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Burroughs remporte son sixième titre panaméricain ; l'Équateur compte deux championnes

By Taylor GREGORIO

BUENOS AIRES, Argentine (5 mai) – Les épreuves féminines se sont terminées vendredi, tandis que les épreuves de style libre ont commencé aux Championnats panaméricains 2023 à Buenos Aires, en Argentine.

L'Equateur a remporté deux titres panaméricains en lutte féminine aujourd'hui, en 53kg et 57kg.

Lucia YEPEZ GUZMAN (ECU) a remporté son premier titre panaméricain senior avec une remarquable performance en 53kg. En finale, elle a battu Betzabeth AGUELLO VILLEGAS (VEN). La vénézuélienne a été la première à inscrire au tableau un point de passivité mais Yepez a rapidement marqué un takedown à la suite d'un contre. En seconde période, Yepez a remporté un point de passivité et deux caution-and-ones pour remporter le combat 5-1.

Plus tôt dans la journée, Aguello Villegas a éliminé la championne du monde en titre Dominique PARRISH (USA), 8-6, en quarts de finale.

En 57kg, une surprise précoce de la championne olympique et favorite de sa catégorie de poids, Helen MAROULIS (USA) a ouvert la voie à une autre compétitrice pour ajouter “championne continentale” à son CV. Luisa VALVERDE MELENDRES (ECU) a profité de l'occasion pour faire son chemin vers les finales où elle a battu Giullia OLIVEIRA (BRA), 4-2. La victoire marque sa seconde médaille d'or panaméricaine.

Le Canada a gagné une championne en Ana GODINEZ GONZALEZ (CAN) quia complété son parcours pour le titre en 62kg. En finale, Godinez a réalisé un pin sur Nathali GRIMAN HERRERA (VEN) en première période. Bien que Griman ait marqué la première, Godinez est revenu à la charge avec une projection près du bord mettant Griman sur le dos pour un tombé à 1:21.

Milaimys MARIN POTRILLE (CUB) est l'une des poids lourds les plus prometteurs de Cuba. Avec l'or mondial U20 et U23 ainsi qu'un titre aux Jeux Olympiques de la Jeunesse, Marin Potrille a ajouté son premier titre continental au niveau senior. En finale, elle était opposée à Tatiana RENTERIA RENTERIA (COL). Marin a pris une avance de 3-0 à la pause, grâce à un takedown au buzzer. Dans la deuxième période, Marin a ajouté une paire de step-outs et un go-behind takedown pour compléter une victoire décisive 7-0.

Entre les deux styles, les Etats-Unis ont enregistré quatre performances de médaille d'or. Parmi les faits marquants du jour, Jordan BURROUGHS (USA) a remporté son sixième titre de championnat panaméricain et Sarah HILDEBRANDT (USA) a remporté sa septième médaille d'or au championnat panaméricain.

Burroughs, sextuple champion du monde et médaillé d'or olympique, a dominé en 79kg, surpassant sa  compétition, 30-0, pour monter sur le podium. En finale, son match le plus court de la journée, Burroughs a mis seulement 74 secondes pour remporter la victoire sur Jasmit PHULKA (CAN). Burroughs a marqué un takedown dans un leg lace suivi par un takedown à quatre point à partir d'un double blast et a terminé avec un autre double blast caractéristique.

Luttant en 50kg en lutte féminine, Hildebrandt, médaillée mondiale et olympique, a fait 3-0 sur la journée avec trois victoires par tombés techniques 10-0 dont sa victoire en finale sur Jacqueline MOLLOCANA ELENO (ECU). En seulement 48 secondes, Hildebrandt a marqué un takedown et verrouillé un leg lace serré pour faire quatre tours pour remporter le No. 8.  

Forrest MOLINARI (USA) a remporté son troisième championnat panaméricain vendredi en s'emparant de la couronne en 68kg. Molinari, médaillée de bronze mondiale, n'a eu besoin que de 46 secondes  pour assurer un pin en finale sur Ambar GARNICA FLORES (MEX). Au cours d'une mêlée, Molinari a marqué un takedown et fait tombé Garnica sur le dos.

En lutte libre, Michael MACCHIAVELLO (USA) a remporté le ronde à cinq en 92 kg. Dans le match pour la médaille d'or, Macchiavello a pris les devants 6-0 en contrant une tentative de arm throw de Jeremy POIRIER (CAN) pour un takedown en deux tours à partir d'un gut wrench. Quelques instants plus tard, Macchiavello a utilisé un knee pick pour mettre Poirier sur le dos pour un tombé en 1:39.won the five-man round robin at 92kg. In the gold-medal matchup, Macchiavello went up early, 6-0, countering an attempted arm throw from Jeremy POIRIER (CAN) for a takedown into two turns from a gut wrench. Moments later, Macchiavello used a knee pick to get Poirier to his back for a fall in 1:39.

