Séries de classement

Classement mondial de lutte féminine : neuf championnes du monde toujours en tête

By Eric Olanowski

CORSIER-SUR-VEVEY, Suisse (le 6 mai) -- United World Wrestling a publié les derniers classements mondiaux de lutte féminine après la conclusion des cinq championnats continentaux. Neuf médaillées d'or des mondiaux de Budapest 2018 maintiennent leur position au sommet du classement. L'Asie a quatre lutteuses classées No.1, l'Europe et les Amériques trois chacune.

Trois des quatre lutteuses asiatiques classées No.1 sont japonaises : Yui SUSAKI (JPN) (50kg), Mayu MUKAIDA (JPN) (55kg) et Risako KAWAI (JPN) (59kg). La quatrième est la Chinoise RONG Ningning (CHN) en 57kg. 

Les trois lutteuses européennes au sommet du classement sont Taybe YUSEIN (BUL) (62kg), Petra Maarit OLLI (FIN) (65kg) et Alla CHERKASOVA (UKR) (68kg).

Sarah HILDEBRANDT (USA) (86 points), Justina DI STASIO (CAN) (72kg) et Adeline GRAY (USA) (76kg) complètent le classement des meilleures lutteuses du moment. 

La seule lutteuse classée première mais non championne du monde en titre est l'Américaine Sarah Hildebrandt, avec 86 points. Elle a débuté la saison avec 40 points au compteur suite à sa médaille d'argent des mondiaux de Budapest, a ajouté 20 points grâce à son titre panaméricain, 14 pour celui du Yariguin, et 12 pour une troisième place au Dan Kolov.

La première place de Susaki en 50kg sur la sellette 
La double championne du monde en titre japonaise Yui Susaki est au sommet du classement des 50kg avec 60 points - mais sa place en tête de série du championnat du monde de Nur Sultan est sur la sellette. Susaki a dû se retirer du championnat du Japon en décembre dernier après avoir disloqué son coude lors du camp d'entraînement de l'équipe nationale en novembre. Elle n'a, en conséquence, pas participé au championnat d'Asie.

Sa remplaçante désignée fut Yuki IRIE. Irie a remporté le championnat d'Asie de Xi’an en Chine, soit 20 points de série qui lui donnent la douzième place au classement mondial. 

Pour que Susaki reprenne sa place avant le championnat du monde de Nur Sultan et défende son titre, il lui faudra remporter la Coupe Meiji ce printemps puis vaincre la vainqueure de la Coupe de l'Empereur en éliminatoire.

Imaginons qu'Irie, ou toute autre lutteuse japonaise, empêche Susaki d'être sélectionnée en équipe des mondiaux, l'Ukrainienne et classée deuxième Oksana LIVACH (45 points) passera en tête de série No.1 pour le championnat du monde. Livach, médaillée mondiale de bronze en 2018, a à son actif un titre européen (victoire 6-4 sur la Bulgare Miglena SELISHKA) et a ajouté 20 points de série à ses 25 précédents.

Si la Chinoise et médaillée olympique de bronze SUN Yanan (43 points) a concédé la défaite face à Irie en finale du championnat d'Asie,  elle a tout de même collecté 18 points, suffisamment pour être classée troisième. L'Azerbaïdjanaise huit fois championne du monde et médaillée olympique Mariya STADNIK (40 points) est quatrième des 50kg avec 40 points. 

De Biélorussie, Kseniya STANKEVICH (34 points) bénéficiera d'un échec de Susaki. Cinquième actuellement, elle passerait quatrième tête de série à Nur Sultan. 

Demi-finales potentielles, 50kg 
Demi-Finale – No. 1 Yui SUSAKI (JPN) vs. No. 4 Mariya STADNIK (AZE)
Demi-Finale – No. 2 Oksana LIVACH (UKR) vs. No. 3 Yanan SUN (CHN) 

Hildebrandt seule No.1 non championne du monde
L'Américaine Sarah Hildebrandt (86 points) tient un avantage de 26 point sur la championne du monde en titre Haruna OKUNO (60 points) et occupe la première place de la catégorie des 53kg. 

