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La lutte féminine au coeur des championnats panaméricains

By Taylor GREGORIO

BUENOS AIRES, Argentine (26 avril) -- Du 3 au 6 mai, des centaines de lutteurs se rendront à Buenos Aires en Argentine pour déterminer qui sont les meilleurs lutteurs de l'hémisphère occidental aux championnats panaméricains 2023.

Les quatre lutteurs les mieux classés seront têtes de séries du tournoi. Les classements ont été déterminés sur les performances aux championnats du monde 2022 et aux deux épreuves de Ranking Series de cette année. Ce tournoi servira également de critère de sélection pour les championnats du monde 2023 en Serbie.

Toutes les actions à Buenos Aires peuvent être suivies en direct sur uww.org ou sur l'app. UWW.

Yaynelis SANZ VERDECIA (CUB)Yaynelis SANZ VERDECIA (CUB) a remporté le titre de champion des Jeux panaméricains de 2021. (Photo: UWW / Osvaldo Aguliar)

Cinq championnes en titre panaméricaines 2022

Cinq championnes panaméricaines en titre, représentant trois pays, tenteront de réitérer leurs performances de médaille d'or de 2022. Venant des USA, Sarah HILDEBRANDT (USA) en 50kg, sept fois championne panaméricaine, Dominique PARRISH (USA) en 53kg et Forrest MOLINARI (USA) en 68kg. Molinari a remporté l'or en 2022 en 65kg.

Les deux autres championnes en titre sont Yaynelis SANZ VERDECIA (CUB) en 57kg et Ana GODINEZ (CAN) en 62kg. Sanz a été championne des Jeux panaméricains de 2021 et Godinez vient avec une médaille d'or des mondiaux U23 de 2021.

Helen MAROULIS (USA)Helen MAROULIS (USA) revient à la compétition Pan-Am competition pour la première fois depuis 2012. (Photo: UWW / Kadir Caliskan)

11 médaillées mondiales en lisse

La compétition féminine des Pan Am est riche en talents, comprenant 11 athlètes qui ont remporté 24 médailles olympiques et mondiales.

Faisant sa première apparition aux Pan Am depuis 2012, Helen MAROULIS (USA) détient une médaille d'or olympique de 2016, une médaille de bronze olympique de 2021, trois titres mondiaux et et trois autres médailles mondiales.

Elle est rejointe par les médaillées américaines Hildebrandt, Parrish, Molinari, Jacarra WINCHESTER (USA), Kayla MIRACLE (USA), Mallory VELTE (USA) et Amit ELOR (USA). Parmi les autres championnes du monde figure Winchester, qui a gagné en 55kg en 2019, Parrish qui a remporté la couronne en 53kg en 2022 et Elor qui s'est faite remarquer lors de son parcours en championnat en 2022 en 72kg.

Hildebrandt apporte une médaille de bronze olympique de 2021l, deux médailles d'argent mondiales et une bronze. Miracle, olympienne de Tokyo, a remporté deux médailles d'argent mondiales consécutives en 2021 et 2022 en 62kg, tandis que Velte possède deux médailles de bronze de 2018 et 2022. Molinari ajoute sa médaille de bronze de 2021 bronze à la compétition.

Le Canada compte trois médaillées mondiales ce week-end, les médaillées de bronze Samantha STEWART (CAN) en 53kg et Diana WEICKER (CAN) en 55kg et la championne du monde de 2018 Justina DI STASIO (CAN) en 76kg, qui a également remporté le bronze en 2017.

Justina DI STASIO (CAN)Justina DI STASIO (CAN) a été championne du monde 20218 en 72kg. (Photo: UWW / Kostadin Andonov)

La catégorie de poids à regarder : 76kg

La catégorie des 76kg ne manque pas d'intérêt. Quatre athlètes apportent des médailles d'or mondiales et d'autres récompenses significatives de différents groupes d'âge.

La canadienne Di Stasio mène le peloton son titre mondial 2018 en 72kg ainsi que sa médaille de bronze de 2017 en 75kg. La semaine prochaine, elle tentera de remporter son sixième titre panaméricain.

