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Classement de fin d'année en lutte libre

By Eric Olanowski & Vinay Siwach

CORSIER-SUR-VEVEY, Suisse (11 novembre) -- La dernière série de classements pour les lutteurs de lutte libre est sortie. Avec plus de six épreuves de classement et deux championnats, les lutteurs ont eu l'occasion de terminer dans les trois premiers et de récolter les prix.

Les lutteurs ont réussi à obtenir des points lors des quatre épreuves de Ranking Series, des championnats continentaux et des championnats du monde. Deux Jeux ont également été inclus dans la série de classement, mais seuls quatre événements au total ont été pris en compte pour l'attribution des points.

Voici les classements après la saison 2022.

Thomas GILMAN (USA)Thomas GILMAN (USA) s'est emparé de la première place en 57kg. (Photo: UWW / Kadir Caliskan)

57kg 
1. Thomas GILMAN (USA) - $5000 
2. Zelimkhan ABAKAROV (ALB) - $3000 
3. Zanabazar ZANDANBUD (MGL) - $2000

Thomas GILMAN (USA) a obtenu la première place dans la catégorie des 57 kg après avoir été médaillé dans trois épreuves à points. Il a remporté les Championnats panaméricains et l'épreuve du Zouhaier Sghaier Ranking Series avant de terminer la saison par une deuxième place aux Championnats du monde. Au total, le médaillé de bronze des Jeux olympiques de Tokyo affiche 10-1 sur la saison.

Zelimkhan ABAKAROV (ALB) a remporté l'or à Belgrade et a accumulé 45 000 points de classement, ce qui lui a permis d'être catapulté à la deuxième place du classement des 57 kg. Avec sa victoire sur Gilman lors de la finale mondiale des 57 kg, l'Albanais de 29 ans est entré dans l'histoire de son pays, devenant le premier lutteur à remporter un titre mondial.

L'or d'Abakarov à Belgrade lui a également valu une place dans l'équipe All-World pour la Coupe du monde de lutte libre 2022, qui aura lieu à Coralville, dans l'Iowa (États-Unis), les 10 et 11 décembre.

Zanabazar ZANDANBUD (MGL) a terminé la saison à égalité avec Abakarov avec 45 000, mais en raison du meilleur classement de l'Albanais aux Championnats du monde, le Mongol s'est retrouvé en troisième position au classement des 57 kg. En 2022, il a notamment terminé à la cinquième place aux Championnats asiatiques et à l'événement Yasar Dogu Ranking Series, avant de terminer la saison par une médaille de bronze aux Championnats du monde 2022.

Rei HIGUCHI (JPN)Rei HIGUCHI (JPN) a remporté le titre mondial et la première place en 61kg. (Photo: UWW /Kadir Caliskan)

61kg 
1. Rei HIGUCHI (JPN) - $5000 
2. Arsen HARUTYUNYAN (ARM) - $3000 
3. Suleyman ATLI (TUR) - $2000 

Rei HIGUCHI (JPN) a fait 8-0 pendant sa saison 2022 et a terminé l'année en tant que meilleur gars des 61kg. Il a remporté quatre matchs à chacune de ses sorties et s'est présenté sur le podium aux Championnats d'Asie et aux Championnats du monde.

Le jeune Arménien Arsen HARUTYUNYAN (ARM) termine l'année au deuxième rang mondial en 61kg après avoir remporté l'or européen et le bronze mondial.

Harutyunyan a eu la main levée dans 11 des 12 combats qu'il a disputés cette saison, et ne s'est incliné que face au futur champion du monde Higuchi en quart de finale mondiale. Bien que ce combat ne compte pas dans son total de points chez les seniors, le natif de Masis, en Arménie, âgé de 23 ans, a remporté son deuxième titre mondial U23 consécutif.

Suleyman ATLI (TUR) a terminé l'année au troisième rang mondial des 61 kg avec 39 120 points. Il a été vice-champion d'Europe et a obtenu la médaille de bronze au Zouhaier Sghaier Ranking Series. Bien qu'il n'ait pas remporté de médaille, il a terminé dans le top 10 des Championnats du monde et du Yasar Dogu Ranking Series.

