L'Hebdo !

L'Hebdo du 19 novembre !

By Eric Olanowski

En revue, les résultats du championnat du monde des U23 et du championnat d'Asie filles U15, la Coupe du Monde des Clubs de décembre prochain... ​​​​​​​

1. Bullen prend sa revanche et remporte le championnat du monde des U23
Grace BULLEN (NOR) a triomphé de la championne du monde senior 2018 Ningning RONG (CHN) dans les dernières secondes de la finale des 59kg du championnat du monde des U23 de Bucarest en Roumanie.

“Je suis si heureuse ! Les deux derniers jours ont été fantastiques pour ce que j'ai pu faire techniquement lors des combats - et pas seulement en termes de force physique,” a déclaré Bullen. “[Vaincre Rong] signifie plus que décrocher l'or. Si ma victoire contre Rong était intervenue plus tôt dans les tableaux, je ressentirais exactement la même chose en ce moment.”

Il y a deux semaines, Bullen et Rong se sont retrouvées face-à-face en demi-finale des 57kg du championnat du monde senior de Budapest en Hongrie, où Rong avait gagné par 12-2. Cette fois, Bullen a pris le dessus.

Menant 2-1 à 12 secondes de la cloche, Rong tenait la jambe de Bullen en l'air lorsque celle-ci a retourné et exposé son adversaire, récoltant 4 points et remportant la victoire 5-2 sous les acclamations de la foule.

Bullen, médaille d'or des mondiaux cadets 2014 et des Jeux Olympiques la même année et médaillée de bronze des mondiaux juniors en 2017, peut maintenant ajouter le titre mondial des U23 à sa collection.

À noter que Yudari SANCHEZ RODRIGUEZ (CUB) est devenue la première femme cubaine championne du monde de lutte toutes catégories confondues. 

Sanchez, médaillée d'argent des mondiaux juniors en 2017 et médaillée de bronze des mondiaux U23 la même année, remporte le titre des 68kg face à Miwa MORIKAWA (JPN). Morikawa est médaillée mondiale de bronze junior 2018 et médaillée mondiale d'argent cadet 2017.

La Cubaine a retenu les attaques de Morikawa pour un résultat final de 6-2.

Championne du Monde Lutte Féminine U23
50kg - Momoka KADOYA (JPN)
53kg - Miho IGARASHI (JPN)
55kg - Saki IGARASHI (JPN)
57kg - Alexandria TOWN (CAN)
59kg - Grace BULLEN (NOR)
62kg - Yukako KAWAI (JPN)
65kg - Ayana GEMPEI (JPN)
67kg - Yudari SANCHEZ RODRIGUEZ (CUB)
72kg - Buse TOSUN (TUR)
76kg - Paliha PALIHA (CHN)

Équipes       
1. Japon – 188
2. Russie – 113
3. Chine – 106
4. Ukraine – 81
5. USA – 76

2. Elsayed décroche le premier titre mondial de l'Égypte depuis 2006
Pour la première fois depuis 12 ans, toutes catégories d'âge et tous styles confondus, l'Égypte décroche un titre de champion du monde grâce à Mohamed Ibrahim ELSAYED, vainqueur de la catégorie des 67kg en lutte gréco-romaine des U23 à Bucarest en Roumanie.

Le dernier champion du monde égyptien fut Mohamed Ibrahim Abdelfattah, vainqueur de la catégorie des 84kg en lutte gréco-romaine senior en 2006.

La montée vers l'or d'Elsayed s'est faite en tête de cordée. Elsayed menait par 2-0 à la pause sur le champion du monde cadet 2012 Karim JAFAROV (AZE). L'Egyptien a ensuite accumulé les points pour une victoire par supériorité technique 8-0.

Daniel CATARAGA (MDA) est devenu le premier double champion du monde des U23 de l'histoire, après sa victoire dans la catégorie des 77kg mardi soir au championnat du monde de Bucarest en Roumanie.

Champion du monde des U23 en 2017 dans la catégorie des 71 kg, Cataraga a obtenu son second titre en 77 kg après un tournoi fermement mené. Il était en finale face au champion d'Europe des U23 2018 Rajbek Alvievich BISULTANOV (DEN).