Hildebrandt, dont la médaille d'argent des mondiaux de Budapest vaut 40 points, est montée sur le podium des deux premiers événements de série de classement, récoltant 20 points pour son titre aux Panaméricains, 14 pour celui du Yariguin et 12 points pour sa troisième place au Dan Kolov.

La championne du monde Haruna Okuno est classée seconde de la catégorie. Okuno a perdu sa place, au moins pour les continentaux, face à la championne du monde en titre des 55kg Mayu MUKAIDA. 

Médaillées de bronze à Budapest, PANG Qianyu (CHN) (55 points) et Diana WEICKER (CAN) (41 points) sont trois et quatrième du classement de ce mois. Si Mukaida tient la place du Japon des 53kg et sort Okuno, Pang et Weicker monteront chacune d'un cran et l'Équatorienne Luisa VALVERDE MELENDRES (36 points) passera quatrième tête de série. 

Demi-finales potentielles, 53kg
Demi-Finale – No. 1  Sarah Ann HILDEBRANDT vs. No. 4 Diana WEICKER (CAN) 
Demi-Finale – No. 2 Haruna OKUNO (JPN) No. 3 PANG Qianyu (CHN) 

Sidakova passe en première place si Mukaida change définitivement de catégorie
Bien qu'elle soit classée No.1 des 55kg, la championne du monde en titre Mayu Mukaida a rejoint les 53kg et laissera sa place à la dauphine biélorusse des mondiaux Zalina SIDAKOVA (60 points). 

Marina SEDNEVA (KAZ) et Myong Suk JONG (PRK) sont les deux autres lutteuses dans le top 4 des 55kg. Sedneva, troisième avec 28 points, a fini troisième du championnat d'Asie et était en finale du Dan Kolov.

Jong, classée quatrième avec 25 points et médaillée de bronze des mondiaux, a également changé de catégorie depuis les mondiaux. Jong était montée en 57kg au championnat d'Asie, battant la quadruple championne olympique Kaori ICHO (JPN) avant de faillir en finale.

Avec le départ de Mukaida, Jong et deux autres lutteuses de la catégorie - la  médaillée européenne de bronze Bediha GUN (TUR) (22 points) et la Chinoise XIE Mengyu (20 points), classées six et neuvième respectivement, seront dans le top 4 de Nur Sultan.

Demi-finales potentielles, 55kg 
Demi-Finale – No. 1 Mayu MUKAIDA (JPN) vs. No. 4 Myong Suk JONG (PRK) 
Demi-Finale – No. 2 Zalina SIDAKOVA (BLR)  vs. No. 3 Marina SEDNEVA (KAZ) 

Rong l'une des deux lutteuses avec presque 100 points de série
La championne du monde chinoise 2018 Rong Ningning mène ce qui est sans doute la catégorie la plus disputée du monde, celle des 57kg. Avec 96 points chacune, Rong et la championne du monde des 62kg Taybe Yusein sont les athlètes ayant le plus de points de série de classement tous styles confondus.  

La championne d'Europe et médaillée mondiale d'argent bulgare Bilyana DUDOVA est classée deuxième des 57kg avec 62 points. Dudova, championne d'Europe dans la catégorie des 59kg, est la seule lutteuse capable de disputer la première place à Rong. Elle aura besoin, pour cela, de remporter le Sassari et le Yasar Dogu, si Rong fait l'impasse sur les deux compétitions. 

La norvégienne Grace BULLEN, championne du monde des U23 et 5me des mondiaux de Budapest, est classée troisième avec 58 points. Bullen, décevante en 7me place du championnat d'Europe, a pris la deuxième place du Dan Kolov et du Yariguin. Ces deux podiums lors des premiers événements de série de classement de l'année lui rapportent 26 points combinés.

Odunayo ADEKUOROYE (NRG) (46 points), quintuple championne d'Afrique et médaillée de bronze du Dan Kolov, occupe la quatrième place du classement. 