Rahman AMOUZAD (IRI)Rahman AMOUZAD (IRI) a remporté les titres asiatiques et mondiaux pour devancer ses adversaires et devenir le numéro un des 65 kg. (Photo: UWW / Kadir Caliskan)

65kg
1. Rahman AMOUZAD (IRI) - $5000 
2. Bajrang BAJRANG (IND). - $3000 
3. Iszmail MUSZUKAJEV (HUN) - $2000

Le champion du monde de Belgrade, Rahman AMOUZAD (IRI), a pris la tête du classement des 65 kg après avoir décroché l'or aux championnats continentaux et mondiaux. Au cours de sa campagne 2022, le jeune Iranien de 20 ans a battu les médaillés olympiques de Tokyo Haji ALIYEV (AZE) et Bajrang BAJRANG (IND).

Amouzad a battu Bajrang, médaillé de bronze à Tokyo, pour remporter le titre asiatique. Ensuite, il s'est imposé 9-2 contre le triple champion du monde et double médaillé olympique Aliyev en demi-finale des championnats du monde.

Bajrang a devancé le Hongrois Iszmail MUSZUKAJEV (HUN) de 200 points pour la place de n°2 en 65kg.

Bajrang a obtenu une médaille d'argent aux Championnats d'Asie et des médailles de bronze à la Coupe Bolt Turlykhanov et aux Championnats du monde et a terminé la saison avec 44 200 points.

Muszukajev a remporté les championnats d'Europe et a remporté à domicile le bronze des championnats du monde, terminant l'année avec 44 000 points.

Sebastian RIVERIA (PUR) avait également 44 000 points, mais il n'a pas remporté de médaille aux Championnats du monde, alors que Muszukajev l'a fait pour terminer devant Riveria.

Zurabi IAKOBISHVILI (GEO)Zurabi IAKOBISHVILI (GEO) a terminé avec 57720 points pour s'emparer du premier rang en 70kg. (Photo: UWW / Kostadin Andonov)

70kg
1. Zurabi IAKOBISHVILI (GEO) - $5000
2. Ernazar AKMATALIEV (KGZ) - $3000
3. Taishi NARIKUNI (JPN) - $2000

Chez les 70 kg, 2 720 points ont fait la différence entre les lutteurs classés premier et troisième.

Zurabi IAKOBISHVILI (GEO) a devancé Ernazar AKMATALIEV (KGZ) et Taishi NARIKUNI (JPN) pour la première place avec trois médailles dans les épreuves par points. Il a remporté l'or européen en Hongrie et a terminé avec des médailles de bronze aux Championnats du monde et aux épreuves du Yasar Dogu Ranking Series.

Akmataliev a tout donné lors de deux épreuves du Ranking Series, ainsi que lors des championnats d'Asie et du monde. Il a été médaillé dans trois de ces événements, terminant avec l'or, l'argent et le bronze à la Bolat Turlykhanov Cup, aux Championnats d'Asie et aux Championnats du monde, respectivement. Il lui manquait 2 200 points pour atteindre la première place, ce qui aurait pu se produire avec une simple 10e place ou plus dans une épreuve du Ranking Series. 

Bien qu'il ait remporté l'or asiatique et mondial, Narikuni n'a pas réussi à décrocher la première place de la catégorie de poids  en obtenant 2 720 points, soit l'équivalent d'une neuvième place dans une épreuve du Ranking Series.

Tajmuraz SALKAZANOV (SVK)Tajmuraz SALKAZANOV (SVK) et Kyle DAKE (USA) terminent respectivement 1-2 en74kg. (Photo: UWW / Kostadin Andonov)

74kg 
1. Tajmuraz SALKAZANOV (SVK) - $5000 
2. Kyle DAKE (USA) - $3000 
3. Soner DEMIRTAS (TUR) - $2000
 

Tajmuraz SALKAZANOV (SVK)s'est emparé de la première place au classement mondial après avoir remporté 15 matchs consécutifs avant de s'incliner aux finales mondiales face au No. 2 Kyle DAKE (USA).

