L'Hebdo !

L'Hebdo du 10 décembre !

By Eric Olanowski

En revue, le processus de qualification du Tournoi Yvan Yarygin, les résultats des Alans et de la Coupe Haparanda.

1. Tedeev apporte des éclaircissements sur le processus de qualification du Tournoi Ivan Yarygin 2019
Dzambolat Tedeev, entraîneur de lutte libre en chef de la Fédération de Russie, a apporté des éclaircissements sur le processus de qualification du Tournoi Yvan Yarygin de janvier prochain. La compétition, 'le plus dur tournoi du monde', se déroulera à Krasnoyarsk en Russie. Chacun des membres de l'équipe mondiale russe 2018, ainsi que les vainqueurs des Alans et du Mindiashvili, se retrouveront au Yarygin. 

Dans une interview donnée au correspondant de WRESTRUS.RU Tigran Avanian, Tedeev a déclaré que “les meilleurs lutteurs de l'équipe nationale russe - principalement ceux qui ont lutté à Budapest, peuvent toujours participer aux Alans. Il sont admis au Yarygin, mais seulement dans la catégorie de poids dans laquelle ils ont lutté à Budapest.” Les lutteurs suivants de l'équipe russe des mondiaux sont donc qualifiés dans leur catégorie :

57kg - Zaur UGUEV
61kg - Gadzhimurad RASHIDOV 
65kg - Akhmed CHAKAEV 
70kg - Magomedrasul GAZIMAGOMEDOV 
74kg - Zaurbek SIDAKOV 
79kg - Ahmed GADZHIMAGOMEDOV 
86kg - Dauren KURUGLIEV
92kg-  Batyrbek TSAKULOV
97kg - Abdulrashid SADULAEV 
125kg -  Anzor HIZRIEV

Tedeev a également ajouté que “si un athlète souhaite changer de catégorie de poids, il doit avoir fait ses preuves dans la nouvelle catégorie, c'est-à-dire qu'il doit remporter soit les Alans soit le Mindiashvili ; seulement ensuite pourra-t-il lutter à Krasnoyarsk."


Le champion des Alans, catégorie 70kg, David BAEV (RUS). Photo par Marion Stein. 

2. Vladikavkaz accueille les Alans, tournoi qualificatif pour le Yarygin
Un nombreux public a rempli les gradins du Stade du Centre Sportif de Vladikavkaz, en Ossétie du Nord-Alanie, Russie, affichant complet pour l'un des plus importants tournois du pays, les Alans. Les Alans sont qualificatifs pour le Tournoi Yvan Yarygin de Krasnoyarsk en janvier prochain. 

Le plus impressionnant vainqueur de cette édition est sans doute David BAEV (RUS), champion de la catégorie des 70kg. Baev, champion du monde cadet et junior et dauphin du championnat du monde des U23 en 2018, s'est débarrassé d'affilée de deux médaillés mondiaux pour rejoindre le sommet du podium. Baev a vaincu, en demi-finale, le double médaillé mondial James GREEN (USA) 8-6, avant de remporter sa finale 5-3 sur le champion du monde 2016 Magomed KURBANALIEV (RUS). 

L'Azerbaïdjan, la Géorgie et les États-Unis ont tous décroché des médailles mais c'est la Fédération de Russie qui s'est attribué la part du lion avec neuf des dix médailles d'or possibles. Le seul champion non russe est le double champion du monde et champion du monde en titre Geno PETRIASHVILI (GEO), médaillé d'or de la catégorie des 125kg face à l'iranien Jaber SADEGHZADEH. 

RÉSULTATS 
57kg
OR - Abasgadzhi MAGOMEDOV (RUS)
ARGENT - Khuresh Ool DONDUK OOL (RUS) 
BRONZE - Ramiz AMZATOV (RUS)
BRONZE - Ibragim ABDURAKHMANOV (RUS) 

61kg 
OR - Ramazan FERZALIEV (RUS) 
ARGENT - Beka LOMTADZE (GEO) 
BRONZE - Iulian GERGENOV (RUS)
BRONZE - Aleksandr BOGOMOEV (RUS) 

65kg 
OR - Muslim SAIDULAEV (RUS)
ARGENT - Kurban SHIRAEV (RUS)
BRONZE – Nachyn KUULAR (RUS)
BRONZE – Alan GOGAEV (RUS)