Demi-finales potentielles, 57kg 
Demi-Finale – No. 1 RONG Ningning (CHN) vs. No. 4 Odunayo ADEKUOROYE (NGR) 
Demi-Finale – No. 2 Bilyana DUDOVA (BUL) vs. No. 3 Grace BULLEN (NOR) 

Kawai descend en 57kg, Yesilirmak passe en tête des 59kg
La championne du monde en titre et classée No.1 de la catégorie des 59kg Risako Kawai est passée en 57kg avec l'espoir de défendre son titre olympique de Rio mais a, dans le processus, laissé sa place à la quadruple championne olympique Kaori Icho. Il n'est pas sûr que Kawai remonte en 59kg pour les mondiaux 2019 ; en ce cas elle se retrouvera tête de série No.1 grâce à ses 60 points de série.

Si Kawai reste en 57kg, la Turque Elif YESILIRMAK (56 points) rejoindra le haut du tableau et la compatriote de Kawai Yuzuka INAGAKI rejoindra également le top 4. 

Yesilirmak, 50 points au compteur et dauphine des mondiaux l'année passée en 59kg, vient de sortir troisième du championnat d'Europe derrière la Russe Svetlana LIPATOVA (RUS), classée troisième mondiale à tout juste six points de la lutteuse turque.

L'Indienne Sarita SARITA (30 points) est classée 5me des 59kg et passera tête de série No.4 pour le championnat du monde. En effet, deux Japonaises sont actuellement classées dans le top 4 alors que la participation au championnat du monde est limitée à un seul athlète par pays. Kawai, No.1, ou Inagaki, No.4, devra faire l'impasse et Sarita se retrouvera tête de série No.4. 

Demi-finales potentielles, 59kg 
Demi-Finale – No. 1 Risako KAWAI (JPN) vs. No. 5 Sarita SARITA (IND) 
Demi-Finale – No. 2 Elif YESILIRMAK (TUR) vs. No. 3 Svetlana LIPATOVA (RUS) 

Yusein championne d'europe pour la deuxième fois d'affilée et tête de série No.1 en 62kg
La championne du monde en titre bulgare des 62kg Taybe Yusein, qui détient 96 points de série, s'est assuré la tête de série No.1 des mondiaux grâce à une avance de 38 points sur sa concurrente la plus proche Yukako KAWAI (JPN) (58 points). Comme mentionné plus haut, Yusein et Rong Ningning, à égalité avec 96 points chacune, sont les athlètes avec le plus de points récoltés toutes catégories confondues.

Mallory VELTE (USA) et Yuliia TKACH OSTAPCHUK (UKR), sorties toutes deux troisièmes des mondiaux de Budapest, ont chacune 43 points, mais l'absence de Tkach Ostapchuk au championnat d'Europe et la participation de Velte au championnat panaméricain donne à l'Américaine la 3me place (Plus grand nombre de participation à des événements de série de classement*)

Demi-finales potentielles, 62kg 
Demi-Finale – No. 1 Taybe YUSEIN (BUL) vs. No. 4 Yuliia TKACH OSTAPCHUK (UKR)
Demi-Finale – No. 2 Yukako KAWAI (JPN) vs. No. 3 Mallory VELTE (USA) 

Olli sécurise sa première place en 65kg 
La première championne du monde de l'histoire de la Finlande, Petra Olli (88 points), a plus de deux fois le nombre de points de Mariia KUZNETSOVA (RUS ) (41 points), classée deuxième, et s'est assuré la tête de série No.1 des mondiaux. 

Danielle LAPPAGE (CAN) et Forrest Ann MOLINARI (USA) ont chacune 40 points de série, mais la Canadienne est classée troisième grâce à sa deuxième place aux derniers mondiaux (Classement des derniers championnats du monde senior ou des JO).

Demi-finales potentielles, 65kg 
Demi-Finale – No. 1 Petra Maarit OLLI (FIN) vs. No. 4 Forrest MOLINARI (USA) 
Demi-Finale – No. 2 Mariia KUZNETSOVA (RUS) vs. No. 4 Danielle LAPPAGE (CAN) 

Cherkasova poursuivie par Mensah en 68kg
Bien qu'elle ait au moins scellé la place de deuxième tête de série pour les mondiaux, la classée No.1 Alla Cherkasova n'est toujours pas sûre de pouvoir accéder à la première tête de série de la compétition. Tamyra MENSAH (USA), avec ses 59 points de série, peut encore rattrapper l'Ukrainienne championne du monde si elle remporte les deux prochains et derniers événements de série de classement et que Cherkasova fait l'impasse sur les deux compétitions. Cela donnerait 95 points à l'Américaine, trois de plus que l'Ukrainienne.