Salkazanov a remporté son second titre européen et s'est emparé des titres de Ranking Series au Matteo Pellicone et la Bolat Turlykhanov Cup. Il a lutté dans deux compétitions de plus que son adversaire américain et l'a dépassé de 13,000 points.

Cette sasison, Dake a participé aux Championnats panaméricains et du monde et a remporté l'or aux deux. il s'agissait de sa quatrième médaille d'or consécutive aux Championnats du monde et son deuxième titre aux Championnats panaméricains. Il a terminé la saison avec 58,000 points de classement, soit 11,000 points devant le lutteur classé troisième.

Soner DEMIRTAS (TUR) a conclu la saison classé No. 3 dans le monde après avoir terminé trois fois dans le top 10. Il a débuté la saison avec une victoire de la médaille d'or au Yasar Dogu, puis a terminé à la cinquième et à la huitième place aux Championnats du monde et d'Europe respectivement.

Jordan BURROUGHS (USA)Jordan BURROUGHS (USA) reste intouchable à la première place des 79kg. (Photo: UWW / Kadir Caliskan)

79kg
1. Jordan BURROUGHS (USA) - $5000
2. Arsalan BUDAZHAPOV (KGZ) - $3000
3. Mohammad NOKHODI (IRI) - $2000

Il n'y avait personne pour défier Jordan BURROUGHS (USA) pour la première place en 79kg et il n'a laissé aucune chance à personne également. A Belgrade, Burroughs a remporté un sixième titre mondial, un record. Il a terminé en tête du classement avec 63000 points dont 45000 points grâce à l'or obtenu à Belgrade. En outre, il a remporté l'épreuve Yasar Dogu au début de l'année pour 13000 points avant que l'or des Panaméricains ne lui rapporte 5000 points.

A la deuxième place, la surprise vient d'Arsalan BUDAZHAPOV (KGZ) qui est passé de la quatorzième à la seconde place. Il a 51700 points dont 31000 points provenant de la médaille de bronze obtenue aux Championnats du monde. Il a également été médaillé de bronze au Yasar Dogu pour 10200 points. Une autre médaille de bronze aux Championnats d'Asie lui a rapporté 6500 points. Il a décidé de participer à la Bolat Turlykhanov Cup aussi et a terminé cinquième pour 4000 points.

Mais sa participation à différents évènements l'ont aidé à mieux terminer que le médaillé d'argent des Championnats du monde Mohammad NOKHODI (IRI) qui a 45000 points. L'argent de Belgrade lui a valu 37000 points et les autres 8000 points ont été remportés à l'épreuve Zouhaier Sghaier event où il a terminé avec une médaille d'or.

Boris MAKOEV (SVK)Boris MAKOEV (SVK) a surclassé les autres lutteurs acclamés en 86kg et a remporté la première place. (Photo: UWW / Martin Gabor)

86kg
1. Boris MAKOEV (SVK) - $5000
2. Azamat DAULETBEKOV (KAZ) - $3000
3. David TAYLOR (USA) - $2000

Il y avait peu de différence qui séparait les deux premiers en 86kg mais Boris MAKOEV (SVK) s'est emparé la première place avec 100 points de plus que Azamat DAULETBEKOV (KAZ). Makoev a terminé avec 49100 points grâce à sa participation à quatre épreuves. Il a débuté avec une neuvième place aux Championnats d'Europe pour 6500 points avant de remporter l'argent à la Bolat Turlykhanov Cup et le bronze au Matteo Pellicone. Les deux médailles valaient 11600 points combinées. Il a terminé la saison avec une médaille de bronze aux Championnats du monde pour 31000 points.

Dauletbekov a également participé à quatre épreuves, les Championnats d'Asie étant sa première. Il a remporté l'or en 86kg pour 10000 points avant d'ajouter 4000 points grâce à une cinquième place à la Bolat Turlykhanov Cup, peut-être le tournoi le plus crucial avec le recul.