Fraîchement élu champion du monde des U23, Zviadi PATARIDZE (GEO) tend six doigts en symbole de ses titres mondiaux : trois avec les juniors, deux avec les cadets et un U23. (Photo par Max Rose-Fyne)

Entretemps, Zviadi PATARIDZE (GEO), déjà triple champion du monde junior et double champion du monde cadet, a pu ajouter le titre mondial des U23 à sa collection.

En finale des poids lourds, Zviadi PATARIDZE (GEO) est revenu d'un déficit de cinq points sur Osman YILDIRIM (TUR) pour saisir l'or des 130 kg de son sixième championnat du monde.

Yildirim menait 5-0 à la pause avant que Pataridze ne remonte petit à petit la différence sur un point de passivité, deux caution-and-twos et une sortie de tapis.

Champions du Monde Lutte Gréco-Romaine U23
55kg - Nugzari TSURTSUMIA (GEO)
60kg - Kenichiro FUMITA (JPN)
62kg - Katsuaki ENDO (JPN)
67kg - Mohamed Ibrahim ELSAYED (EGY)
72kg - Cengiz ARSLAN (TUR)
77kg - Daniel CATARAGA (MDA)
82kg - Gela BOLKVADZE (GEO)
87kg - Semen NOVIKOV (UKR)
97kg - Aleksandr GOLOVIN (RUS)
130kg - Zviadi PATARIDZE (GEO)

Équipes (Top 5)
1. Georgia – 126
2. Russia – 101
3. Turkey – 87
4. Japan – 80
5. Azerbaijan – 71

3. Le médaillé d'argent olympique Higuchi champion du monde des U23 
Premier du doublé japonais en lutte libre U23 et médaillé d'argent aux Jeux Olympiques de Rio en 2016, Rei HIGUCHI (JPN) devient champion du monde de la catégorie des 65kg.

C'est par un amené au sol à 14 secondes de la fin de sa demi-finale contre Morteza GHIASI CHEKA (IRI) qu'Higuchi a pu rejoindre le dauphin du Yasar Dogu 2018 Ali RAHIMZADE (AZE) en finale des 65kg.

Le médaillé olympique 2016 a pris le dessus 5-4 lors de la finale. Même si Rahimzade est remonté d'un score de 4-1 pour égaliser à l'approche de la cloche, Higuchi tenait la victoire sur critères. La loge azerbaïdjanaise a demandé un challenge pour fuite de prise mais l'a perdu, permettant à Higuchi de marquer un point supplémentaire.

Le second champion japonais est Toshihiro HASEGAWA (JPN), finaliste et vainqueur de la catégorie des 57kg. Médaillé mondial de bronze en 2013, Hasegawa menait 4-0 en milieu de première période contre Kumar RAVI (IND), avant d'armer une coquille et d'obtenir le tombé en 2:08.

Champions du Monde Lutte Libre U23 
57kg - Toshihiro HASEGAWA (JPN)
61kg - Magomedrasul IDRISOV (RUS)
65kg - Rei HIGUCHI (JPN)
70kg - Taimuraz SALKAZANOV (SVK)

74kg - Avtandil KENTCHADZE (GEO)
79kg - Nika KENTCHADZE (GEO)
86kg - Kamran GHASEMPOUR (IRI)
92kg - Shamil ZUBAIROV (AZE)
97kg - Givi MATCHARASHVILI (GEO)
125kg - Said GAMIDOV (RUS)

Équipes
1. Russie – 181
2. Georgie – 108
3. Iran – 105
4. Japon – 93
5. USA – 92

4. La star montante Fujinami mène la danse de l'or du Japon au championnat d'Asie U15
Prenant l'ascendant sur sa famille - son frère est médaillé d'or mondial -, Akari FUJINAMI (JPN) s'affirme de plus en plus comme la star montante de la lutte féminine japonaise.

Fujinami, collégienne junior devenue cet été championne du monde de la catégorie des cadets, a laminé son adversaire en finale des 54kg, ouvrant la ruée vers l'or du pays hôte au championnat d'Asie U15 filles vendredi passé à Fujimi au nord de Tokyo.

Fujinami est l'une des six lutteuses japonaises montées sur la plus haute marche du podium des dix catégories de poids, avec Miu OBATA (39kg),  Yu SAKAMOTO (46kg), Moe KIYOOKA (50kg), Kanami YAMANOUCHI (58kg) et Ayano MORO (62kg). Le Japon décroche également deux médailles d'argent.