La Mongole SORONZONBOLD Battsetseg (44 points) et la Chinoise Feng ZHOU (41 points) sont trois et quatrième de la catégorie de poids des 68kg. 

Demi-finales potentielles, 68kg 
Demi-Finale – No. 1 Alla CHERKASOVA (UKR) vs. No. 4 ZHOU Feng (CHN)
Demi-Finale – No. 2 Tamyra MENSAH (USA) vs. No. 3 SORONZONBOLD Battsetseg 

Di Stasio fait son retour après une opération à la cheville
Canadienne, la championne du monde Justina Di Stasio n'a pas concouru depuis sa médaille d'or de Budapest, mais reste la lutteuse la mieux classée du monde en 69kg. Di Stasio est supposée faire son retour sur les tapis les semaines qui viennent - après avoir subi une opération à la cheville pour un os ébréché. Si elle reste dans la catégorie (non-olympique) des 72kg, elle sera tête de série No.1 au championnat du monde. 

La médaillée mondiale de bronze Buse TOSUN (TUR) (49 points) est bien passée devant la Mongole OCHIRBAT Nasanburmaa (48 points) pour la deuxième place mais n'a qu'un seul point d'avance sur la médaillée d'argent des mondiaux de Budapest.

Quatrième des 72kg, la championne d'Afrique égyptienne Samar HAMZA, avec 43 points au compteur.

Demi-finales potentielles,72kg 
Demi-Finale – No. 1 Justina DI STASIO (CAN) vs. No. 4 Samar HAMZA (EGY) 
Demi-Finale – No. 2 Buse TOSUN (TUR) vs. No. 3 OCHIRBAT Nasanburmaa (MGL) 

Gray mène Adar de deux points 
L'Américaine Adeline Gray (78 points) se maintient au sommet d'une catégorie inondée de talents, celle des 76kg. Gray a deux points d'avance sur la lutteuse qu'elle a vaincue pour obtenir son quatrième titre mondial à Budapest, Yasemin ADAR (TUR) (76 points). 

Gray et Adar ont toutes les deux remporté leur championnat continental. 

Gray a gagné le championnat panaméricain de Buenos Aires en Argentine par tombé sur la No.15 Genesis REASCO VALDEZ (ECU). Son titre continental lui garantit au moins la tête de série No.4 des 76kg pour les mondiaux.

Adar, championne du monde en 2017, décroche le titre européen face à la No.14 Martina KUENZ (AUT) par 6-2. C'est le quatrième titre européen consécutif d'Adar.

Classée troisième, Hiroe MINAGAWA SUZUKI (JPN) avait 25 points grâce à sa médaille mondiale de bronze. Elle a pu y ajouter 16 points d'une seconde place au championnat d'Asie et 16 autres de la médaille d'or du Yariguin, pour un total de 57 points.

Médaillée européenne de bronze, Aline FOCKEN (GER) est classée quatrième avec 56 points.

Demi-finales potentielles, 76kg 
Demi-Finale – No. 1 Adeline Maria GRAY (USA) No. 4 Aline FOCKEN (GER) 
Demi-Finale – No. 2 Yasemin ADAR (TUR) vs. No. 3 Hiroe MINAGAWA SUZUKI (JPN) 

Irie et Icho comptent sur leurs victoires à la Coupe Meiji pour se rapprocher des JO de Tokyo

By Ken Marantz

TOKYO--- Au mois d'avril, le premier désir de Yuki IRIE lorsqu'elle a remporté la médaille d'or des 50kg du championnat d'Asie de Xi'an, en Chine, fut de rentrer au Japon pour reprendre l'entraînement le plus vite possible pour la Coupe Meiji.