Le lutteur Kazakh a certes remporté l'évènement Zouhaier Sghaier mais l'or ne lui a valu que 4000 points. Il a égalé Makoev pour le bronze aux Championnats du monde mais n'a pas réussi à le dépasser pour la première place.

La troisième place a été remportée par le champion du monde David TAYLOR (USA) qui a terminé avec 45000 points, tous obtenus grâce à l'or qu'il a remporté à Belgrade.

Hassan YAZDANI (IRI) a également terminé avec 45000 points mais à la quatrième place du fait que Taylor ait remporté l'or à Belgrade tandis que Yazdani remportait l'argent.

Kamran GHASEMPOUR (IRI)Kamran GHASEMPOUR (IRI) a terminé avec 53000 points en 2022. (Photo: UWW / Kadir Caliskan)

92kgkg 
1. Kamran GHASEMPOUR (IRI) - $5000
2. Miriani MAISURADZE (GEO) - $3000
3. Osman NURMAGOMEDOV (AZE) - $2000

Le champion du monde Kamran GHASEMPOUR (IRI) était le grand favori pour terminer à la première place et il l'a fait en remportant la médaille d'or des 92kg à Belgrade. Il a obtenu 45000 points pour cette victoire et 8000 points de plus pour l'or qu'il a remporté à la Bolat Turlykhanov Cup pour un total de 53000 points.

Miriani MAISURADZE (GEO) a fait un gran saut de la 11ème place à la seconde place en remportant une médaille de bronze aux Championnats du monde. Avec 49700 points, il s'est assuré de dépasser le médaillé de bronze Osman NURMAGOMEDOV (AZE). Dans les trois épreuves pour des points auxquelles il a participé, Maisuradze a remporté le bronze aux Championnats d'Europe pour 6500 points, tout comme Nurmagomedov qui a également remporté une médaille de bronze.

Au Matteo Pellicone, les deux se sont rencontrés en finale qui a été remportée par Nurmagomedov qui a obtenu 8000 points tandis que Maisuradze a obtenu 6400 points. Ensuite, les deux ont remporté des médailles de bronze aux Mondiaux.

Les 5800 points de Maisuradze de plus que Nurmagomedov proviennent de l'épreuve Yasar Dogu où il a terminé neuvième.

Kyle SNYDER (USA)Kyle SNYDER (USA) et Batyrbek TSAKULOV (SVK) étaient aux finales mondiales et ont terminé premier et second au classement. (Photo: UWW / Kostandin Andonov)

97kg
1. Kyle SNYDER (USA) - $5000
2. Batyrbek TSAKULOV (SVK) - $3000
3. Magomedkhan MAGOMEDOV (AZE) - $2000

Les finalistes mondiaux Kyle SNYDER (USA) et Batyrbek TSAKULOV (SVK) se sont livrés à une bataille serrée pour la première place et le premier l'a emporté avec 500 points de plus que Tsakulov.

Snyder a remporté la médaille d'or des Panaméricains pour 10000 points avant de remporter l'or au Zouhaier Sghaier et l'or mondial pour respectivement 8000 points et 45000 points et terminer avec 63000 points.

Tsakulov a commencé avec une médaille de bronze aux Championnats d'Europe pour 6500 points avant de remporter deux rankings series -- Bolat Turlykhanov et Matteo Pellicone -- pour 8000 points et 11000 points respectivement. Sa médaille d'argent aux Championnats du monde lui a valu seulement 37000 points car il n'a pas atteint le score de Snyder.

Magomedkhan MAGOMEDOV (AZE) a remporté la troisième place avec 47520 points qu'il a accumulé en remportant les Championnats d'Europe pour 10000 points, en terminant septième au Matteo Pellicone pour 6520 points et en remportant le bronze aux Championnats du monde pour 31000 points.

Taha AKGUL (TUR)Taha AKGUL (TUR) a remporté l'or mondial et la première place en 125kg. (Photo: UWW / Kostandin Andonov)

125kg
1. Taha AKGUL (TUR) - $5000
2. Geno PETRIASHVILI (GEO) - $3000
3. Lkhagvagerel MUNKHTUR (MGL) - $2000

Taha AKGUL (TUR) et Geno PETRIASHVILI (GEO) ont échangé les deux premières places pendant longtemps mais le premier a fait la course en tête après avoir remporté les Championnats d'Europe et du Monde. Les deux médailles d'or ont rapporté 55000 points et il a également remporté l'or au Yasar Dogu pour 13000 points, portant son total à 63000 points.