L'Inde récolte trois titres, dont une victoire dans la catégorie des 42kg par SWEETY (IND), déjà médaillée mondiale de bronze de la catégorie, ainsi que trois médailles d'argent et une de bronze. L'Ouzbékistan décroche le titre restant dans la catégorie la plus lourde, les 66kg, ainsi que quatre médailles de bronze. La journée fut douce-amère pour la Mongolie, qui a dû se contenter de quatre médaille d'argent et d'une de bronze.

Championnes du Monde Championnat d'Asie U15 Filles 
36kg - Komal KOMAL (IND)
39kg - Miu OBATA (JPN)
42kg - Sweety SWEETY (IND)
46kg - Yu SAKAMOTO (JPN) 
50kg - Moe KIYOOKA (JPN)
54kg - Akari FUJINAMI (JPN)
58kg - Kanami YAMANOUCHI (JPN)
62kg - Ayano MORO (JPN)
66kg - Rushana ABDIRASULOVA (UZB)

Équipes
1. Japon - 202
2. Indie - 181 
3. Kazakhstan -125 
4. Mongolie - 114
5. Ouzbékistan - 105

5. Téhéran accueille la Coupe du Monde des Clubs 2018 dans trois semaines
Téhéran, capitale de l'Iran, accueillera la cinquième annuelle Coupe du Monde des Clubs du 13 au 14 décembre prochain. 

L'année dernière, 16 médaillés mondiaux et olympiques avaient illuminé la compétition, où Club iranien d'Easy Pipe Kashan l'avait emporté sur les Américains de Titan Mercury 6-4, tandis que Setaregan Sari (IRI) dominait Khimori (MGL) pour la troisième place.

Résultats des Finales 2017 
57kg - Reza ATARI (Easy Pipe) df. Thomas GILMAN (TMWC), 6-4 
61kg- Vladimir KHINCHEGASHVILI (Easy Pipe) df. Alan WATERS (TMWC), 7-0
65kg- Farzad AMOUZAD KHALILI df. (Easy Pipe) Bernard FUTRELL (TMWC), 6-3
70kg- Mohammad NADERI (Easy Pipe) df. Franklin GOMEZ (TMWC), 2-2
74kg- Nazariy KULCHYTSKYY (TMWC) df. Hossein ELYASI (Easy Pipe), 5-4 
79kg- Kyle DAKE (TMWC) ST. Reza AFZALI (Easy Pipe), 12-0
86kg- David TAYLOR (TMWC) df. Alireza KARIMI (Easy Pipe), 3-1 
92kg- Hossein SHAHBAZI (Easy Pipe) df. Nickolas HEFLIN (Titan), 4-2
97kg- Kyle SNYDER (TMWC) ST. Vladislav BAITSAEV (Easy Pipe), 11-0
125kg - Geno PETRIASHVILI (Easy Pipe) df. Nick GWIAZDOWSKI (Titan), 6-5

L'Hebdo dans les Réseaux !

1. Projections et amenés au sol au championnat du monde des U23 #uww #unitedworldwrestling
2. Iran ??. Ghasempour décroche l'or ?????
طلای قاسم پور برای ایران. پرچم بالاست ?? ??
#unitedworldwrestling #uww #wrestling
3. Big Move J-6 et le combat le plus rapide ?‍♂️? // #Bucharest2018 #freestylewrestling #olympic #wrestling#bigmove #throw #takedown
4. Big Move J-4 // #Bucharest2018 #grecoromanwrestling #olympic #wrestling#bigmove #throw #takedown
5. Magnifique projection par le Grec Pilidis ! ???#unitedworldwrestling #uww #wrestling

Japon

À 56 ans d'intervalle, l'écrivain japonais Masayuki Miyazawa couvrira ses seconds Jeux Olympiques

By Ikuo Higuchi

(L'article qui suit est la version abrégée et traduite d'une histoire récemment parue sur le site de la Fédération japonaise de lutte)

Si couvrir les Jeux Olympiques peut être considéré comme un honneur dans la carrière d'un journaliste, les occasions ne sont pas si rares. Mais couvrir deux éditions des Jeux dans la même ville à 56 ans d'intervalle est une autre chose.