Le championnat pouvait être pris comme un amuse-gueule en vue du banquet - les JO de Tokyo 2020 - et la prochaine étape pour y acquérir une place s'approchait à grande vitesse. Et quand celle-ci implique de possibles remakes avec la double championne du monde Yui SUSAKI ou la championne olympique de Rio 2016 Eri TOSAKA, il n'y a pas une seconde à perdre.

Dès ce jeudi, plusieurs championnes du monde et championnes olympiques peuvent se retrouver sur la route des meilleures lutteuses japonaises - concentrées dans les classes de poids olympiques - lors de la Meiji à la salle Komazawa de Tokyo.

En combination avec le championnat du Japon (la Coupe de l'Empereur) tenu en décembre 2018, les deux compétitions servent de qualificatif pour le championnat du monde de Noursultan de septembre prochain. Une double victoire dans une catégorie de poids donne automatiquement à l'athlète une place dans l'équipe des mondiaux ; en cas de vainqueurs différents aux deux compétitions, ceux-ci se rencontreront en éliminatoire le 6 juillet prochain.

Rentrer dans l'équipe nationale des mondiaux a plus d'une conséquence cette année, puisque la Fédération japonaise a décrété que quiconque récolterait une médaille au championnat du monde sera inclu dans l'équipe olympique. Bien que la barre soit haute pour les hommes, il y a de fortes chances pour que les Japonaises obtiennent à Noursultan des médailles dans toutes les catégories de poids olympiques ; être sélectionné pour les mondiaux de la capitale kazakhe est donc primordial.

Les commentaires d'Irie après sa victoire sur SUN Yanan (CHN) en finale du championnat d'Asie ont rencontré de l'écho chez ses compatriotes : "J'ai relevé pas mal de soucis, je veux juste rentrer et m'entraîner. Si je ne gagne pas à la Meiji, ça ne veut rien dire... Pour viser les JO, remporter ce tournoi était essentiel. J'étais contente de clarifier les choses. Le grand rendez-vous, pour moi, c'est en juin."

La double championne du monde Yui SUSAKI fera son retour pour la Coupe Meiji, après avoir fait l'impasse sur la Coupe de l'Empereur pour un coude disloqué. (Photo : Max Rose-Fyne)

Irie poursuivra son long duel avec Susaki dans la catégorie des 50kg, après que cette dernière a fait l'impasse sur la Coupe de l'Empereur pour un coude disloqué. Irie est la seule lutteuse de la planète à avoir vaincu Susaki plusieurs fois, sa dernière victoire remontant à la dernière Coupe de l'Empereur en décembre 2018.

Sans oublier Tosaka, vaincue en demi-finale de la Coupe de l'Empereur par Irie, et la championne du monde cadet 2017 Remina YOSHIMOTO, vaincue 2-1 mais qui a donné du fil à retordre à Susaki dans la finale de la Coupe de la Reine en avril dernier.

La quadruple championne olympique ICHO (JPN) et la championne olympique de Rio Risako KAWAI (JPN) sont inscrites en 57kg. Elles avaient offerts deux combats au public de la Coupe de l'Empereur. (Photo : Sachiko Hotaka)

Icho et Kawai sur une trajectoire de collision
Lors de la Coupe de l'Empereur, les spectateurs ont eu droit à deux rencontres entre les championnes de Rio Kaori ICHO et Risako KAWAI.

Icho a vaincu sa rivale de la catégorie, plus jeune, dans un thriller avec en point d'orgue un amené au sol décisif dans les 10 dernières secondes, pour une victoire par 3-2. Kawai avait légèrement sonné Icho 2-1 lors de la rencontre préliminaire du groupe : ce fut la première défaite d'Icho face à une compatriote depuis 2001.

Kawai, championne du monde des 59kg en 2018, a rejoint les 57kg plutôt que de monter en 62, où elle aurait dû faire face à sa soeur cadette Yukako. Ce faisant elle prend le risque d'affronter Icho pour la place des JO, revenue à la compétition fin 2018 depuis sa victoire de Rio.