Milayhis MARIN POTRILLE (CUB) est en quête de son premier championnat continental au niveau senior. Elle a un CV chargé avec des médailles d'or mondiales U20 et U23 de 2019, un titre des Jeux panaméricains U20 de 2021 et une médaille d'or des Jeux Olympiques de la Jeunesse de 2018.

Tatiana RENTERIA (COL) a également un titre mondial U23 à son actif, obtenu en 2022. Juste un an plus tôt, elle a participé à ses premiers championnats du monde de sa carrière, également en U23, où elle a remporté l'argent. La semaine prochaine marquera sa troisième participation aux championnats panaméricains senior.

Kennedy BLADES (USA), championne du monde U20 de 2021 complète ce groupe de lutteuses impressionnantes. C'est sa première saison en 76kg, et elle montre déjà qu'elle est une force en remportant l'Ibrahim Moustafa, une épreuve de Ranking Series UWW.

Yanet SOVERO (PER)Yanet SOVERO (PER) participera à son 17ème évènement panaméricain. (Photo: UWW / Tony Rotundo)

Sovero participe à son 17ème évènement panaméricain senior

A 40 ans, Yanet SOVERO (PER) est inscrite à 17ème compétition panaméricaine senior. Son premier tournoi continental était en 2002, où elle a remporté la médaille d'argent. Durant sa carrière panaméricaine, Sovero a été championne en 2020, six fois finaliste et neuf fois médaillée. Son palmarès se compose d'une médaille d'or, cinq d'argent et quatre de bronze. Elle a également participé à quatre championnats du monde et aux Jeux Olympiques de 2016.

Mariage, enfant et diplôme de médecine sur la route des JO de Jane Valencias (MEX)

By Eric Olanowski

CORSIER-SUR-VEVEY, Switzerland (April 7) – Il aura fallu dix ans, trois pays, un mariage, un enfant et un diplôme de médecine à Jane VALENCIAS pour que le Mexique obtienne sa première qualification olympique en lutte féminine. 

“Ma mère m'a appris que si je travaillais dur, j'arriverai là où je le voudrais," raconte Jane.  “En regardant maintenant mes réussites, je crois qu'elle avait raison.”

Ce qu'elle voulait fut toujours clair : mère, médecin et lutteuse olympique. Mais l'obtenir exigea patience et sacrifice. 

"J'ai commencé mes études en 2009 et les ai terminées en 2019. Il faut normalement six ans du début à la fin, mais il m'a fallu 10 ans parce que je les ai arrêtées deux fois pour lutter."

Jane Valencia a obtenu son diplôme de l'université Guadalajara Lamar au printemps 2019.

Aujourd'hui la combative “Drsse Valencia”, 57kg, cherche à obtenir sa licence pour lutter au Mexique et aux Etats-Unis. Son mari, le vice-champion olympique 2012 Jaime ESPINAL (PUR), est portoricain et obtenir pour Jane sa licence aux USA lui permettrait de lutter au Mexique, aux Etats-Unis et à Porto-Rico, un territoire américain. “Cela me prendra du temps. La procédure durera un an, un an et demi," dit-elle. "Mais après les Jeux, j'espère avoir assez d'argent pour payer la paperasserie et le test pour passer ma licence."  

Après son diplôme, Jane a déménagé du Mexique aux Etats-Unis pour rejoindre son mari et s'entraîner au club de lutte de Nittany Lion sous la tutelle des champions olympiques Cael SANDERSON (USA) et Jake VARNER (USA). Un tout petit peu plus d'un an après être remontée sur les tapis, elle est devenue la première lutteuse mexicaine de l'histoire à atteindre les Jeux Olympiques, grâce à une victoire en 57kg au tournoi panaméricain de qualification olympique d'Ottawa.

Jane VALENCIA'S (MEX) avec sa fille Joy au sommet du podium du tournoi panaméricain de qualification olympique. (Photo : Tony Rotundo)

Après avoir échoué d'un combat pour se qualifier aux Jeux de Rio en 2016, Valencia a fait une pause de trois ans avant de réaliser qu'elle avait quelque chose à se prouver. Au milieu de cette retraite, jalonnée d'expériences marquantes telles que se marier, donner naissance à un enfant et passer son diplôme de médecin, Valencia a pu observer les réussites de Natalia VOROBEVA (RUS) et Sofia Mattsson (SWE) après leurs accouchements.