Écrivain de lutte, l'auteur Masayuki Miyazawa remplira ce tour de force dans moins d'une année à l'occasion des Jeux de Tokyo 2020, après avoir couvert l'édition de 1964 pour le quotidien sportif Nikkan Sports.

Depuis, Miyazawa est devenu un pilier de la scène de lutte japonaise, non seulement comme un reporter sans égal mais aussi en tant qu'éditeur, représentant officiel de la Fédération japonaise, entraîneur impromptu et non-conformiste.

"Je ne veux pas être simple spectateur, je veux faire mes reportages en scène," dit Miyazawa, depuis longtemps retraité du Nikkan Sports et qui souhaite, si sa santé le permet, être associé en tant qu'écrivain aux prochains Jeux de Tokyo. Il aura alors 90 ans.

Miyazawa est toujours conseiller pour la Fédération japonaise de lutte, sans oublier ses racines : bien qu'une place lui ait été réservée parmi les officiels de la Fédération pour la Coupe de l'Empereur, il rejoint toujours la section réservée à la presse pour s'asseoir parmi ses pairs. "Je suis un journalise, à vie," commente-t-il.

Miyazawa n'avait pas conscience que ce doublé tokyoïte lui donnait une place particulière dans l'histoire du journalisme jusqu'à ce qu'un collègue lui dise qu'il entrerait ainsi dans le Guiness Book.

Miyazawa est loué pour ses longues années de contribution envers la lutte par le Président de la Fédération japonaise de lutte (FJL) M. Tomiaki Fukuda lors de la célébration, en 2012, de la première médaille d'or olympique remportée par un lutteur (Tatsuhiro Yonemitsu) de l'Université Takushoku, là où Miyazawa fit ses études. (photo : Ikuo Higuchi)

La curiosité maladive de Miyazawa l'a amené à dévoiler quelques-uns des plus grands scoops sportifs de l'histoire du Japon.

Alors au Nikkan Sports, Miyazawa avait publié sur la retraite d'un des champions légendaires du sumo, Yokozuna Wakanohana I (l'épouse de Yokozuna avait appelé Miyazawa). Lors des Jeux d'Asie de 1962 de Jakarta en Indonésie, Miyazawa, qui avait étudié l'indonésien à l'Université Takushoku, avait obtenu un entretien exclusif avec le Président Sukarno, en pleine crise politique à ce moment.

Miyazawa officie en tant qu'arbitre, l'un de ses nombreux rôles, lors des GANEFO (Jeux des nouvelles forces émergentes) de Jakarta en 1963. Il y agit également comme juge et entraîneur de judo et journaliste (photo : avec l'aimable autorisation de Masayuki Miyazawa). 

Bien qu'il ait fait carrière principalement dans la lutte, il couvrait également d'autres sports, dont le judo, la gymnastique, le karate, le pentathlon et les Jeux Paralympiques, assez pour remplir de nombreux volumes.

Retrouver le médaillé perdu
L'une des plus grandes réussites de Miyazawa fut de retrouver un médaillé olympique japonais qui avait disparu sans laisser de trace. Miyazawa ne retrouva Katsutoshi Naito pas seulement sain et sauf au Brésil mais raconta une histoire fascinante dont peu de Japonais avaient connaissance.

L'histoire de la lutte japonaise remonte en quelque sorte à Naito, un judoka qui, dans les années 20, fit le rare et audacieux choix de traverser l'océan pour rejoindre l'Université de Penn. Il y rejoint l'équipe de lutte et, avant l'établissement de l'Association universitaire nationale d'athlétisme (NCAA), remporta le titre interuniversitaire de la côte est en 1924.

Les sentiments anti-immigrants étaient forts aux États-Unis à cette époque, et les Japonais établis aux USA n'en souffraient pas moins que les autres. Naito faisait donc profil bas, ce qui ne l'empêcha pas de trouver le succès. Un politicien japonais, espérant améliorer les relations entre les deux pays, fit en sorte que Naito puisse concourir aux Jeux Olympiques de Paris en 1924.

Katsutoshi Naito, à gauche, lutteur vedette de l'université d'État de Penn, vainqueur de la première médaille olympique de lutte pour le Japon - le bronze des Jeux de Paris en 1924. (Archives de la FJL)

Naito remporta la médaille de bronze de lutte libre, classe des 61kg, aux Jeux de Paris, la première médaille olympique du Japon en lutte et la troisième toutes disciplines confondues - après les deux médailles d'argent remportées en tennis par le Japon lors des Jeux d'Anvers de 1920.