Icho, qui fêtera ses 35 ans ce jeudi, aura été en quelque sorte rappelée à l'ordre à Xi'an, où elle a dû s'incliner en demi-finale face à JONG Myung-Suk (PRK) et se contenter d'une médaille de bronze. Peut-être était-ce le coup de fouet nécessaire à ses ambitions, un dur rappel que rien n'est jamais acquis.

Selon la presse japonaise, le niveau d'Icho, depuis son retour de Xi'an, est nettement inférieur à son potentiel et elle n'a pris part que pour un seul jour à un récent camp d'entraînement de son équipe nationale. Kawai, déterminée à prendre sa revanche, a elle intégralement participé. Ce qui n'a pas empêché un officiel de la Fédération japonaise de déclarer :  "Je suis certain qu'[Icho] sera prête à 100%."

La championne du monde Mayu MUKAIDA (JPN) et Haruna OKUNO (JPN) pourraient se rencontrer en 53kg. Dans ce cas, Mukaida part avec l'avantage d'avoir remporté leurs huit dernières rencontres. (Photo : Sachiko Hotaka)

L'autre possible confrontation majeure est celle de la catégorie des 53kg, entre les coéquipières de l'équipe universitaire de Shigakkan Haruna OKUNO, championne du monde de la catégorie, et Mayu MUKAIDA, médaillée d'or en 55kg et descendue en catégorie olympique.

Une rencontre des deux lutteuses, très attendue à l'occasion de la Coupe de l'Empereur, est passée à la trappe après qu'Okuno a déclaré forfait pour indisposition. Mukaida part avec l'avantage d'avoir remporté leurs huit dernières rencontres, la plus récente datant de 2017.

Comme Icho, Mukaida est passée à un cheveu du titre au championnat d'Asie, concédant un amené au sol au dernier instant et vaincue 4-3 en finale par PAK Yongmi (PRK). Cette aveu de faiblesse aura probablement été compensé pour la Meiji.

La championne olympique Sara DOSHO (JPN), de retour après une opération à l'épaule, est médaillée d'or de la Coupe de l'Empereur et du championnat d'Asie. (Photo : Sachiko Hotaka) 

L'autre championne olympique japonaise en titre, Sara DOSHO, tentera de relever le défi posé en 68kg par sa compatriote et olympienne de Rio 2016 Rio WATARI. Pour cause d'opération à l'épaule, Dosho n'avait pas pu défendre son titre mondial l'année dernière, mais a depuis prouvé l'ampleur de son retour en remportant la Coupe de l'Empereur et le championnat d'Asie.

La mainmise d'Hiroe MINAGAWA, médaillée mondiale de bronze, sur la catégorie de poids des 76kg, sera mise à l'épreuve par l'époustouflante collégienne Yuka KAGAMI, double championne du monde des cadets. Munie des titres de la Coupe de l'Empereur et du championnat d'Asie en 72kg, Kagami, 17 ans et des poussières, tente le tout pour le tout et part en quête d'olympisme en défiant la vétéran Minagawa.

Takuto OTOGURO (JPN) fait son retour à la compétition. Plus jeune lutteur japonais de l'histoire  champion du monde (à Budapest en 2018), Otoguro a depuis souffert du genou droit. (Photo : Max Rose-Fyne) 

Inquiétante blessure pour Otoguro

En lutte libre, le champion du monde Takuto OTOGURO devra prouver qu'il s'est remis de ses récents problèmes de genou s'il veut décrocher son second titre d'affilée de la Meiji dans la catégorie des 65kg et décrocher son billet pour Noursultan.

Otoguro, plus jeune lutteur japonais de l'histoire champion du monde - à 19 ans et 10 mois à Budapest en 2018 -, a souffert du genou droit au début de cette année et a fait l'impasse sur la coupe du monde et le championnat d'Asie.

S'il est bien remonté sur le tapis pour l'université Yamanashi Gakuin à l'occasion du tournoi universitaire de l'est du Japon au mois de mai - pour un combat qu'il a remporté -, il devra se surpasser pour vaincre le médaillé d'argent des Jeux d'Asie Daichi TAKATANI, le champion du monde des U23 et médaillé d'argent des 57kg à Rio Rei HIGUCHI et d'autres excellents lutteurs qui font de cette catégorie la plus disputée du Japon.