Petriashvili a remporté l'argent aux Championnats d'Europe pour 8000 points mais a gagné aux épreuves de classement du Matteo Pellicone et du Zouhaier Sghaier, pour 8000 points chacun. Avec 24000 points, l'or aux Championnats du monde l'aurait porté au sommet mais il a terminé avec le bronze et 31000 points pour se contenter de la seconde place avec 55000 points.

La troisième place est revenue à Lkhagvagerel MUNKHTUR (MGL) qui a surpris Petriashvili pour atteindre la finale des Championnats du monde en 125kg. Il a atteint la finale au Yasar Dogu et obtenu 11400 points. Une médaille de bronze à la Bolat Turlykhanov Cup a ajouté 5200 points de plus à son compteur. Avec 37000 points des Championnats du monde, il a terminé avec 53600 points et à la troisième place.

Mariage, enfant et diplôme de médecine sur la route des JO de Jane Valencias (MEX)

By Eric Olanowski

CORSIER-SUR-VEVEY, Switzerland (April 7) – Il aura fallu dix ans, trois pays, un mariage, un enfant et un diplôme de médecine à Jane VALENCIAS pour que le Mexique obtienne sa première qualification olympique en lutte féminine. 

“Ma mère m'a appris que si je travaillais dur, j'arriverai là où je le voudrais," raconte Jane.  “En regardant maintenant mes réussites, je crois qu'elle avait raison.”

Ce qu'elle voulait fut toujours clair : mère, médecin et lutteuse olympique. Mais l'obtenir exigea patience et sacrifice. 

"J'ai commencé mes études en 2009 et les ai terminées en 2019. Il faut normalement six ans du début à la fin, mais il m'a fallu 10 ans parce que je les ai arrêtées deux fois pour lutter."

Jane Valencia a obtenu son diplôme de l'université Guadalajara Lamar au printemps 2019.

Aujourd'hui la combative “Drsse Valencia”, 57kg, cherche à obtenir sa licence pour lutter au Mexique et aux Etats-Unis. Son mari, le vice-champion olympique 2012 Jaime ESPINAL (PUR), est portoricain et obtenir pour Jane sa licence aux USA lui permettrait de lutter au Mexique, aux Etats-Unis et à Porto-Rico, un territoire américain. “Cela me prendra du temps. La procédure durera un an, un an et demi," dit-elle. "Mais après les Jeux, j'espère avoir assez d'argent pour payer la paperasserie et le test pour passer ma licence."  

Après son diplôme, Jane a déménagé du Mexique aux Etats-Unis pour rejoindre son mari et s'entraîner au club de lutte de Nittany Lion sous la tutelle des champions olympiques Cael SANDERSON (USA) et Jake VARNER (USA). Un tout petit peu plus d'un an après être remontée sur les tapis, elle est devenue la première lutteuse mexicaine de l'histoire à atteindre les Jeux Olympiques, grâce à une victoire en 57kg au tournoi panaméricain de qualification olympique d'Ottawa.

Jane VALENCIA'S (MEX) avec sa fille Joy au sommet du podium du tournoi panaméricain de qualification olympique. (Photo : Tony Rotundo)

Après avoir échoué d'un combat pour se qualifier aux Jeux de Rio en 2016, Valencia a fait une pause de trois ans avant de réaliser qu'elle avait quelque chose à se prouver. Au milieu de cette retraite, jalonnée d'expériences marquantes telles que se marier, donner naissance à un enfant et passer son diplôme de médecin, Valencia a pu observer les réussites de Natalia VOROBEVA (RUS) et Sofia Mattsson (SWE) après leurs accouchements.