Naito retourna au Japon après les Jeux et tenta d'introduire la lutte dans le pays. Mais il fut à l'époque impossible de faire face à l'emprise du judo, sport national du Japon. Naito, qui avait étudié l'horticulture aux États-Unis, partit alors pour le Brésil, où une large population japonaise immigrée s'était développée. Tout en établissant une entreprise d'horticulture, Naito introduisit le judo auprès de ses hôtes.

Ce n'est qu'en 1932 que la Fédération japonaise de lutte fut établie. Naito s'était effacé des mémoires et personne ne savait où il se trouvait.

Vers la fin des années 50, Miyazawa mit tous ses efforts dans la recherche de ce héros de la lutte japonaise. Par courrier postal, il obtint l'assurance que Naito vivait au Brésil. Miyazawa joua ensuite un rôle essentiel pour que Naito et son épouse assistent aux combats de lutte des Jeux de Tokyo de 1964, où il les rencontra pour la première fois.

Naito a pu éprouver de la fierté de constater comment la lutte s'était désormais implantée de façon durable au Japon et sa réussite, car le Japon obtint alors 5 médailles d'or.

C'est plus tard que Miyazawa s'attacha à la tâche de raconter l'histoire de Naito. Elle fut publiée en octobre 1987. "Je suis allé trois fois au Brésil et trois fois à l'Université de Penn," se souvient-il. Il fut accueilli aux USA par Hachiro Oishi, entraîneur de longue date de Nittany Lions.

En 1985, Miyazawa accompagne Tomiaki Fukuda, l'actuel président de la FJL, et Kazuko Oshima, la première lutteuse japonaise, pour faire un compte-rendu de la participation d'Oshima au premier tournoi international de lutte féminine de l'histoire, organisé à Clermond-Ferrand. Miyazawa a prolongé son séjour pour visiter les sites des JO de 1924 et se rapprocher de la route suivie par Naito à l'époque. Miyazawa est devenu incollable sur la vie de Naito : "Le 14 juillet, c'est là que Naito a remporté sa médaille de bronze."

Miyazawa, au milieu, pose au Brésil en 1990 avec Katsuhiro Naito, à gauche, le fils aîné de Katsutoshi Naito, et Tatsuo Oishi, le grand frère de l'entraîneur Hachiro Oishi, habitant São Paulo. Sur le mur, le diplôme reçu par Katsutoshi Naito pour sa médaille de bronze des JO de Paris en 1924. (photo avec l'aimable autorisation de Masayuki Miyazawa)

Pour la postérité
Pendant plus d'un quart de siècle, des JO de Tokyo en 1964 à mars 1990, Miyazawa fut l'éditeur du mensuel de la Fédération japonaise de lutte, tout d'abord appelé Lutte amateur du Japon, puis Mensuel de lutte et maintenant Lutte olympique. En 1964, la lutte n'était qu'un sport amateur strictement dépendant de l'aide financière du gouvernement et les moyens étaient limités. Miyazawa travaillait donc pro bono, en addition à son travail à temps plein.

Un président de la FJL insistait pour que la presse couvre tout, même les mauvaises nouvelles. La plupart des membres de la fédération considéraient cependant les relations avec les médias comme frivoles. "Dépenser de l'énergie en relations publiques n'amène pas de médaille d'or" constituait le refrain quotidien.

"Je ne me souviens pas avoir reçu quelque compensation que ce soit pour écrire, éditer, me déplacer ou tout autre dépense," dit Miyazawa, qui trouva également le temps d'être le directeur de l'équipe de lutte de son université pendant 10 ans, après que celle-ci fut reléguée en troisième division régionale. En 2012 Tatsuhiro Yonemitsu (lutte libre 66kg) devint le premier lutteur de l'université Takushoku médaillé d'or olympique.

Lors des débuts du magazine, il n'y avait ni fax ni email, et Miyazawa devait rencontrer l'imprimeur à la gare Shinjuku de Tokyo entre deux articles pour le Nikkan Sports. L'imprimeur lui rendait ensuite la première épreuve pour corrections. Les résultats des tournois étaient donc publiés avec trois ou quatre mois de retard.

