raison d'une blessure.

Sadulaev semble être au plein de sa force à Tokyo car, commençant par une victoire 5-0 au premier tour contre Sharifov, il n'a concédé de point dans aucun de ses matchs.

C'était une très bonne journée pour l'équipe locale - bien que sans spectateurs pour les voir et les encourager - lorsque les anciens champions du monde Takuto OTOGURO (JPN) et Yui SUSAKI (JPN) ont tous deux éliminé un champion en titre mondial pour se qualifier pour leurs finales respectives.

La course d'Otoguro en finale des 65 kg en libre doit être considérée comme la plus extraordinaire, en ce sens qu'il devait battre les deux lutteurs qui l'ont battu aux Championnats du monde 2019.

Après avoir dépassé Iszmail MUSAZUKAJEV (HUN), qui l'avait battu dans le match pour la médaille de bronze à Nur-Sultan, son chemin vers la finale a été bloqué par le champion du monde Gadzhimurad RASHIDOV (ROC). Le souvenir du collage 8-1 qu'il a reçu du Russe au premier tour est depuis un facteur de motivation.

Ce fut un résultat très différent à Tokyo, alors que le champion du monde 2018 Otoguro a marqué une mise à terre en première période et un extérieur en deuxième période, puis a tenu bon malgré l'octroi de deux points de pénalité pour une victoire 3-2.

"C'est ma première finale olympique, donc je suis tellement excité pour ça", a déclaré Otoguro. "Après le report des Jeux, j'ai travaillé sur la stratégie avec mon entraîneur pour savoir comment gagner l'or ici. Et maintenant, je vais aux bases et je continue à les suivre."

En finale, Otoguro affrontera un autre visage familier de Nur-Sultan le médaillé de bronze de Rio 2016 Haji ALIEV (AZE), qui s'est qualifié avec une impressionnante victoire 12-5 sur le toujours dangereux Bajrang PUNIA (IND). Aux championnats du monde 2019, Otoguro a battu Aliev 11-9 dans un match de repêchage sauvage et très orageux.

Susaki, double championne du monde qui n'a jamais perdu contre un adversaire non japonais, tentera de réaliser son rêve d'une médaille d'or olympique lorsqu'elle affrontera la médaillée de bronze de Rio Yanan SUN (CHN) – une adversaire qu'elle a déjà battu trois fois.

Susaki a atteint la finale avec un tombé technique 11-0 de la championne du monde en titre Mariya STADNIK (AZE), qui une fois de plus n'a pas réussi à escalader un mur japonais aux Jeux Olympiques.

Susaki, qui avait battu Stadnik lors de deux rencontres précédentes dont la finale des championnats du monde 2018, a ouvert un match conservateur en deuxième période avec un roulé avant avec clé de cou à 4 points, auquel elle a ajouté une succession de verrous pour terminer la rencontre à 3:47.

"C'est un rêve devenu réalité", a déclaré Susaki. "J'ai attendu cela pendant 8 ans. J'étais le porte-drapeau [à la cérémonie d'ouverture] avec le basketteur [Rui HACHIMURA] donc c'était un immense honneur et je suis très fière de représenter le Japon. J'ai hâte d'être demain et je ferai de mon mieux."

Stadnik, 33 ans, ira maintenant chercher sa quatrième médaille olympique dans le match pour la médaille de bronze, sans qu'aucune d'entre elles ne soit en or. Elle a perdu en finale de Londres 2012 contre Hitomi OBARA (JPN) et la finale de Rio 2016 contre Eri TOSAKA (JPN).

Sun a montré qu'aucune avance n'est sûre contre elle alors qu'elle a remporté une superbe victoire de retour sur Sarah HILDEBRANDT (USA), marquant une chute latérale de 4 points à 3 secondes de la fin pour une victoire de 10-7.

"Je suis très heureuse de me qualifier pour la finale", a déclaré Sun. "C'était un match sous haute tension et ce match m'a dit que je ne devais jamais abandonner pendant un match."

Hildebrandt, médaillée d'argent mondial 2018, a dominé le match contre la triple médaillée mondiale, prenant une avance de 7-1 en première période. Mais Sun est revenue en force dans la seconde, réduisant progressivement l'écart avec un roulé avant par clé de cou et une mise à terre avant de réussir son gros coup.

"Mon adversaire est devenue trop passive parce que je savais qu'elle ne voulait plus perdre de points jusqu'à la fin du match", a déclaré Sun. "Je pensais que j'avais encore beaucoup de temps pour faire un retour. Pour être honnête, je ne pensais pas tellement au temps, j'ai juste fait de mon mieux pour rester calme et trouver ma chance de gagner."

Alors que Susaki est à 3-0 face à Sun, leur dernière rencontre était serrée, un 3-2 de Susaki lors de la Coupe du monde féminine 2019.

Jour 6 Resultats

Lutte libre

65kg
DF1 - Takuto OTOGURO (JPN) df. Gadzhimurad RASHIDOV (ROC), 3-2
DF2 - Haji ALIYEV (AZE) df. Bajrang PUNIA (IND), 12-5

74kg
GOLD - Zaurbek SIDAKOV (ROC) df. Mahamadkhabib KADZIMAHAMEDAU (BLR), 7-0

BRONZE - Kyle DAKE (USA) df. Frank CHAMIZO (ITA), 5-0
BRONZE - Bekzod ABDURAKHMONOV (UZB) df. Daniyar KAISANOV (KAZ) by TF, 13-2, 2:13

97kg
DF1 - Abdulrashid SADULAEV (ROC) df. Reineris SALAS PEREZ (CUB), 4-0
DF2 - Kyle SNYDER (USA) df. Suleyman KARADENIZ (TUR), 5-0

125kg
GOLD - Gable STEVESON (USA) df. Geno PETRIASHVILI (GEO), 10-8

BRONZE - Amir ZARE (IRI) df, Zhiwei DENG (CHN), 5-0
BRONZE - Taha AKGUL (TUR) df. Lkhagvagerel MUNKHTUR (MGL), 5-0

Lutte Féminine

50kg
DF1 - Yui SUSAKI (JPN) df. Mariya STADNIK (AZE) by TF, 11-0, 3:47
DF2 - Yunan SUN (CHN) df. Sarah HILDEBRANDT (USA), 10-7

53kg
GOLD - Mayu MUKAIDA (JPN) df. Qianyu PANG (CHN), 5-4

BRONZE - Vanesa KALADZINSKAYA (BLR) df. Jacarra WINCHESTER (USA) by Fall, 2:09 (4-0)
BRONZE - Bolortuya BAT OCHIR (MGL) df. Joseph ESSOMBE TIAKO (CMR) by TF, 14-4, 2:37