70kg 
OR  - David BAEV (RUS) 
ARGENT - Magomed KURBANALIEV (RUS)
BRONZE - James Malcolm GREEN (USA) 
BRONZE - Razambek ZHAMALOV (RUS) 

74kg 
OR - Timur BIZHOEV (RUS) 
ARGENT - Avtandil KENTCHADZE (GEO) 
BRONZE - Akhmed USMANOV (RUS)
BRONZE - Kakhaber KHUBEZHTY (RUS) 

79kg 
OR - Gadzhi NABIEV (RUS) 
ARGENT - Atsamaz SANAKOEV (RUS)
BRONZE - Alan ZASEEV (RUS)
BRONZE - Khalil AMINOV (RUS)

86kg 
OR - Vladislav VALIEV (RUS)
ARGENT - Magomedsharif BIIAKAEV (RUS)
BRONZE - Slavik NANIEV (RUS)
BRONZE - Soslan KTSOEV (RUS)

92kg
OR - Anzor URISHEV (RUS)
ARGENT - Magomed KURBANOV (RUS)
BRONZE - Alikhan ZHABRAILOV (RUS)
BRONZE - Sharif SHARIFOV (AZE) 

97kg
OR - Vladislav BAITCAEV (RUS)
ARGENT - Shamil MUSAEV (RUS)
BRONZE - Zaynulla KURBANOV (RUS)
BRONZE - Igor OVSIANNIKOV (RUS)

125kg 
OR - Geno PETRIASHVILI (GEO) 
SILVER - Jaber Taghi SADEGHZADEH (IRI) 
BRONZE - Mukhamagazi MAGOMEDOV (RUS)
BRONZE - Vitalii GOLOEV (RUS)

3.Téhéran accueille la Coupe du Monde des Clubs 2018
Téhéran, la capitale de l'Iran, accueille la cinquième Coupe du Monde des Clubs du 13 au 14 décembre prochain. 

16 médaillés mondiaux et olympiques avaient, l'année passée, pris part à cette compétition d'une durée de deux jours. Le club iranien d'Easy Pipe Kashan avait remporté le titre 6-4 face aux champions en titre, les Américains de Titan Mercury, tandis que Setaregan Sari (IRI) dominait Khimori (MGL) et obtenait la troisième place.

À noter que cette année, les États-Unis n'enverront pas d'équipe en Iran. Le championnat du monde ayant été repoussé en octobre, les Américains ont jugé préférable de reposer leurs athlètes plutôt que de rejoindre Téhéran. 

Résultats 2017
57kg - Reza ATARI (Easy Pipe) df. Thomas GILMAN (TMWC), 6-4 
61kg - Vladimir KHINCHEGASHVILI (Easy Pipe) df. Alan WATERS (TMWC), 7-0
65kg - Farzad AMOUZAD KHALILI df. (Easy Pipe) Bernard FUTRELL (TMWC), 6-3
70kg - Mohammad NADERI (Easy Pipe) df. Franklin GOMEZ (TMWC), 2-2
74kg - Nazariy KULCHYTSKYY (TMWC) df. Hossein ELYASI (Easy Pipe), 5-4 
79kg - Kyle DAKE (TMWC) TF. Reza AFZALI (Easy Pipe), 12-0
86kg - David TAYLOR (TMWC) df. Alireza KARIMI (Easy Pipe), 3-1 
92kg - Hossein SHAHBAZI (Easy Pipe) df. Nickolas HEFLIN (Titan), 4-2
97kg - Kyle SNYDER (TMWC) ST. Vladislav BAITSAEV (Easy Pipe), 11-0
125kg - Geno PETRIASHVILI (Easy Pipe) df. Nick GWIAZDOWSKI (Titan), 6-5


Aleksander KOMAROV (RUS), catégorie 82kg, champion de la Coupe Haparanda. (Photo par Max Rose-Fyne) 

4. La Russie quatre fois médaillée d'or lors de la Coupe Haparanda 2018
Plus de 60 lutteurs se sont retrouvés à Haparanda, en Suède, à l'occasion de la Coupe Haparanda. Comme d'habitude, la division russe était chargée à bloc, et s'est attribué 4 des neufs médailles d'or disponibles. 