Pourquoi insister ? Selon Miyazawa, il s'agissait de remplir la mission du journaliste : préserver l'histoire exacte d'une discipline qu'il vénérait pour les générations futures.

Un officiel de la fédération dit un jour à Miyazawa, "Si quelqu'un cherche des résultats, il n'a qu'à venir au bureau. Ne devrais-tu pas inclure plus d'histoires ?" La réponse était non pour Miyazawa. Il demeurait plus important de conserver les résultats pour la postérité. Ses soutiens, dont un officiel de la fédération, remarquait que s'il serait facile pour quelqu'un habitant Tokyo de passer au bureau, ce serait impossible pour les autres. "Beaucoup sont intéressés par les résultats. Voir les noms imprimés, parfois le sien, reste très motivant."

D'autres le loueront plus tard, en disant que les détails et résultats compilés par Miyazawa sont infiniment utiles pour établir des récompenses et avoir une vue d'ensemble.

Miyazawa a aussi révolutionné la terminologie de la lutte au Japon. Une "période" était un "tour" et des références telles que "poids mouche" remplaçaient le classement en kilogrammes. Il semble que cette terminologie de boxe était due aux journalistes couvrant les sports de contact. Miyazawa se détermina à aligner le Japon sur le reste du monde après avoir assisté à un tournoi international. "Lorsque j'ai mentionné les poids mouches, un lutteur européen n'avait aucune idée de quoi je parlais."

Comme la lutte fut importée des États-Unis, Miyazawa se demanda si là-bas des termes de boxe étaient aussi utilisés. L'entraîneur de l'Université Kokushikan et contributeur du site de la FJL William May, lutteur universitaire dans le Minnesota, lui répondit que non. Miyazawa, sans consulter personne, utilisa immédiatement la nouvelle terminologie. Personne n'eut à s'en plaindre.

Miyazawa pose avec la première lutteuse japonaise Kazuko Oshima, troisième à partir de la droite, après un combat de démonstration de lutte féminine à l'occasion de la Coupe des supers champions à Tokyo en 1985. (photo avec l'aimable autorisation de Masayuki Miyazawa)​

Toujours en course
Miyazawa a également soumis sa candidature pour être un porteur de la flamme olympique l'année prochaine. Il sait que s'il est sélectionné, il sera lui-même - cette fois - sujet d'attention médiatique.

Sa santé actuelle est cependant un plus grand sujet d'inquiétude. Opéré pour des calculs biliaires, on lui a découvert un cancer de la prostate, heureusement bénin. Selon son docteur, des injections d'hormones lui garantissent encore de 5 à 10 ans de vie, suffisamment pour assister aux JO de Tokyo.

Sa condition s'est récemment stabilisée. La vie d'un reporter était tout sauf saine. Horaires irréguliers, travail nocturne et célébrations entre collègues jusqu'au petit matin constituaient la norme, comme fumer en tapant à la machine. Même si Miyazawa n'a jamais été fumeur, il n'avait pas de temps à consacrer à l'exercice physique et ne donnait pas un sou de son régime.

À 62 ans, cinq années après la retraite et travaillant contractuellement pour Nikkan Sports, il a payé de sa poche pour assister aux JO de Barcelone en 1992. Voyant une photo de lui-même, il fut choqué de voir combien il avait grossi. On lui diagnostiqua à son retour au Japon le diabète.

Grâce aux médicaments, un régime sain et des exercices physiques, sa condition s'améliora rapidement. Une marche en piscine quotidienne le fit redescendre de 74 à 57kg, son poids de lutteur universitaire.

Miyazawa a couru deux tours de 400 mètres l'année passée lors d'un événement organisé par l'équipe nationale de lutte féminine, et terminé bon dernier ; mais les 200 mètres demandés pour la flamme olympique restent largement dans ses cordes.

Un autre obstacle pourrait être son accréditation. Obtenir une carte de presse en 64 était simple et il put alors écrire sur ce qu'il souhaitait. Le CIO a aujourd'hui rendu le processus bien plus sélectif.

Un ami de Miyazawa lui a proposé autre chose : "Après la double couverture des JO de Tokyo, pourquoi ne pas aller à Paris en 2024 et marquer les 100 ans de la victoire de la médaille de Naito ?"

"Mon docteur m'a donné 10 ans," a répliqué Miyazawa. "Je compte y être."