"J'ai pris Vorobeva et Mattsson comme exemple. Elles ont fait leur retour après avoir eu un enfant et étaient très bonnes. Cela m'a montré que je pouvais être maman et toujours bonne en lutte."

"Je sais que c'est fou, mais quelque chose à l'intérieur de moi me disait que j'avais besoin de revenir. Je révais toutes les nuits de remonter sur le tapis. Vous savez, quand vous luttez, vous n'arrêter jamais vraiment. C'est une part de votre vie."

Valencia, qui a donné naissance à sa fille Joy le 31 mai 2017, est remontée sur le tapis pour la première fois en février 2019 à l'occasion du Cerro Pelado. Elle fut vaincue en finale par Amanda HERNANDEZ (CUB) et dut se contenter de la médaille d'argent. Sa deuxième apparition prit place une année plus tard à Ottawa, au Canada, pour le tournoi panaméricain de qualification olympique, où elle devait atteindre les finales pour composter son ticket pour les JO.

Quelques jours avant cette compétition, elle déclarait : "Tout le monde veut gagner le qualificatif. Je savais que [la championne olympique, ndlr] Helen [Maroulis, ndlr] serait là, alors je me suis entraînée en préparant mon mental pour lutter les meilleurs combat de ma carrière." 

A Ottawa, Valencia a ouvert les feux par deux victoires décisives sur Betzabeth SARCO COLMENAREZ (VEN) et Nes RODRIGUEZ TIRADO (PUR) -- pour atteindre un combat quitte ou double pour la qualification olympique face à la championne du monde en titre canadienne Linda MORIAS (CAN).

La scène était montée et l'enjeu simple : vaincre Morias et aller aux JO ou perdre et rentrer comme en 2016, sans place olympique.

Rejoignant les demi-finales, Jane se disait : "Aie foi en toi-même, ta préparation et lutte. Amuse-toi."  

Lors de ce combat, Jane barra une précoce tentative de double ramassement de jambe de la part de Morais, contre-attaquant en projection en prise de bras par la droite et amené au sol, prenant la tête 4-0. "Je l'avais vue lutter avant, alors je savais parfaitement ce qu'elle tenterait de faire."  

En fin de partie, c'est un ramassement de jambe intérieur que stoppa Jane avant de projeter Morais au sol à nouveau. Mais cette fois, ce fut pour un infliger un tombé à la championne du monde. "A ce moment, je ne pensais pas à ce qui allait advenir. J'ai seulement réagi : je me suis relaxée, et mon corps a réagit."

Grâce à cette victoire sur Morais, Jane Valencia est devenue la première Mexicaine de l'histoire qualifiée pour les Jeux Olympiques.

Elle espère ainsi montrer aux jeunes Mexicaines qu'elles ont un modèle à suivre. "Je n'avais pas de modèle, alors j'ai fabriqué mon propre exemple," dit-elle.

"Maintenant, c'est une chance énorme. Avant, les jeunes filles avaient au Mexique un rêve olympique, mais elles n'avaient pas d'exemple. Elles n'avaient personne à suivre. Maintenant qu'elles ont vu quelqu'un atteindre cet objectif, elle peuvent se dire 'Moi aussi je peux me qualifier'."

Jane continue sa préparation pour les Jeux tout en s'entraînant au Nittany Lion. Elle aspire à devenir médaillée olympique mais dit que remporter une médaille olympique ne la définirait pas en tant que lutteuse, femme ou mère. "Gagner une médaille olympique est mon objectif pour l'instant. Mais nous valons plus qu'une médaille et une médaille ne change pas votre vie. Une médaille n'est pas suffisante pour faire de vous une bonne personne."

Dans un message à destination de la communauté de la lutte, elle déclare :“Ces moments où nous sommes à la maison, ignorant de ce que le futur nous réserve, je vous demande d'être patients et d'avoir la foi. Ayez la foi que ceci arrivera, que nous remonterons sur les tapis pour faire ce qui nous passionne. Gardez votre esprit occupé avec les petites choses du quotidien et vivons un jour à la fois. Restez positifs, en bonne santé et, par-dessus tout, concentrez-vous sur l'objectif qui nous attend.”