La médaille la plus remarquable est sans doute celle obtenue par le jeune Aleksander KOMAROV (RUS) dans la catégorie des 82kg. Il s'agissait de son premier tournoi depuis l'obtention de son titre de champion du monde junior à Tempere en Finlande, en septembre dernier. C'était le second titre mondial junior de Komarov et son quatrième en tout ; il avait remporté les titres de champion du monde cadet en 2015 et 2016. 

Komarov déroule certainement le plus impressionnant cv de la lutte gréco-romaine de ces dernières années : depuis qu'il a rejoint la scène internationale en 2015, il a participé à 13 tournois sans y concéder aucune défaite. 

En addition à ses titres mondiaux chez les cadets et les juniors, Komarov détient quatre titres européens et est cinq fois médaillé d'or de tournois internationaux dans la catégorie senior.

Les trois autres médaillés d'or russes sont Yuri DENISOV (RUS), Ivan CHERNOV (RUS) et Maxim SAYARYAN (RUS). La Russie est le seul pays à avoir remporté plus d'une médaille d'or. La Finlande, la Norvège, l'Ukraine et les États-Unis sont les autres cinq nations reparties d'Haparanda avec chacune une médaille d'or.

RÉSULTATS 
60 kg   
OR - Maksym LIU (UKR)
ARGENT - Christoffer SVENSSON (SWE)
BRONZE - Roope MIETTUNEN (FIN)

63kg 
OR - Alexander BICA (SWE)
ARGENT - Colton RUSHE (USA)

BRONZE - Raffaele MASI (USA)

67kg  
OR - Håvard JORGENSEN (NOR) 
ARGENT - Jamel JOHNSON (USA)
BRONZE - Denis BOLUNOV (EST)
BRONZE - Serhii HRUSHYN (UKR)

72kg  
OR - Yuri DENISOV (RUS) 
ARGENT - Akseli  KISALIJAT (FIN)
BRONZE - Ihor BYCHKOV (UKR)
BRONZE - Vladyslav KRAVCHENKO (UKR)

77kg  
OR - Ivan CHERNOV (RUS)
SILVER - Sakke PUROLAINEN (FIN) 
BRONZE - Pat SMITH (USA)
BRONZE - Roni PUROLAINEN (FIN)

82kg   
GOLD - Aleksander KOMAROV (RUS)
ARGENT - Dmytro GARDUBEI (UKR)
BRONZE - John STEFANOWICZ (USA) 
BRONZE - Vitalii ANDRILOVYCH  (UKR)

87kg
OR - Rami HIETANIEMI (FIN) 
ARGENT - Joe RAU (USA) 

BRONZE - Duguchiev MOVSAR (RUS)
BRONZE - Valentyn SHKLIARENKO (UKR) 

97kg 
OR – Maxim SAYARYAN (RUS)
ARGENT - Billy RAAF (SWE)

BRONZE - Daniel MILLER (USA) 
BRONZE - Kalle PERSSON (SWE)

130kg 
OR - Trent OSNES (USA) 

5. Les Prix annuels d'United World Wrestling décernés les prochaines semaines 
L'approche de la fin de l'année calendaire 2018 donne l'opportunité d'analyser les succès des douzes mois précédents. United World Wrestling décernera ces prochaines semaines ses Prix annuels de fin d'année, mettant en lumière les meilleurs combats, athlètes et performances de l'année 2018. 

N'hésitez pas à partager avec nous sur Facebook, Instagram ou Twitter vos combats, lutteurs et performances préférés si vous pensez qu'ils méritent d'être inclus dans nos Prix annuels !

L'Hebdo dans les réseaux ! 

1. Big Move Monday! 
2. Dans le meilleur de la semaine. 
3. Photos noir et blanc de #BudaWrestle2018 
4. La vapeur sort d'un jeune lutteur indien 
5. Matcharshvili écrase ses adversaires 40-0 et remporte le titre mondial des U23 de la catégorie des 97kg U23.

Critique du film Foxcatcher, tragédie réaliste

By Gary Abbott

Le monde de la lutte attendait avec impatience la sortie de Foxcatcher. Enfin, le film arrive sur les écrans de New York et de Los Angeles ce vendredi 14 novembre.

