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Yazdani revient sur son émouvante victoire sur Taylor - son troisième titre mondial

By Eric Olanowski

OSLO, Norvège (le 26 novembre) --- Hassan YAZDANI (IRI), dit "le grand", avait une seule chose en tête à l'approche d'Oslo : prendre sa revanche. Son adversaire de toujours l'avait vaincu trois fois d'affilée – dont une lors de la finale des Jeux Olympiques de Tokyo en août dernier par un amené au sol en dernière seconde.

Yazdani, une froide nuit d'octobre à Oslo, a su renverser la vapeur, prendre sa revanche et s'emparer de son troisième titre mondial.

United World Wrestling a discuté avec Yazdani après cette épique victoire, parlant des défaites qui l'ont conduit à devenir triple champion du monde, de ce qui était différent dans l'équipe iranienne d'Oslo et de ce qui le pousse vers un deuxième titre olympique.

L'épique duel d'Oslo :
Yazdani a maintenu le contrôle sur la finale très attendue des 86kg du championnat du monde d'Oslo 2021 du début à la fin, pour finalement inscrire une solide victoire par 6-2 sur Taylor.

La victoire de Yazdani, deux mois après une terrible défaite face à Taylor en finale des Jeux Olympiques de Tokyo, a complété son tableau d'un troisième titre mondial à côté de sa médaille d'or de Rio 2016, couronnant une belle journée pour l'Iran au stade Jordal Amfi.

"J'ai rendu les Iraniens heureux," a déclaré Yazdani. "J'apprécie beaucoup Taylor, car il m'a servi de motivation et d'inspiration pour travailler de mieux en mieux et devenir champion."

Les supporters iraniens, très bruyants, sont entrés en transe lorsque leur étoile montante Amir ZARE (IRI) a remporté le titre des 125kg - après avoir vu leur pays placer dimanche des lutteurs en finale des quatre catégories en jeu, dont le cousin d'Hassan Yazdani Amir.

"L'Iran soutient toujours ses lutteurs et les supporters étaient fantastiques ici," a commenté Yazdani. "C'est grâce à eux et à Dieu que j'ai gagné."

Les Etats-Unis, eux, ont obtenu un succès relatif dans les deux autres finales : Kyle DAKE (USA) a remporté celle des 74kg, mais Daton FIX (USA) a échoué face à Abasgadzhi MAGOMEDOV (RWF) en 61kg.

En finale à Tokyo, Yazdani avait dû se contenter de la médaille d'argent losque Taylor avait inscrit un tombé à 17 secondes de la cloche pour une victoire par 4-3. Dimanche à Oslo, il n'a pas laissé à l'Américain la moindre chance.

Yazdani a exercé une pression continue, usant d'une prise de bras hanchée pour forcer Taylor aux limites et inscrire deux sorties de tapis en première période. A la reprise, Yazdani ajouta un amené au sol avant que Taylor ne fasse de même à 1:03 de la cloche.

A l'approche de la fin, Taylor tenta un soulèvement en contre mais Yazdani tint bon et l'étendit au sol en amené pour les points finaux de la rencontre et une victoire bien méritée.

"il est un grand adversaire," reconnaît Taylor, dont l'unique titre mondial date de 2018 - une victoire sur Yazdani au première période. "Pas mon jour."

A la question de savoir ce qu'il aurait pu faire différemment, Taylor a répliqué : "Inscrire mes points. C'est un bon lutteur. On se retrouvera."

FILA Legends: 2012 Olympian Tatsuhiro Yonemitsu

By Tim Foley

Tatsuhiro Yonemitsu

Lutte: lutte libre masculine

Date de naissance: 05/08/1986

Lieu de naissance: Nirasaki, Japon

Catégorie de poids: 66kg

Un surdoué au sommet de son art

Le monde de la lutte connaît quelques personnalités hors du commun. Certains athlètes semblent destinés à accomplir des prodiges et à gagner tous les matchs auxquels ils participent.

Pour faire partie de ces athlètes surdoués, il faut avoir un esprit vif et intuitif et posséder autant de grâce que de puissance. C’est le rêve de chaque coach que d’entrainer un tel lutteur, et peu d’entre eux pourront se vanter d’avoir eu un tel élève au cours de leur carrière.

Tatsuhiro Yonemitsu est un de ces lutteurs hors pair.

Yonemitsu était tout d’abord judoka ; il n’a commencé la lutte qu’à l’âge de 14 ans, et était alors plus vieux que la plupart de ses adversaires. Quatre ans après ses débuts dans ce sport, il se trouve déjà dans le top trois de sa catégorie de poids, et il affronte et domine des lutteurs adultes possédant des compétences de lutte de classe mondiale.

Yonemitsu possède des aptitudes physiques rares. Il est souple et solide, et ses bras sont d’une longueur incroyable. En effet, il pouvait utiliser ses bras comme corde à sauter lorsqu’il était plus jeune… En tant que lutteur, avoir de long bras est un avantage certain, car les jambes de l’adversaire sont toujours à portée de main.