Lutte féminine
50kg
OR – Sarah HILDEBRANDT (USA) a battu Jacqueline MOLLOCANA ELENO (ECU), 10-0
BRONZE – Yusneylis GUZMAN LOPEZ (CUB) a battu Thalia OLIVEIRA DE FREITAS (BRA), tombé 1:45
BRONZE – Patricia BERMUDEZ (ARG) a battu Madison PARKS (CAN), tombé 5:24

53kg
OR – Lucia YEPEZ GUZMAN (ECU) a battu Betzabeth AGUELLO VILLEGAS (VEN), 5-1
BRONZE – Karla ACOSTA MARTINEZ (MEX) a battu Dominique PARRISH (USA), 4-2
BRONZE – Laura HEERIN AVILA (CUB) a battu Thalia MALLQUI PECHE (PER), 11-0

57kg
OR – Luisa VALVERDE MELENDRES (ECU) a battu Giullia OLIVEIRA (BRA), 4-2
BRONZE – Angela ALVAREZ MARTINEZ (CUB) a battu Nes RODRIGUEZ TIRADO (PUR), tombé 1:53
BRONZE – Betzabeth SARCO COLMENAREZ (VEN) a battu Camila AMARILLA (ARG), tombé 0:38

62kg
OR – Ana GODINEZ GONZALEZ (CAN) a battu Nathali GRIMAN HERRERA (VEN), tombé 1:21
BRONZE – Kayla MIRACLE (USA) a battu Javiera ROCO PARDO (CHI), 10-0
BRONZE – Lais NUNES (BRA) a battu Katherine RENTERIA CUERO (COL), tombé 2:04

68kg
OR – Forrest MOLINARI (USA) a battu Ambar GARNICA FLORES (MEX), tombé 0:46
BRONZE – Hangelen LLANES ECHEVARRIA (CUB) vs. Soleymi CARABALLO HERNANDEZ (VEN), 8-3
BRONZE – Yanet SOVERO NINO (PER) vs. Saidy CHAVEZ FIGUEROA (HON), 3-1

76kg
OR – Milaimys MARIN POTRILLE (CUB) a battu Tatiana RENTERIA RENTERIA (COL), 7-0
BRONZE – Justina DI STASIO (CAN) a battu Maria Jose ACOSTA ACOSTA (VEN), 4-1
BRONZE – Genesis REASCO VALEZ (ECU) a battu Emelyn BAUTISTA CORCINO (DOM), 11-0

Lutte libre

79kg
OR – Jordan BURROUGHS (USA) a battu Jasmit PHULKA (CAN), 10-0
BRONZE – Shane JONES (PUR) a battu Victor HERNANDEZ LUNA (MEX), 11-0
BRONZE – Nestor TAFUR BARRIOS (COL) a battu Alexander CUSINGA GOMEZ (PER), 10-0

92kg
GOLD – Michael MACCHIAVELLO (USA)
SILVER – Jeremy POIRIER (CAN)
BRONZE – Luis VILLAGOMEZ PAREDES (ECU)

Mariage, enfant et diplôme de médecine sur la route des JO de Jane Valencias (MEX)

By Eric Olanowski

CORSIER-SUR-VEVEY, Switzerland (April 7) – Il aura fallu dix ans, trois pays, un mariage, un enfant et un diplôme de médecine à Jane VALENCIAS pour que le Mexique obtienne sa première qualification olympique en lutte féminine. 

“Ma mère m'a appris que si je travaillais dur, j'arriverai là où je le voudrais," raconte Jane.  “En regardant maintenant mes réussites, je crois qu'elle avait raison.”

Ce qu'elle voulait fut toujours clair : mère, médecin et lutteuse olympique. Mais l'obtenir exigea patience et sacrifice. 

"J'ai commencé mes études en 2009 et les ai terminées en 2019. Il faut normalement six ans du début à la fin, mais il m'a fallu 10 ans parce que je les ai arrêtées deux fois pour lutter."

Jane Valencia a obtenu son diplôme de l'université Guadalajara Lamar au printemps 2019.

Aujourd'hui la combative “Drsse Valencia”, 57kg, cherche à obtenir sa licence pour lutter au Mexique et aux Etats-Unis. Son mari, le vice-champion olympique 2012 Jaime ESPINAL (PUR), est portoricain et obtenir pour Jane sa licence aux USA lui permettrait de lutter au Mexique, aux Etats-Unis et à Porto-Rico, un territoire américain. “Cela me prendra du temps. La procédure durera un an, un an et demi," dit-elle. "Mais après les Jeux, j'espère avoir assez d'argent pour payer la paperasserie et le test pour passer ma licence."  

Après son diplôme, Jane a déménagé du Mexique aux Etats-Unis pour rejoindre son mari et s'entraîner au club de lutte de Nittany Lion sous la tutelle des champions olympiques Cael SANDERSON (USA) et Jake VARNER (USA). Un tout petit peu plus d'un an après être remontée sur les tapis, elle est devenue la première lutteuse mexicaine de l'histoire à atteindre les Jeux Olympiques, grâce à une victoire en 57kg au tournoi panaméricain de qualification olympique d'Ottawa.