Pour ceux d’entre nous qui étaient impliqués dans la lutte en janvier 1996, date à laquelle le sponsor de l’équipe Foxcatcher John E. du Pont assassine le champion olympique Dave Schultz, l’anxiété était réelle. Qu’allait donner le film ? J’ai enfin pu me débarrasser de ce stress ; je suis allé voir Foxcatcher il y a quelques jours, et je sais maintenant à quoi m’attendre.

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Cet article ne sera pas une critique de Foxcatcher. Je laisse aux experts le soin de décider quel accueil mérite ce film, et s’il sera plus qu’un bon blockbuster en tête d’affiche. J’analyserai ce film d’une perspective purement sportive et en tant qu’ami de Dave Schultz, que je connaissais bien, ayant travaillé à USA Wrestling durant les mêmes années que John DuPont et l’équipe Foxcatcher.

Foxcatcher vous bouleversera profondément, même si vous n’êtes pas fan de lutte et que vous ne connaissiez pas personnellement les personnages incarnés dans ce film. C’est une histoire triste et dérangeante, décrite sur fond noir. La mort de Dave Schultz, à l’aube de sa carrière, a porté un coup terrible au monde de la lutte. Notre sport a été privé d’un de ces champions les plus populaires, d’un lutteur qui avait sa vie devant lui et qui pouvait encore inspirer une génération. Son meurtre est filmé en détail et rien n’est épargné au public, qui aura certainement de la peine à ne pas détourner les yeux.

Le film est centré sur l’histoire de Mark Schultz. L’intrigue nous montre les coulisses de la vie de Mark, quelles décisions et incidents l’ont changé à jamais. Le film commence en 1987, lorsque Mark était déjà champion du monde et champion olympique. Il reçoit un appel d’un homme qu’il ne connait absolument pas et qui s’avère être le riche John DuPont, de Pennsylvanie. DuPont lui propose un rendez-vous mais ne lui donne pas la raison de son appel. Mark décide de le rencontrer, et l’histoire démarre ici.

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Lorsque d’importantes productions cinématographiques s’intéressent au sport de la lutte, nous nous faisons toujours un peu de souci. Les lutteurs ont malheureusement vu trop de films qui ne présentent pas notre sport de manière fidèle et réaliste. Les représentations de compétitions laissent souvent à désirer. Les dialogues ne semblent pas adaptés et la présentation n’est pas réelle. Voila à quoi Hollywood nous a habitués.

Dans le cas de Foxcatcher, nous n’avons pas besoin de nous inquiéter. Le metteur en scène Bennett Miller et toute son équipe ont pris grand soin de représenter le sport de la lutte de la manière la plus réaliste possible. Peu d’entre nous le savent, mais Miller et son équipe se sont rendus à plusieurs reprises au Dave Schultz Memorial, ainsi qu’à nos entrainements olympiques, et ils ont pris le temps de s’entretenir avec les lutteurs, les coachs et les leaders de notre sport. Cela fait plus de dix ans que Miller travaille sur ce film et qu’il essaie de comprendre qui sont vraiment les lutteurs et l’ampleur de ce qu’ils accomplissent.

Miller s’est également entouré de personnes directement impliquées dans le monde de la lutte pour réaliser son film. L’ancien membre de l’équipe mondiale John Giura et le champion NCAA Jesse Jantzen ont fait partie de l’équipe de production et ont énormément contribué à la création du film.  Miller a également collaboré avec le membre du staff d’USA Wrestling Doc Bennett. L’équipe a aussi passé du temps avec Nancy Schultz, Mark Schultz et d’autres qui ont connu Foxcatcher, afin d’avoir la version de personnes directement impliquées dans l’histoire.

 

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Le choix des figurants a joué un rôle majeur. Miller a choisi des lutteurs pour incarner les sportifs à l’écran, et ce sont également des gens impliqués dans le monde de la lutte qui ont joué les plus petits rôles. Miller a accordé énormément d’attention au détail dans son film, et c’est cela qui le démarque d’autres productions qui ont traité du même sujet (la lutte). La différence est énorme et, il faut le dire, très appréciable.