"J'ai pris Vorobeva et Mattsson comme exemple. Elles ont fait leur retour après avoir eu un enfant et étaient très bonnes. Cela m'a montré que je pouvais être maman et toujours bonne en lutte."

"Je sais que c'est fou, mais quelque chose à l'intérieur de moi me disait que j'avais besoin de revenir. Je révais toutes les nuits de remonter sur le tapis. Vous savez, quand vous luttez, vous n'arrêter jamais vraiment. C'est une part de votre vie."

Valencia, qui a donné naissance à sa fille Joy le 31 mai 2017, est remontée sur le tapis pour la première fois en février 2019 à l'occasion du Cerro Pelado. Elle fut vaincue en finale par Amanda HERNANDEZ (CUB) et dut se contenter de la médaille d'argent. Sa deuxième apparition prit place une année plus tard à Ottawa, au Canada, pour le tournoi panaméricain de qualification olympique, où elle devait atteindre les finales pour composter son ticket pour les JO.

Quelques jours avant cette compétition, elle déclarait : "Tout le monde veut gagner le qualificatif. Je savais que [la championne olympique, ndlr] Helen [Maroulis, ndlr] serait là, alors je me suis entraînée en préparant mon mental pour lutter les meilleurs combat de ma carrière." 

A Ottawa, Valencia a ouvert les feux par deux victoires décisives sur Betzabeth SARCO COLMENAREZ (VEN) et Nes RODRIGUEZ TIRADO (PUR) -- pour atteindre un combat quitte ou double pour la qualification olympique face à la championne du monde en titre canadienne Linda MORIAS (CAN).

La scène était montée et l'enjeu simple : vaincre Morias et aller aux JO ou perdre et rentrer comme en 2016, sans place olympique.

Rejoignant les demi-finales, Jane se disait : "Aie foi en toi-même, ta préparation et lutte. Amuse-toi."  

Lors de ce combat, Jane barra une précoce tentative de double ramassement de jambe de la part de Morais, contre-attaquant en projection en prise de bras par la droite et amené au sol, prenant la tête 4-0. "Je l'avais vue lutter avant, alors je savais parfaitement ce qu'elle tenterait de faire."  

En fin de partie, c'est un ramassement de jambe intérieur que stoppa Jane avant de projeter Morais au sol à nouveau. Mais cette fois, ce fut pour un infliger un tombé à la championne du monde. "A ce moment, je ne pensais pas à ce qui allait advenir. J'ai seulement réagi : je me suis relaxée, et mon corps a réagit."

Grâce à cette victoire sur Morais, Jane Valencia est devenue la première Mexicaine de l'histoire qualifiée pour les Jeux Olympiques.

Elle espère ainsi montrer aux jeunes Mexicaines qu'elles ont un modèle à suivre. "Je n'avais pas de modèle, alors j'ai fabriqué mon propre exemple," dit-elle.

"Maintenant, c'est une chance énorme. Avant, les jeunes filles avaient au Mexique un rêve olympique, mais elles n'avaient pas d'exemple. Elles n'avaient personne à suivre. Maintenant qu'elles ont vu quelqu'un atteindre cet objectif, elle peuvent se dire 'Moi aussi je peux me qualifier'."

Jane continue sa préparation pour les Jeux tout en s'entraînant au Nittany Lion. Elle aspire à devenir médaillée olympique mais dit que remporter une médaille olympique ne la définirait pas en tant que lutteuse, femme ou mère. "Gagner une médaille olympique est mon objectif pour l'instant. Mais nous valons plus qu'une médaille et une médaille ne change pas votre vie. Une médaille n'est pas suffisante pour faire de vous une bonne personne."

Dans un message à destination de la communauté de la lutte, elle déclare :“Ces moments où nous sommes à la maison, ignorant de ce que le futur nous réserve, je vous demande d'être patients et d'avoir la foi. Ayez la foi que ceci arrivera, que nous remonterons sur les tapis pour faire ce qui nous passionne. Gardez votre esprit occupé avec les petites choses du quotidien et vivons un jour à la fois. Restez positifs, en bonne santé et, par-dessus tout, concentrez-vous sur l'objectif qui nous attend.”