Jane VALENCIA'S (MEX) avec sa fille Joy au sommet du podium du tournoi panaméricain de qualification olympique. (Photo : Tony Rotundo)

Après avoir échoué d'un combat pour se qualifier aux Jeux de Rio en 2016, Valencia a fait une pause de trois ans avant de réaliser qu'elle avait quelque chose à se prouver. Au milieu de cette retraite, jalonnée d'expériences marquantes telles que se marier, donner naissance à un enfant et passer son diplôme de médecin, Valencia a pu observer les réussites de Natalia VOROBEVA (RUS) et Sofia Mattsson (SWE) après leurs accouchements.

"J'ai pris Vorobeva et Mattsson comme exemple. Elles ont fait leur retour après avoir eu un enfant et étaient très bonnes. Cela m'a montré que je pouvais être maman et toujours bonne en lutte."

"Je sais que c'est fou, mais quelque chose à l'intérieur de moi me disait que j'avais besoin de revenir. Je révais toutes les nuits de remonter sur le tapis. Vous savez, quand vous luttez, vous n'arrêter jamais vraiment. C'est une part de votre vie."

Valencia, qui a donné naissance à sa fille Joy le 31 mai 2017, est remontée sur le tapis pour la première fois en février 2019 à l'occasion du Cerro Pelado. Elle fut vaincue en finale par Amanda HERNANDEZ (CUB) et dut se contenter de la médaille d'argent. Sa deuxième apparition prit place une année plus tard à Ottawa, au Canada, pour le tournoi panaméricain de qualification olympique, où elle devait atteindre les finales pour composter son ticket pour les JO.

Quelques jours avant cette compétition, elle déclarait : "Tout le monde veut gagner le qualificatif. Je savais que [la championne olympique, ndlr] Helen [Maroulis, ndlr] serait là, alors je me suis entraînée en préparant mon mental pour lutter les meilleurs combat de ma carrière." 

A Ottawa, Valencia a ouvert les feux par deux victoires décisives sur Betzabeth SARCO COLMENAREZ (VEN) et Nes RODRIGUEZ TIRADO (PUR) -- pour atteindre un combat quitte ou double pour la qualification olympique face à la championne du monde en titre canadienne Linda MORIAS (CAN).

La scène était montée et l'enjeu simple : vaincre Morias et aller aux JO ou perdre et rentrer comme en 2016, sans place olympique.

Rejoignant les demi-finales, Jane se disait : "Aie foi en toi-même, ta préparation et lutte. Amuse-toi."  

Lors de ce combat, Jane barra une précoce tentative de double ramassement de jambe de la part de Morais, contre-attaquant en projection en prise de bras par la droite et amené au sol, prenant la tête 4-0. "Je l'avais vue lutter avant, alors je savais parfaitement ce qu'elle tenterait de faire."  

En fin de partie, c'est un ramassement de jambe intérieur que stoppa Jane avant de projeter Morais au sol à nouveau. Mais cette fois, ce fut pour un infliger un tombé à la championne du monde. "A ce moment, je ne pensais pas à ce qui allait advenir. J'ai seulement réagi : je me suis relaxée, et mon corps a réagit."

Grâce à cette victoire sur Morais, Jane Valencia est devenue la première Mexicaine de l'histoire qualifiée pour les Jeux Olympiques.

Elle espère ainsi montrer aux jeunes Mexicaines qu'elles ont un modèle à suivre. "Je n'avais pas de modèle, alors j'ai fabriqué mon propre exemple," dit-elle.

"Maintenant, c'est une chance énorme. Avant, les jeunes filles avaient au Mexique un rêve olympique, mais elles n'avaient pas d'exemple. Elles n'avaient personne à suivre. Maintenant qu'elles ont vu quelqu'un atteindre cet objectif, elle peuvent se dire 'Moi aussi je peux me qualifier'."

Jane continue sa préparation pour les Jeux tout en s'entraînant au Nittany Lion. Elle aspire à devenir médaillée olympique mais dit que remporter une médaille olympique ne la définirait pas en tant que lutteuse, femme ou mère. "Gagner une médaille olympique est mon objectif pour l'instant. Mais nous valons plus qu'une médaille et une médaille ne change pas votre vie. Une médaille n'est pas suffisante pour faire de vous une bonne personne."

Dans un message à destination de la communauté de la lutte, elle déclare :“Ces moments où nous sommes à la maison, ignorant de ce que le futur nous réserve, je vous demande d'être patients et d'avoir la foi. Ayez la foi que ceci arrivera, que nous remonterons sur les tapis pour faire ce qui nous passionne. Gardez votre esprit occupé avec les petites choses du quotidien et vivons un jour à la fois. Restez positifs, en bonne santé et, par-dessus tout, concentrez-vous sur l'objectif qui nous attend.”