Le directeur a insisté sur le réalisme. Le film m’a transporté, tout me semblait si familier ! Les survêtements Foxcatcher et la salle d’entrainement étaient exactement les mêmes qu’en réalité. Bien que les scènes de Foxcatcher Farms aient été filmées à Pittsburgh, le domaine ressemble beaucoup à celui de Philadelphie. Les chambres de la maison étaient reproduites avec assez de détails pour que j’aie l’impression qu’elles étaient bel et bien celles que j’avais visitées. La salle qui a accueilli la compétition de lutte lors des Jeux Olympiques de 1988 à Séoul, en Corée, est très bien imitée et celle du film ressemble comme deux gouttes deux au véritable lieu de compétition. Si je dois choisir les scènes qui ne m’ont pas parues totalement réussies, ce sont celles de Pensacola, dont la représentation dans le film ne correspondait pas à mes souvenirs.

Ce qui a contribué à rendre le film si familier et réaliste, ce sont également toutes les personnalités qui font leur apparition tout au long de l’histoire. Ce ne sont pas des acteurs mais de vrais lutteurs qui jouent les scènes de compétition. Le champion olympique Jake Herbert endosse le rôle de l’adversaire de Mark en finale des Essais des Jeux de 1988, Mike Sheets. Le membre de l’équipe mondiale Keith Gavin joue également un adversaire de Mark en finale des Championnats du Monde de 1987, soit Alexander Nanev, originaire de Bulgarie. Finalement, c’est l’ancienne star américaine Muzaffar Abdurakhmanov, actuellement assistant à Harvard, qui joue le rôle de Necmi Gencalp en finale des Jeux Olympiques de 1988, lorsque Mark s’est fait battre.

J’ai encore reconnu une figure familière à l’écran, « Screwy Louie » Lazzari, que nous voyons tout le temps aux compétitions. Le public pourra aussi repérer des lutteurs connus pendant le film, David Zabriskie, Reece Humphrey, Jesse Jantzen, J.D. Bergman, Zach Rey ou encore Corey Jantzen. Dave Miller et Bruce Baumgartner ont joué les leaders d’USA Wrestling. L’arbitre Joe Russo joue également un arbitre dans le film.  On peut apercevoir Mark Schultz lors de la pesée. Doc Bennett incarne un metteur en scène qui interviewe John du Pont et Dave Schultz pour une vidéo commandée par DuPont lui-même pour se faire de la pub. Il y a probablement encore d’autres personnalités que je n’ai pas vues dans le film, et je suis sur que je pourrai les repérer la prochaine fois que je le regarde.

Un autre point positif de ce film, c’est l’incroyable équipe de tournage que le directeur à réuni. Il y a des acteurs célèbres qui donnent un certain standard au film ; Steve Carell qui joue du Pont, Channing Tatum qui se glisse dans la peau de Mark Schultz, Mark Ruffalo qui incarne Dave Schultz, Sienna Miller qui joue Nancy schultz ou encore Vanessa Redgrave qui incarne la mère de du Pont, Jean. C’est la première fois qu’un film sur la lutte réunit un casting si important. La qualité de jeu de ces acteurs est aussi un des moteurs du film.

[[{"fid":"2233","view_mode":"wysiwyg","type":"media","link_text":null,"attributes":{"height":440,"width":850,"style":"width: 600px; height: 311px;","class":"media-element file-wysiwyg"}}]]Carell joue très bien du Pont. Il reproduit son attitude et ses manières dans les détails, et j’ai reconnu beaucoup de ses expressions. L’ acteur a également réalisé un grand travail physique et a changé son apparence jusqu’à avoir les mêmes expressions faciales et le même air que du Pont.  Il est difficile de mettre des mots sur l’étrange aura de du Pont, et Carell réussit avec succès a recréer cette sensation désagréable qui accompagnait le personnage lorsqu’on le côtoyait. 

Ruffalo est convaincant en Dave Schultz. Il ressemble au lutteur et possède la même compassion, convivialité et l’humour qui faisaient de Dave quelqu’un d’exceptionnel. Le vrai Dave Schultz était très à l’aise avec lui-même, et aimait la lutte et sa vie de sportif d’un amour pur et honnête. Ruffalo réussit à reproduire ces traits de caractère dans le Dave Schultz qu’il incarne à l’écran. Au niveau sportif, Dave était également passé maitre dans l’art de la technique, et Ruffalo n’a pas manqué de le montrer dans le film.