Sosuke TAKATANI, le grand frère de Daichi, semble s'être installé durablement dans la catégorie de poids olympique des 86kg deux ans après avoir quitté celle des 84kg, dans laquelle il avait remporté la médaille d'argent des mondiaux en 2014.

Takatani, 30 ans, a remporté son huitième titre national consécutif et son premier avec les 86kg à l'occasion de la Coupe de l'Empereur, puis a démontré qu'il avait sa place sur la scène internationale dans la division la plus lourde en vainquant le médaillé mondial d'argent Fatih ERDIN (TUR) lors de la coupde du monde.

Shota SHIRAI, vaincu par Takatani en finale de la coupe de l'Empereur, a passé le mois de janvier en Russie pour s'entraîner et cherchera à prendre sa revanche comme les deux médaillés de bronze de la compétition Masao MATSUSAKA, vaincu par Takatani 2-1 en demi-finale, et Hayato ISHIGURO, champion du monde junior des 79kg.

Le médaillé mondial de bronze Atsushi MATSUMOTO (JPN), qui normalement concourt en 92kg, rejoint la catégorie olympique des 97kg. (Photo : Unknown)

Autre lutteur réputé passé en classe olympique pour ce tournoi, Atsushi MATSUMOTO, médaillé mondial de bronze et vainqueur de la Coupe de l'Empereur en 92kg, qui a rejoint les 97kg.

Matsumoto a terminé troisième des 92kg du championnat d'Asie de Xi'an, et avait auparavant démontré sa volonté olympique en passant en lutte gréco-romaine en 2017-2018 après son échec aux qualifications pour Rio en 2016 (il est retourné en lutte libre suite à un changement de règle défavorable).

Prêts à lui barrer le chemin, le médaillé d'or de la Coupe de l'Empereur Naoya AKAGUMA et le dauphin Takeshi YAMAGUCHI qui, selon les rumeurs, a payé de sa poche sa venue à l'Open de Mongolie en avril dernier, et d'où il est reparti médaillé d'argent.

En 74kg, Yuhi FUJINAMI, médaillé mondial de bronze des 70kg en 2017, a souffert d'une blessure au genou lors de sa victoire au premier tour du championnat d'Asie et avait préféré déclarer forfait plutôt que de prendre le risque de réduire ses chances à la Coupe Meiji.

La préparation de Fujinami sera mise à l'épreuve par le dauphin de la Coupe Meiji Ken HOSAKA et le médaillé de bronze Yuto MIWA, qui a remporté une victoire clé sur Cuba pendant la coupe du monde. Prêts à en découdre également, Keisuke OTOGURO (le grand frère de Takuto), passé en 70kg, et le jeune Jintaro MOTOYAMA, vainqueur de la Meiji l'année passée dans cette catégorie.

Le champion du monde Kenichiro FUMITA (JPN) retrouvera probablement en 60kg son coéquipier et médaillé d'argent de Rio Shinobu OTA. (Photo : Sachiko Hotaka)

En lutte gréco-romaine, la catégorie des 60kg verra sans doute l'affrontement du champion du monde 2017 Kenichiro FUMITA et du médaillé d'argent olympique 2016 Shinobu OTA, tous deux anciens coéquipier de l'université japonaise des sciences du sport.

Fumita, remonté sur les tapis après une blessure pour vaincre son aîné de deux ans Ota par 7-2 en finale de la Coupe de l'Empereur, a ainsi pris l'avantage de la série de leurs rencontres depuis 2014 par 5-4.

Quand Fumita s'évertuait à décrocher le bronze à Xi'an, Ota ne s'est pas contenté d'attendre la Meiji et est parti en Europe décrocher le Grand Prix de Hongrie et l'argent du Dan Kolov-Nikola Petrov en Bulgarie dans la catégorie des 63kg.

Sur le chemin des finales, l'un ou l'autre devra sans doute affronter le médaillé mondial de bronze junior Kazuki YABE, vaincu en décembre dernier par supériorité technique par Fumita.