Avant de commencer la lutte, Yonemitsu a pratiqué le judo. C’est à un tournoi de judo qu’il a attiré l’attention de l’entraineur de lutte Toshiro Fumita, qui venait également de Nirasaki, ville natale de Yonemitsu. Le coach était impressionné par les capacités du jeune homme en matière de judo, mais a immédiatement su que la lutte serait le vrai domaine de prédilection de Yonemitsu.

Fumita a abordé Yonemitsu et lui a tout de suite parlé du potentiel qu’il voyait en lui.

« Tu es un lutteur talentueux et tu pourrais participer aux Jeux Olympiques » déclare-t-il à Yonemitsu.

Yonemitsu rejoint l'équipe de Fumita à la Technical High School de  Nirasaki. Yonemitsu avait toujours été fan du grand maitre d’art martiaux Bruce Lee, et voyait en la lutte le moyen de devenir un combattant fort et héroïque à l’image de son idole. Il s’est vite avéré que la lutte était comme une seconde nature pour le jeune homme. Lorsqu’il quitte le collège, il va lutter pour le club de l'Université de Takushoku, qui est l’un des trois principaux établissements de lutte au Japon avec l’Université de Nippon Sport Science et l'Université de Yamanashi Gakuin. Son talent se développe sous l’œil vigilant de l’entraineur  de Takushoku Shigeki Nishiguchi, deux fois champion olympique. Yonemitsu gagne plusieurs championnats universitaires nationaux et s’impose comme l’un des meilleurs lutteurs universitaires du Japon.

En 2008, il  remporte son premier grand titre international, une médaille d'or aux Championnats du monde universitaires de Grèce.

Après ses études à Takushoku, Yonemitsu rejoint les Forces de Défense du Japon et continue son ascension dans le monde de la lutte. En 2009, il gagne une médaille d’argent aux Championnats d’Asie. Il faut un champion tel que la star iranienne Mehdi Taghavi pour que le jeune homme s’incline en finale. La même année, Yonemitsu gagne sa première médaille au niveau mondial : une médaille de bronze remportée aux Championnats du monde Senior au Danemark. Il monte sur le podium après avoir battu Sushil Kumar (Inde).

Les chemins de Yonemitsu et de Taghavi allaient encore se croiser lors de deux tournois majeurs ; à chaque fois, Yonemitsu doit affronter l’iranien s’il veut gagner l’or.

 Yonemitsu réussira à battre son adversaire et à gagner les Jeux d’Asie en 2010, mais l’iranien le bat l’année suivante aux Championnats du monde de Turquie. Face à Taghavi en finale, le japonais perdra finalement le match.

Mais Yonemitsu allait encore battre Taghavi à Bakou, Azerbaïdjan, lors de la Coupe du Monde de lutte libre en 2012. Cette victoire sera néamoins une maigre consolation pour le japonais. Malgré tout ce qu’il avait accompli et malgré le fait qu’il ait atteint un niveau extraordinaire juste avant les Jeux de Londres de 2012, Yonemitsu allait déclarer sa déception à la télévision japonaise. Il n’était pas satisfait de ses performances au niveau international ; il n’avait jamais gagné de médaille d’or au niveau mondial et savait qu’il n’était pas allé au bout de ses compétences extraordinaires.

Yonemitsu s’est alors penché sur les aspects plus philosophiques des combats en lisant des ouvrages de différents maitres japonais ; il voulait préparer son esprit pour les futurs matchs qu’il allait devoir disputer. En arrivant aux Jeux Olympiques d’été, il n’avait qu’un seul but : remporter la plus grande distinction.

Et effectivement, que cela soit l’effet de ses nouvelles lectures ou de ses entrainements perpétuels, rien n’a pu arrêter le Japonais aux Jeux de Londres. Pour arriver aux finales, il a battu le champion  Jabrail Hasanov (AZE) et s’est vengé d’une défaite contre le cubain Livan Lopez.

Lors des finales olympiques, Yonemitsu retrouve Sushil Kumar. Yonemitsu avait battu l’indien lors de leur dernière rencontre, mais Kumar avait un avantage certain par rapport au japonais : une victoire à un championnat du monde. Mais Yonemitsu ne s’est pas laissé impressionner par le palmarès de son adversaire et l’a battu sans beaucoup d’efforts. Il a soulevé Kumar de façon spectaculaire, le jetant sur le dos et scellant ainsi sa victoire à la deuxième période.

Yonemitsu avait finalement gagné sa médaille d’or. Il était le premier lutteur japonais à remporter cette distinction en lutte libre depuis que Mitsuru Sato l’avait gagnée aux Jeux de Séoul en 1988.  Son but finalement atteint, Yonemitsu a pu exprimer sa joie et son triomphe.

« C’est arrivé très vite, je ne réalise pas encore combien c’était important » a-t-il déclaré, portant fièrement sa nouvelle médaille olympique. « J’ai pu écrire une partie du destin de la lutte masculine japonaise et j’en suis très heureux ».

Yonemitsu n’était pas seul à fêter son titre de champion olympique à Londres. Fumita, l’ancien entraineur de Yonemitsu, le premier à avoir repéré son incroyable talent, était assis dans la foule. Le coach pouvait profiter pleinement des prodiges qu’avait accompli son élève.

« Il voulait conquérir le monde depuis le début » a déclaré Fumita. « Ce qui n’était que des paroles est devenu réalité. C’est un athlète incroyable. »