Tatum a la tâche la plus difficile, celle de jouer le complexe Mark Schultz. Physiquement, Tatum a la carrure pour incarner Mark, qui était bâti comme un dieu grec, grand et fort. Mark était l’un des lutteurs les plus puissants de la terre et possédait des capacités physiques incroyables. Le film ne nous montre pas toute l’étendue du talent de Mark. Je ne suis pas sur qu’il existe un acteur qui puisse nous montrer la véritable force de Mark. Rares sont les lutteurs qui possédaient ses qualités.

Tatum réussit à nous montrer certains traits distinctifs de Mark Schultz. Il était silencieux et taciturne, et Tatum le montre bien à l’écran. Il réussit également à mettre en avant la brutalité du personnage et l’intensité qu’il mettait dans ses combats. Je ne suis pas sur qu’il ait réussi à nous communiquer que Mark avait également un grand cœur et un certain sens de l’humour. Néanmoins, j’ai reconnu Mark dans le personnage joué par Tatum, et représenter un tel homme n’était pas une mince affaire pour l’acteur. [[{"fid":"2234","view_mode":"wysiwyg","type":"media","link_text":null,"attributes":{"height":440,"width":850,"style":"width: 400px; height: 207px; float: right; margin: 5px;","class":"media-element file-wysiwyg"}}]]

Bien sur, tout le monde ne sera pas d’accord, et les personnes qui ont vécu les événements présentés par le film auront certainement des choses à reprocher à cette production. Il a fallu condenser l’histoire, il faut s’en rendre compte. Les années 1987 et 1988 sont décrites de manière fidèle, mais la chronologie a été changée pour la suite de l’histoire, et les huit ans qui s’écoulent entre 1989 et 1996 sont remplacés par deux années à l’écran. Dans le film, Dave et Mark vivent tous deux à Foxcatcher Farms, alors qu’ils n’y sont pas allés en même temps.  Dave s’est en fait installé sur le domaine une fois que Mark était parti.  De plus, on ne parle pas du programme de lutte de Villanova University, qui faisait pourtant partie de l’héritage laissé par l’histoire de du Pont et de Mark Schultz.

Il y a beaucoup de choses qui sont passées sous silence dans le film, au sujet de du Pont par exemple. A mon avis, une telle production cinématographique n’a pas le temps de montrer l’histoire dans son intégralité. J’ai parlé à quelques personnes de l’équipe de production, et elles m’ont dit que plusieurs des scènes qu’elles avaient tournées avaient été supprimées du montage final. Le film n’a pas pu montrer toute l’importance de Dave Schultz et son influence dans le monde de la lutte.

Si le film vous plaira ? Je ne sais pas. Je ne suis pas sur de l’apprécier moi-même. J’ai eu beaucoup de peine à considérer Foxcatcher comme un film et donc un divertissement, car je suis trop impliqué dans cette histoire et trop proche des gens qui l’ont vécue. Ces évènements font partie de ma vie et de la vie de gens à qui je suis attaché.

Si je vous recommande d’aller voir ce film ? Certainement. Si vous êtes lutteur ou que vous êtes impliqué dans le monde de la lutte, vous devez aller voir Foxcatcher. Vous voudrez certainement le regarder plus d’une fois. Le film décrit une histoire personnelle mais également le sport de la lutte en général. C’est l’histoire de deux de nos plus grands héros, Mark et Dave Schultz. C’est aussi l’une des plus grandes tragédies que la lutte ait connu, et cette tragédie a changé notre sport pour toujours. Je vous laisse vous forger votre propre idée. Allez voir ce film.

Je remercie Sony Pictures, qui nous a transmis la liste des séances prévues pour Foxcatcher ci-dessous.

14 novembre – New York and Los Angeles

21 novembre – San Francisco, Chicago, Washington DC, San Diego, Philadelphia

26 novembre – Denver, Dallas, Houston, Minneapolis, Boston, Canada

19 décembre – Seattle, Portland, Phoenix, Milwaukee, Baltimore, Detroit, Atlanta, St. Louis, Las Vegas, Albuquerque, Santa Fe, Miami, Fort Lauderdale, Boca Raton, West Palm, Boulder, Austin, Sacramento

25 décembre – Fort Meyers, Naples, Orlando, Sarasota

9 janvier – Cleveland, Cincinnati, Salt Lake City, San Antonio

Photos : courtoisie de Sony Pictures.

Note : cette critique de film reflète les opinions de l’auteur, et non les opinions de USA Wrestling ou d’United World Wrestling